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Notre système de retraite va-t-il dans le mur ou pas ?

C'est l'interrogation de nombreux Français !

Les retraites, la France à peur !

Support Wikipedia Nous sommes un pays très complexe à gouverner si on le compare à l'Allemagne dont la mentalité prussienne est obéissante et dominatrice tandis que la notre, plus latine, donc méridionale, plus spirituelle et humaniste, mais aussi indisciplinée et moins rigoureuse. Cette composante génétique nous incite à ne rien vouloir modifier, voire même à s'adapter à une évolution naturelle que l'on ne peut que subir, provoquant de suite de la colère et des manifestations nationales. Nous sommes finalement, malgré nos divisions politiques, tous des conservateurs, salariés et patrons, dès qu'il s'agit de toucher à notre "bien-être". Nous avons peur de tout changement, et lorsque le changement est inévitable les deux parties, salariés et patrons, font en sorte que ce soit l'autre qui en porte les conséquences, l'esprit national ne joue que lorsque c'est l'autre qui paye !

La retraite pour les Français est sacrée, et son évolution ne peut être qu'une perte d'avantages sociaux, d'autant plus que notre régime par répartition est un modèle en son genre, les actifs payent pour les retraités, ce qui assure la continuité des versements. On ne se rappelle plus qu'elle fut crée sous l'occupation allemande par le Maréchal Pétain par la loi du décret du 14 mars 1941. Cette loi fut le premier étage du minimum vieillesse et d'une retraite par répartition pour les assurés sociaux du commerce, de l'industrie, et des professions agricoles dans le cadre de la révolution nationale, voir Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 39, et suivantes. Depuis, bien sûr, elle évolua se perfectionna mais la démographie aidant, nous étions moins de 40 millions en 1940, l'augmentation de la durée de vie, la mondialisation et les crises firent qu'elle devint plus difficile à assurer.

Tous les retraités de l'industrie furent traités de la même façon, et lorsqu'ils travaillèrent, ils financèrent par leurs cotisations de retraite celle de ceux qui étaient en retraite. C'est donc une sorte de vase communiquant géré par la Caisse Nationale de l'Assurance Vieillesse des Travailleurs Salariés qui assure, depuis des décennies, la retraite de base des Français du régime général de la sécurité sociale, et pour les retraites complémentaires, des Caisses privées gérées sous la tutelle de l'Arrco pour les non cadres et de l'Agirc pour les cadres. Elles conditionnent une uniformité de traitement entre les Caisses.

L'ensemble, allocation de base augmentée des allocations complémentaires permettent de vivre tout juste, pour les plus modestes, si, pour la retraite de base, le nombre d'annuités payées par le salarié atteint le maximum à l'âge légal de départ en retraite.

Ces allocations sont fonction, pour la retraite de base, de ce que le salarié, en fonction de son salaire brut, a versé, au taux prévu, pendant les 20 meilleures années de son activité augmentée d'avantages familiaux. Pour les retraites complémentaires les allocations résultent d'un nombre de points cumulés pendant toute l'activité du salarié en fonction du salaire brut affecté d'un coefficient et du taux annuel ajusté en fonction du nombre de retraités et des rentrées des cotisations des affiliés. Pour les régimes spéciaux des fonctionnaires et autres agents de l’État, le système est confiné et s'il est en déficit c'est l’État qui le renfloue.

Les vases communiquant du régime général et des régimes complémentaires sont liés aux nombre de cotisants, c'est à dire les salariés et au nombre d'allocataires, c'est à dire les retraités. Pour que les retraites soient financées dans les deux régimes il faut que la masse globale des cotisations versées soit supérieure à la masse globale des retraites versées. Ce que l'on qualifie communément par un rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités. Ce rapport doit être de l'ordre de 1,4 pour que le système fonctionne. Si le rapport est inférieur, le financement des allocations retraite n'est plus assuré, trop de retraités pour pas assez de cotisants.

Pour toutes les raisons décrites, la crise financière de Lehman Brothers de 2008 née de celle des subprimes, fit un grand désordre dans notre économie, et la mondialisation aidant, pour la recherche du moindre coût de production fit que le nombre de chômeurs s'accrut et le nombre de retraités augmenta avec la qualité de vie et les progrès de la médecine, de sorte que le régime par répartition risquait, si rien n'est fait, de n'être plus assuré ainsi que celui des retraites complémentaires.

Il y eut plusieurs ajustements lors des précédents gouvernements, dont l'avant dernier celui de François Fillon lorsqu'il fut ministre des affaires sociales, réforme dite loi Fillon sur les retraites. La réforme actuelle du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, sera pour la première fois celle, de la gauche socialiste.

Cette réforme dont on disait qu'elle serait pour le gouvernement un calvaire et qui devait mobiliser en masse les «travailleurs» ne fut pas à la hauteur des espoirs, 155.000 à 370.000 manifestants dans les rues. La division des syndicats, l'habileté du gouvernement insistant plus sur une réforme de la pénibilité, fit malgré que :

le nombre d'annuités pour une retraite au taux plein est augmenté d'un trimestre tous les trois ans à partir de 2020 pour atteindre 43 ans en 2035, avec la création d'un compte pénibilité en 2015 permettant de partir plus tôt en retraite, avec une hausse des cotisations sociales !

elle passa l'épreuve de la rue.

La hausse des cotisations patronales et salariales sera progressive sur quatre ans, 0,15 point en 2014, puis 0,05 en 2015, 2016 et 2017, soit au final 0,3 point pour les actifs comme pour les employeurs en 2017. «Tous les régimes seront concernés, celui des fonctionnaires, les régimes spéciaux comme le régime général ou, par exemple, celui des indépendants selon des modalités propres», précisa le Premier ministre. A cela, il faut ajouter une fiscalisation de la majoration de pension des parents de familles nombreuses.

L'habileté du premier ministre fut, pour le patronat, d'accéder à une vieille revendication de transférer une part des 34 milliards des allocations familiales à la charge des entreprises vers un autre financement, sans préciser sous qu'elle forme, ce qui fit dire que ce sont les seuls salariés qui financent la réforme. Il va donc falloir trouver de quoi compenser cet allègement patronal, et il se pourrait bien qu'il porte sur la CSG qui fut épargnée pour le moment.

La réflexion de nombreux salariés est de clamer, que plus le temps passe et moins on a de retraite, le système va dans le mur !

On ne peut être de cet avis, je dirais même plus, le retour de la croissance pointe son nez, de sorte que le système retrouvera des marges. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. Les délocalisations reviendront, la mondialisation n'est déjà plus ce qu'elle fut, la Chine tant attractive le sera de moins en moins. Quant aux pays de l'Est, là aussi, l'augmentation du niveau de vie qui fait monter les coûts.

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