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  • Pour des emplois François Hollande rentre dans le vent de l'offre,

    mais pas exactement car il veut des contreparties.

    Support Wikipedia Depuis sa conférence de presse du mardi 14 janvier on entend de tous cotés que François Hollande est social libéral par sa politique de l'offre qui consiste à aider les entreprises en réduisant leurs charges, afin de créer des emplois. Pour la gauche c'est un coup de poker à droite, ce qu'elle ne cesse de déclarer depuis qu'il est président. On peut comprendre qu'une certaine gauche socialiste et au delà, considère qu'il ne fasse pas une politique franchement à gauche, mais la question qu'elle ne se pose pas, est-il possible, eu égard, à l'état de nos entreprises, de nos finances de faire une politique vraiment à gauche ? Cette gauche oublie que nous ne sommes plus seul, que nous sommes intégrés dans une Europe et que nôtre sort dépend aussi de celui des autres pays avec lesquels, nous avons faits des accords. La tendance de cette Europe est de plus en plus libérale et faire une politique comme celle que l'on ferait si la France était encore un pays totalement seul dans cette Europe, comme il y a des décennies ou elle pouvait agir sur sa monnaie, comme ce fut le cas avec François Mitterrand lorsqu'il dévalua le Franc.

    L'application de son programme commun de nationalisations, le contraignit à une politique d'austérité, ce n'est plus possible maintenant.

    Cette gauche raisonne dans ses rêves, et elle ne voit pas que la mondialisation nous oblige à une autre politique qui devient concurrentielle et essentiellement économique. Elle ne voit pas cette guerre qui ne peut être gagnée que si nos entreprises sont compétitives.

    Ce que souhaiterait cette gauche, c'est injecter de la consommation par les augmentations de salaires, la fin de l'austérité sous le prétexte qu'elle ne conduit qu'à l'aggraver encore plus. J'ai maintes fois critiqué cette austérité trop excessive, je l'avoue surtout pour la Grèce, mais j'ai toujours combattu le fait que l'on dépensait trop par rapport à ce que nous pouvions faire avec nos finances. Notre dette, se rapproche des 2.000 milliards d'euros et faire une politique de consommation par des augmentations de salaire, ne peut que conduire à l'aggraver d'autant plus que ce pouvoir d'achat provoqué générateur d'inflation, mais aussi, rien ne dit que les Français achèteront Français quand les produits à leur disposition ne le sont pas.

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    Lorsque Sarkozy était président, j'ai critiqué sa politique par ce qu'elle était injuste et qu'il n'y avait pas d'espoir qu'elle change, mais nous sommes loin de cette situation avec François Hollande qui est, quoique l'on prétende, un homme de gauche. La politique qu'il mène est celle de l'Espagne, de l'Italie, et pourtant ces pays sont plus touchés que nous par la crise et ne font pas cette relance par la consommation. De plus, François Hollande même s'il est social démocrate, ne va pas faire de l'austérité par plaisir, ce qui signifierait que ces pays la font aussi par plaisir ? On peut quand même lui faire confiance d'autant plus qu'il ne cherche pas la popularité. Que la droite le critique c'est encore admissible mais certainement pas intelligent dès lors que, lorsqu'elle fut aux commandes pendant dix années, elle n'a pas fait la politique qu'elle ne cesse de clamer. Quelle crédibilité peut-elle avoir ? Ou est sa cohérence quand on constate qu'elle apporte son appui à François Bayrou après qu'il ait voté François Hollande et critiquer aussi fortement Sarkozy ?

    François Hollande n'a-t-il pas fait une politique de gauche avec les emplois aidés, avec le mariage pour tous, avec l'annulation des heures supplémentaire défiscalisées, avec l'abaissement du plafond de l'ISF avec l'abaissement des droits de succession, avec l'imposition à 75 % pour des revenus supérieurs à 100.000 €, l'encadrement des loyers, le maintien de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencés très tôt et qui ont leurs annuités, l'embauche d'enseignants pour l'éducation nationale, les rythmes scolaires, pour ne citer que ces actions les plus emblématiques. Mais aussi, le CICE qui viendra cette année en application, la flexisécurité avec des garanties de droits à la formation pour les salariés, la réforme de la formation professionnelle pour l'amélioration de l'apprentissage avec comme objectifs 500.000 apprentis en 2017. Ce ne sont que des avancées sociales qui vont dans le bon sens pour l'emploi et les entreprises.

