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La droite allemande contrainte concède un salaire minimal,

huit années après la fin des réformes Hartz.

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Document Le Point.fr. Angela Merkel et Sigmar Gabriel SPD signent l'accord le 27 novembre 2013. © Johannes Eisele/AFP

Au terme de plus deux mois et 17 heures discussions à couteaux tirés, 75 négociateurs des trois partis CDU/CSU et SPD bouclent un accord de coalition.

Analyse.

Support Wikipedia Le succès économique de l'Allemagne qui nous est vanté à longueur d'années est le fait de Gerhard Schröder chancelier SPD, gauche sociale, qui donna à sa successeure Angela Merkel un pays ou les conditions sociales étaient laminées faisant le bonheur patronal, succès qui risque de se ternir selon les économistes par l'introduction d'un salaire minimal imposé par l'accord de gouvernement entre la CDU et le SPD. En fait le SPD 2013 corrige le SPD de 2005. Il faut reconnaître que Schröder avait fait de son pays un havre patronal puisqu'il n'y avait pas de salaire en dessous duquel il était interdit de payer. Condition anti sociale, mais oh combien capitaliste ! N'a pourtant pas empêché Angela d'être élue trois fois, ce qui montre que le patronat a su récompenser ses salariés afin d'assurer une majorité électorale, laissant de coté une minorité d'allemands soumis aux lois Hartz. C'est ce que voulu faire Sarkozy avec les heures supplémentaires défiscalisées, satisfaire plusieurs millions de français au détriment des autres, ce qui devait lui permettre d'être réélu. Comme la majorité présidentielle n'est que de quelques pour cent, il avait mis, par cette division, toutes les chances de son coté. On sait qu'il perdit, mais cela fut juste.

Cette politique qui consiste à arroser une partie de la population en faisant payer l'autre partie, est tout à fait à l'apanage de la droite qui, pour elle, l'égalité entre les citoyens n'est pas sa politique. Comme c'est elle qui est représentée par le patronat qui tient les salaires Gerhad Schrodër savait bien en 2002 que pour combattre le chômage et les mauvaises perspectives économiques il fallait faire des réformes libérales contre l’État providence, ce qui fit qu'il perdit son électorat et sa cote de popularité s'effondra.

Par contre, en France, il n'est pas nécessaire de supprimer l’État providence pour que la cote du président s'effondre, mais c'est une autre histoire.

Les lois Hartz passèrent, il fut battu, par la droite qui tira profit de ce qu'il avait fait. En d'autres termes, redresser son économie conduit à réduire drastiquement les avantages sociaux. La marge patronale s'en trouve accrue, ce qui permet au patronat de payer ses salariés comme il l'entend, surtout ceux qui n'ont pas de protection sociale et pas syndiqués comme la main d’œuvre étrangère.

Ce salaire minimal généralisé est accepté à contre cœur par Angela Merkel, «nous allons décider des choses qui au vu de mon programme je ne considère pas comme justes, parmi elles un salaire minimal généralisé», a-t-elle déclaré, le jeudi 21 novembre, dans un discours à Berlin, sur les négociations avec le SPD pour former un gouvernement. Les Allemands sont comme les autres, sans majorité absolue, il font des concessions.

Pour cinq voix CDU, manquantes le SPD perdant devient le SPD gagnant !

Mais le fait de considérer à contre cœur la création d'un salaire minimal montre tout simplement qu'elle n'est que la dirigeante d'une classe sociale, pas celle d'un pays. Cela montre aussi ce qu'est la droite lorsqu'elle clame les éloges du monde entier faits à Angela Merkel, la femme la plus puissante du monde depuis 2011 selon le magazine économique Forbes.

Nullement choqués que des Allemands soient payés, pour certains, jusqu'à un euro de l'heure, le minimum des lois Hartz, Sarkozy en faisait un exemple !