    Et depuis sa conférence de presse le pacte de responsabilité, qui allègera la charge des entreprises de 35 milliards, c'est à dire qu'il n'y aura plus de prélèvement d'allocations familiales sur les feuilles de paye. Certes, c'est avec contreparties d'embauche, mais l’État ne peut donner de l'argent aux entreprises privées sans exiger qu'il ait, en retour une contrepartie. Cette réduction de charges sera compensée par une réduction des dépenses, afin de ne pas augmenter la fiscalité, qui pèsera sur les Français par l'augmentation de l'austérité. C'est extrêmement courageux pour un homme de gauche, le pragmatisme l'a emporté.

    Ce n'est pas la politique de l'offre comme on aime à l'entendre sur les médias, puisqu'elle consiste à donner sans contreparties. Il y a, là, une information biaisée qui porte à confusion.

    De même, lors de son discours du Bourget, il pourfendait la finance. En fait, et je l'ai souvent écrit, cette gauche n'a rien comprit prenant pour argent comptant son propos, incapable de différencier la finance spéculative de celle de l'investissement. Un aveuglement incompréhensif, d'autant plus qu'il a toujours prétendu réduire la dette et soutenu l'emploi et les entreprises. C'est pourtant simple l'économie, il faut aider les entreprises qui sont porteuses de compétitivité, mais aussi affectées par la crise avec des marges très faibles pour la plupart des PME, PMI, afin qu'elles baissent leurs coûts ce qui ouvre leur marché et conduit à des emplois. Dans une économie libérale, il faut être compétitif et si nos coûts sont trop élevés on ne vend pas.

    Toutes les entreprises ne sont pas dans le CAC 40 ou les patrons font d'énormes bénéfices, bien que, le cas de Peugeot nous montre ses difficultés puisqu'il en est à demander une importante aide de l’État pour faire de la trésorerie. N'avons nous pas déjà aidé PSA, par un prêt de 7 milliards à la banque PSA finance, filiale bancaire du constructeur automobile. Or, le bilan de 2012 du Groupe est catastrophique, il enregistre une perte colossale de l'ordre de 4,7 milliards, et projette une augmentation de capital de 3 milliards d'euros, et pour cela, PSA se tourne vers le groupe chinois Dongfeng et l’État français. L’État fera appel au font stratégique d'investissement pour 800 millions et Dengfeng apportera la même somme, la famille Peugeot investira entre 80 et 120 millions de sorte que PSA restera français, mais il perdra son contrôle.

    Le pacte de responsabilité est pris comme un tsunami par la droite qui la fait éclater. On pourrait dire que François Hollande écarte en deux l'échiquier politique par le souffle de ce pacte. On ne peut plus dire qu'il ne trace pas le chemin, il lui ouvre la voie et de quelle manière, laissant ses adversaires interloqués.

    Comme le clame Mélenchon François Hollande est nu politiquement. C'est exact, étant combattu sur sa gauche et sur sa droite. Et d'écrire un billet dans son blog, ici,

    «on ne doit pas sous-estimer l’ampleur du virage assumé par François Hollande à l’occasion de sa conférence de presse. Certes, il est bien le même homme que celui dont j’ai décrypté, dans mon livre « En quête de gauche », le parcours idéologique depuis 1983».

    C'est donc qu'il connaissait François Hollande, mais alors pourquoi, il vota pour lui ? En fait, il n'assume pas sa responsabilité, il est un homme en qui l'on ne peut faire confiance. Avec cette gauche on ne peut rien construire.

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  • Les séquestrations de patrons et de cadres comme moyen de pression,

    est-elle payante si tant est qu'elle est illégale ?

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    Les deux cadres qui furent séquestrés par les salariés de Goodyear d'Amiens Nord, document Libération économie.

    Support Wikipedia Les récentes séquestrations, pendant près de 30 heures, de ces deux cadres, le directeur de production de l’usine, Michel Dheilly, et le directeur des ressources humaines, Bernard Glesser de l'usine Goodyear à Amiens-Nord pose la question sur l'utilité de la séquestration lorsque l'on voit et l'on entend la virulence, l'attitude et les propos du délégué syndical CGT Mickaël Mallet. Cette usine est promise à la fermeture après une longue série de conflits entre la direction et les salariés sous l'action syndicale de la CGT ultra majoritaire, voir Tempête d'amabilité au dessus de l’Océan Atlantique. Les tentatives pour trouver un repreneur ayant échouées c'est près de 1.200 salariées qui sont menacés de licenciement.

    Le Groupe américain Goodyear qui possède une société sœur au Luxembourg Goodyear Dunlop Tires Operations, GDTO, fourni le caoutchouc à la société Française qui fabrique les pneus, ainsi les pneus fabriqués appartiennent à la société luxembourgeoise, par ce que Goodyear Amiens ne possède aucun actif explique Fiodor Rilov, l'avocat de la CGT Goodyear. Les moules et les pneus appartiennent également à la société luxembourgeoise. Depuis les années 2.000, le Groupe américain transférait les bénéfices de l'usine d'Amiens au Luxembourg un pays ou la fiscalité est intéressante, manœuvre très utilisée au sein des multinationales. L'usine Goodyear d'Amiens Nord n'étant qu'en fait un atelier. Tout ce qui fit la notoriété d'un groupe fut mis au Luxembourg, voir comment Goodyear a déstabilisé l'usine d'Amiens Nord.

    On ne comprend donc pas les attaques du délégué syndical CGT contre François Hollande, qui ne peut rien faire d'autre que de trouver un repreneur qui achète l'usine, les outillages et fournisse le caoutchouc !

    Séquestrer deux cadres qui en fait ne sont que des exécutants donc sans pouvoir de décision peut être ressentie comme injuste et conduire à braquer encore plus le patron de la société. En fait, c'est ce qui s'est produit puisque le PDG de Titan International, Maurice Taylor, s’est indigné de la séquestration de ces deux cadres, un acte qu’il qualifia de «kidnapping», et déposa plainte auprès du parquet contre tout auteur de la séquestration indiqua-t-il.

    Les séquestrations une autre forme de pression syndicale qui, je crois, apparurent en 2009 par des séquestrations retentissantes de dirigeants d'entreprise, que le premier ministre de l'époque François Fillon à Chaumont en Haute Marne qualifia de sabotage, lors d'un discours condamnant les coupures sauvages de courant, utilisées par certains salariés. «Je voulais redire une nouvelle fois l'inquiétude qui est la mienne, qui est celle du gouvernement, qui est celle de beaucoup de Français, devant certaines manifestations de violences qui n'ont rien à voir avec le dialogue social», déclara François Fillon. Il s'exprimait aux côtés du secrétaire d’État à l'Industrie Luc Châtel, maire de Chaumont. Et d'ajouter, «la violence appelle la violence. Nous devons tous avoir à cœur les uns et les autres dans les responsabilités qui sont les nôtres, à faire très attention à ce que cette situation de crise ne débouche pas sur ce recours à la violence qui peut frapper chacun d'entre nous», extrait de la référence Le Télégramme.

    En fait, si on peut considérer que retenir des dirigeants d'entreprise constitue une violence, il faut aussi considérer que la fermeture d'une usine constitue en elle-même une violence morale et matérielle beaucoup plus importante, d'autant plus que, dans le cas de Goodyear, la fermeture de l'usine résulte d'une manœuvre fort contestable qui est l'exploitation des salariés pour le seul profit de la multinationale, de ne pas payer ses impôts en France.

    Le 12 mars 2009 le PDG de Sony France à Pontonx-sur-Adour, fut enfermé par des salariés mécontents des indemnités de licenciement - le 24 mars, les employés de l’usine pharmaceutique 3M de Pithiviers, Loiret, qui apprirent que 110 postes sur 235 vont être supprimés sur leur site, séquestrèrent leur patron, Luc Rousselet, pour obtenir des mesures d’accompagnement au plan de réduction d’effectifs et le paiement d’heures de grève - le 31 mars, les salariés de Caterpillar-France enfermèrent leur directeur, Nicolas Polutnik, et trois cadres sur le site grenoblois du groupe américain. Cinquante employés se relayèrent durant la nuit pour surveiller les séquestrés, qui furent relâchés le 1er avril. Le but revoir les conditions du plan de départ après la décision de supprimer 575 emplois en France - le 08 avril, quatre cadres de la filiale française de la société britannique Scapa, qui fabrique des adhésifs industriels, furent retenus par des salariés dans une usine du groupe menacée de fermeture, à Bellegarde-sur-Valserine, Ain. Ils obtinrent 1,7 million d’euros de primes de départ au lieu de 890.000 euros la veille - le 03 avril, trois cadres de Faurecia, équipementier automobile français, n’eurent plus le droit de quitter leur bureau de Brières-les-Scellés, Essonne, durant cinq heures. Les salariés réclamèrent l’annulation du plan social, qui prévoyait une réduction de 1.215 emplois en France d’ici à 2011. Ils obtinrent des délais supplémentaires pour négocier et montrèrent leur volonté d'aller jusqu'au bout.