Je ne parle pas de l'esclavage des travailleurs immigrés, roumains et autres qui sont utilisés dans des activités misérables comme d'ailleurs les Allemands de l'Est. Mais, par contre, dans l'industrie noble celle de l'automobile ou les salariés syndiqués au puissant syndicat métallurgique IG-Métall, 2,4 millions de syndiqués en 2013, ils sont grassement payés. Cela résulte des négociations branche par branche qui créent un patchwork salarial dont les salariés les moins puissants souffrent.

Quelques exemples, pour l'année 2012 BMW versera une super-prime à ses salariés de 7.630 euros, le groupe Volkswagen annonça prime de 7.200 euros pour 100.000 salariés, Daimler, Mercédès-Benz, versa 3.200 euros à plus de 130.000 salariés. En 2011 Porsche distribua 7.600 euros par personne. Il bat le record en 2013 avec 8.111 euros de prime. D'un coté, il y a ceux qui piaffent d'aisance et de l'autre ceux qui trament pour manger.

Voila l'Allemagne capitaliste, discriminatoire, sans respect pour les plus faibles, notre principal partenaire européen !

Le SPD veut un salaire minimal généralisé, pour ces exclus de la richesse nationale. Ils seraient 5,6 millions soit 17 % des salariés allemands, selon les calculs de l'Institut allemand pour la recherche économique, DIW. Pour cela, il propose un salaire horaire minimal de 8,5 €, dès 2015, mais les entreprises pourront repousser son application jusqu'en 2017, ce n'est donc pas une révolution.

C'est aussi la conséquence de la réunification des deux Allemagnes, Ouest, Est ou les salariés de l'Est avec leurs syndicats ne seront jamais assez puissants pour s'imposer aux entreprises de l'Ouest. Mais, attention, la CDU ne lâche pas le morceau facilement, «le salaire minimal à ruiné l'Allemagne de l'Est» de la bouche du puissant conservateur et gouverneur de Saxe-Anhalt, Est, Reiner Haseloff. «Nous ne devons pas faire la même erreur !». Angéla Merkel de surenchérir, «je vais tout faire pour minimiser l'importance d'un tel salaire sur l'emploi !». Et de s'excuser, clamant que c'est le résultat du vote du 22 septembre !

Le problème est que le patronat allemand ne voit pas ce qui se trame dans les négociations avec le SPD, cela l'irrite, et les relations se tendent avec Angela. Car en fait, il n'y aurait pas que le salaire minimal dont on parle beaucoup, il y aurait aussi le projet d'un quota de femmes dans les conseils de surveillance des grandes entreprises, une limitation de la flexibilité, d'un coup de pouce pour les petits retraités, et une taxe sur les transactions financières, autant de choses qu'il n'aime pas.

Angela est en outre attaquée par le SPD sur une augmentation des impôts pour les plus nantis, et là, elle indiqua qu'elle ne céderait pas. En fait le SPD fait du Hollande, priorité à l'allègement de la dette, ce dont la CDU ne veut pas entendre. Tout tient à l’examen fin novembre des accords par les 500.000 adhérents du SPD.

Il n'en faut pas plus pour critiquer le bilan de la chancelière sur la mise en œuvre de la transition énergétique par Ulrich Grillo président de la fédération des industries allemandes, l'autre grande fédération patronale. «Depuis un an, la mise en œuvre de la transition énergétique a empiré, a-t-il déclaré. Sa faisabilité économique et son acceptation sont en grand danger». Quant aux subventions accordées aux industriels, ils les jugent, «court-termistes, sans courage, irréalistes, totalement insensés, non finançables et dangereux». «900 000 emplois industriels directs sont menacés». Des jours sombres se préparent pour l'Allemagne tant sur le plan démographique qu'économique, ils limiteront son pouvoir européen, ce qui nous fera du bien. L'injustice salariale allemande fit que certains mangèrent un pain blanc et d'autres un pain noir.

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