    Quatre séquestrations de dirigeants en un mois. Elles s’inscrivirent comme un rapport de forces ultime pour l'obtention de meilleures conditions de départ. Ces actions se révélèrent efficaces pour peser sur les négociations. L'impact médiatique joua un grand rôle, il conduisit à un compromis mettant fin aux séquestrations. Les indemnités de départ furent augmentées et les délais de reconversion furent allongés. De ce fait, elles sont devenues moins choquantes montrant ainsi leur utilité.

    Aujourd'hui encore, des salariés gréviste de la République du Centre/La Montagne retiennent deux dirigeants. Ces salariés protestent contre les modalités d'un plan social. 230 emplois seraient supprimés. La direction a proposé, mardi soir, de porter cette prime de 7 000 à 7 500 euros, ce qui fut pris pour une vraie provocation expliqua Christophe Bourdeau, porte parole. Les salariés réclament 62 000 euros.

    Un sondage réalisé Ifop pour Paris Match en 2009 montra que 30 % des Français approuvaient les séquestrations, que 63 % les comprenaient sans les approuver et que seulement 7 % les condamnaient. De même un autre sondage, réalisé par CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, montra que 45% des Français trouvèrent cette méthode de contestation sociale acceptable, contre 50% qui la jugèrent inacceptable, données tirées du Nouvel OBS d'avril 2009.

    Il n'en reste pas moins vrai que ces séquestrations sont choquantes et que l'on a des difficultés à les admettre. Le ministre du travail Michel Sapin condamna la séquestration des deux dirigeants de Goodyear Amiens Nord tout en déclarant, «on peut comprendre les colères et les frustrations et s’interroger comment on est à une telle situation, mais on ne peut accepter des actes clairement illégaux». Quand au Medef, il condamne également la séquestration qu'il juge violente et contraire à la négociation.

    Il faut rappeler que la situation de Goodyear Nord fut la conséquence du refus du personnel d'adopter, en 2007, une organisation du travail en 4x8, assurant une meilleure productivité mais forcément plus éprouvante physiquement. Les salariés de l'usine Dunlop, propriété du même groupe située sur le même site qui acceptèrent ces conditions virent leur usine bénéficier d'investissements. Les personnels de Goodyear préférèrent donc leur jusqu'au boutisme estimant que leurs collègues de Dunlop sont épuisés par leur rythme de travail.

    Après une dernière nuit de séquestration les deux cadres Michel Dheilly et Bernard Glesser furent libérés par les forces de police le mardi 07 janvier sous les cris d'une centaine de salariés, «c'est vous les voyous pas nous» scandèrent les ouvriers. 24 cars de CRS attendaient derrière la rocade. Après 7 années de lutte et avoir tout perdu en justice, le rapport de force se reporta immédiatement sur les 275.000 pneus bloqués depuis le début du conflit en échange d'une prime de départ. «S'ils veulent récupérer les pneus, cela passe par une négociation», renchérit le délégué CGT Mickaël Mallet. «C'est un moyen de pression, on ne va pas détruire l'usine». Selon Mickaël Mallet la direction proposerait de 20.000 à 40.000 € par salarié alors que la CGT en réclame de 80.000 à 180.000 € !

    Le 09/01/14 selon Fr 3 Picardie la direction prévoie une enveloppe de 134 millions d'indemnités qui rapportée au nombre de salariés, représenterait un montant supérieur 115.000 € par salarié. La direction assure également que «la cellule de reclassement a enregistré 1638 contacts avec des salariés. Plus de 750 personnes ont participé à une réunion d’information collective ou individuelle. Plus de 300 personnes ont également pris part aux ateliers collectifs mis en place récemment». La CGT, quant à elle, veut négocier sur la base du plan de départs volontaires présenté par la direction en 2012, sur la base de l'ancienneté. Un salarié de plus de 52 ans, serait accompagné jusqu'à sa retraite, cela se rapporterait à 250 salariés.

    Le blog CGT-Goodyear-Nord du 24 janvier 2014 donne le détail de ce qui fut obtenu par l'accord de conflit en faisant la comparaison de ce qui était proposé avant et de ce qui fut après.

    On peut noter que les médias qui relatèrent abondamment ce conflit sont devenus spontanément muets.

    Que dire finalement de différent des séquestrations de cadres ou de dirigeants d'entreprise, que de constater qu'elles sont payantes par rapport à ce que les salariés auraient obtenus sans ces actions illégales.

    Il n'en reste pas moins une ombre sur l'impact de la France à l'extérieur. Cela ne peut que refroidir l'investissement étranger, mais aussi montrer qu'en France on ne peut faire n'importe quoi, comme ce qui s'est produit à Goodyear Amiens Nord ou l'usine n'est finalement qu'un atelier d'une multinationale qui fait des bénéfices.

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  • Lampedusa l'ultime voyage d'un rêve de liberté dans l'Île

    de la porte d'une Europe honteuse autant qu'impuissante.

    Voir aussi, Lampedusa la honte de l’Europe,

    Support Wikipedia Lampedusa l'Île de l'espoir des migrants d’Érythrée, de Tunisie, de Somalie, de Libye....qui, au péril de leur vie, fuient leur pays pour un espoir meilleur sont traités, dans cette île, comme des bêtes, prolongeant ainsi leur calvaire comme s'ils avaient une pénitence à purger après avoir échappés à la mort ? On n'en fini pas de se remémorer le drame du 03 octobre qui s'est joué à quelques centaines de mètres des cotes de cette île ou périrent noyés quelques 366 personnes dont des femmes et des enfants. Ces migrants qui ne voyaient que leur salut firent le sacrifice de partir en confiant leur vie à ces passeurs de malheur pour joindre cette Europe via le port de Misrata en Libye. De l’Érythrée, de Somalie pays de famine de la Corne de l'Afrique suite à une sécheresse provoquant des dizaines de milliers de morts que pouvaient-ils espérer d'autre ? Mourir dans leur pays ou mourir en mer qu'elle différence si par chance ils atteignaient l'île de tous les sacrifices pour un bonheur hypothétique mais, Ô combien irréel ! Esclaves d'un coté ou esclaves de l'autre quelle différence ?

    Le monde entier exprima sa colère jusqu'au pape qui dénonça l'indifférence du monde devant le drame qui se jouait dans cette Méditerranée devenue le cimetière sans croix de ces malheureux. On mesure la détresse de ceux qui arrivant dans l'Île se virent traités de façon inhumaine.

    Le pire c'est que ce n'est pas la première fois que des camps de réfugiés, de prisonniers, de déportés sont traités de la sorte. L'humanité n'existe pas dès qu'il s'agit de donner une place à des malheureux et cela d'autant plus qu'ils sont noirs. Mais, cette fois-ci il a fallu une vidéo pour montrer «l'inmontrable».

    C'est à la suite d'une vidéo prise par une camera cachée diffusée le lundi 16 décembre au télégiornale de Raï 2 que cette vidéo scandalisa l'Italie. On y voit des migrants faire la queue pour être arrosés par un désinfectant. Ces migrants nus faisant la queue dans une cour au milieu d'une foule de curieux en plein courant d'air arrosés par les employés du centre de rétention. Rappelez-vous, cette méthode de désinfection fut employée dans les camps d'extermination nazis mais pas au grand jour !

    Les images furent filmées en cachette par le réfugié syrien, Khalid. «Nous sommes le 13 décembre, mais Khalid nous dit que cela arrive toutes les semaines pour lutter contre les maladies comme la gale», dénonça la Raï, qui a interviewé l'auteur des images. Les hommes furent soumis aux jets d'un produit désinfectant.

    Le 17/12/13 La Stampa dans sa chronique titre sur la polémique de cette vidéo choc, les responsables gouvernementaux payeront.

    «Nel filmato migranti nudi al freddo, in fila per essere spruzzati col disinfettante. Il ministro: accertare responsabilità. Boldrini: scene indegne di un paese civile».

    Dans le film les migrants nus, en file, dans le froid pour être vaporisés par un désinfectant. Le ministre, accepte la responsabilité. Boldini, la présidente de la chambre des députés et ancienne porte-parole de la section italienne du Haut-Commissariat pour les réfugiés, «scène indigne d'un pays civilisé». De telles images ne peuvent laisser indifférent.

    Le ministre de l'intérieur Angelino Alfano assure que ceux qui se sont fourvoyés payeront, ce que la ministre de l'immigration Cécile Kyenge approuva, ajoutant que c'est inadmissible dans un État démocratique. Dénuder une personne c'est la rendre «une non personne», lui retirer sa dignité. Quant au premier ministre Enrico Letta, le gouvernement fera une enquête approfondie et sanctionnera les responsabilités si elles sont avérées.

    Le jeune syrien auteur du film, immigré au camp depuis plus de deux mois rapporta que des hommes et des femmes subissaient le même traitement humiliant trois à quatre fois par jour pour soigner la gale. «Les immigrants se présentent en file ou en groupe mettant à terre leurs vêtements pour être vaporisé nus du désinfectant». A chaque vague de migrants désinfectés les opérateurs qui gèrent cette opération distribuent des tricots propres livrés dans la cour d'une façon dégradante. Le maire scandalisé objecta qu'une intervention sanitaire ne se fait pas en plein air en vaporisant des personnes nues avec un tuyau.

    Lampedusa et l'Italie eurent honte de ces pratiques déshonorantes, elles doivent changer.

    Le centre d'hébergement n'a que 250 lits, alors qu'il y a plus de 500 migrants en majorité syriens et érythréens, une situation qui ne cesse de s'aggraver par l’afflux continu la rendant insoutenable. Ce centre est qualifié comme structure de premier accueil et les migrants doivent être transférés dans les 48 heures vers des centres adaptés sur le territoire national, mais ce n'est qu'un leurre. Quelques migrants sont encore présents depuis plus de deux mois, et les travaux d’agrandissement du centre sont bloqués depuis le 11 septembre à la suite d'un incendie dans une partie du centre, traduit de l'article de la Stampa.

    Le drame de Lampedusa n'a pourtant pas ému le Conseil européen de Bruxelles au point que les chefs d’État et de gouvernement décidèrent d'attendre pour la surveillance des frontières. Pour la Méditerranée, et afin qu'elle ne continue pas a être le cimetière de ces boot-peoples. Ils chargèrent Frontex l'agence européenne des frontières d'orchestrer les opérations de surveillance et de sauvetage.

    Frontex est responsable de la coordination des activités des garde-frontières dans le maintien de la sécurité des frontières de l'Union avec les États non membres, mais pas des opérations de sauvetage.

    Frontex fut créée par le règlement (CE) no 2007/2004 du Conseil du 26 octobre 20042. L'agence est opérationnelle depuis le 3 octobre 2005. Son siège est à Varsovie. Sa fonction est d'aider les États membres à mettre en œuvre les règles communautaires relatives aux frontières extérieures et de coordonner leurs opérations dans leur gestion. Chaque État membre reste toutefois responsable de la partie de frontière qui se trouve sur son territoire. Frontex ne peut donc résoudre le problème de ces migrants qui s'embarquent en mer pour rejoindre les côtes italiennes. Son budget annuel est de 85 millions. Elle disposait en 2010 de 22 avions légers, de 113 bateaux et de 26 hélicoptères mis à disposition par les États membres, ainsi que de radars mobiles, de caméras thermiques et détecteurs de battements de cœur. L'agence met également à la disposition des États une force de réaction rapide, les «Rabits», Rapid Border Intervention Team, une équipe d'intervention aux frontières, composée d’un vivier de gardes-frontières européens. Surnommés froidement «les mains sales de l’Europe» par l'ONG Human Rights Watch.

    Avec ces moyens Frontex aurait-elle pu éviter le drame de Lampedusa ? Gil Arias Fernandez, directeur adjoint de Frontex, répond, «il est évident que lors de nos opérations d'observation, si nous voyons des gens en difficulté, nous les sauvons. C'est une responsabilité humaine », en soulignant que l'agence européenne contribua à secourir 16. 000 migrants en 2013.

    Eurosur, European Border Surveillance System, – système européen de surveillance des frontières, devrait aider à la surveillance. Dès le mois de décembre, ce système permettra de partager les données récoltées par les gardes frontières des États. Il n'en reste pas moins vrai qu'il est, malgré ces dispositifs, difficile de faire face à tout et d'éviter des drames comme celui du 03 octobre 2013.

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