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  • Au Brésil entre le foot, le foot, le foot, et à manger il n'y a pas photo,

    les brésiliens mettent les choses à leur vraie valeur.

    Au Brésil le social plus fort de football.

    Manifestation devant le stade de Brasilia, le 15 juin 2013 (cc Flickr / Rafael Holanda Barroso). Document blog Le Monde.fr.

    La contestation sociale qui secoue le pays organisateur de la Coupe des confédérations offre à celle-ci une publicité inattendue. Mais c'est à l'extérieur des stades que l'action se déroule.

    Support Wikipedia Ils ont cru que l'amour du foot, ou il est roi dans ce pays, pouvait suffire à compenser ce qui manque dans la santé, l'éducation, la sécurité, les services publics..... ? Un gouvernement de centre gauche qui oublie ce qu'il apprit de l'expérience du président Lula en augmentant le coût des transports, qui sont obsolètes donc loin de répondre au service pour lequel ils sont destinés. Il n'en fallait pas plus pour déclencher une révolte du style réseaux sociaux Facebook ou Twitter comme ce fut la cas pour la révolution de jasmin en Tunisie organisée par des jeunes femmes diplômées, et là, au Brésil, se sont aussi des jeunes qui n'ont aucun problème pour mobiliser sur ces mêmes réseaux, dans la continuité des manifestations turques place Taksin et d'ailleurs, les partis politiques, le gouvernement sont dépassés.

    Ces réseaux sociaux sont devenus le contre pouvoir de ceux qui n'ont jamais la parole.

    Le monde change, chacun participe, l'internet modifie tout, une autre forme de vie qui s'impose et qu'il convient de prendre en compte, mais comment ? Elle ne fait pas de bruit, et puis, d'un coup, la revendication éclate aux yeux du monde.

    Des étudiants des couches aisées qui ne devraient pas être à quelques centimes et qui n'ont peut être jamais mis les pieds dans un bus réussirent à faire lever toute cette jeunesse qui leur ressemble. Paradoxal non, mais qu'y a-t-il d'autres ? Des indignés, oui comme ceux de Wall Street, de Turquie et de la jeunesse du monde qui en n'ont assez et qui veulent se faire entendre comme poussés par la force invisible d'un phénomène en cascade ? Il fallait qu'ils aient leur printemps à eux. Qui fera croire qu'une poussière de centime d'euro, sur un ticket de bus suffit à mettre tant de monde dans la rue s'il n'y a pas autre chose ? Mais les pauvres, les pas instruits des favélas sont restés chez eux.

    Ce que l'on veut nous faire croire c'est qu'un tel soulèvement, même spontané, n'a que pour raison que le coût du transport, n'y aurait-il pas un mécontentement plus général lorsque l'on pousse le bouchon trop loin ? Finalement des manifestations contre tout et contre tous c'est quoi ? Le mondial de foot bien sûr ! Et cela tombe bien puisque en ce moment se déroule la coupe des fédérations l'anti chambre du mondial, la vitrine est excellente.

    Donc, après Istanbul, Rio, et qui ensuite ? Une vraie marée humaine, 230.000 personnes dans 12 grandes villes protestèrent contre la vie chère, les prix des bus et métro, ce qui fit déborder le vase eu égard aux dépenses colossales de 11 milliards engagées pour le mondial, celui que tout le monde rêve d'organiser, et qui fut le catalyseur.

    Ils n'en reviennent pas à la FIFA et Sepp Blatter son président au Brésil pour la coupe des fédérations déclara, «que le foot est plus fort que l'insatisfaction des gens», bien sûr ne vit-il pas sur la crétinité de tous ces pauvres qui se saignent aux veines pour voir leurs idoles taper dans un ballon ? Alors, pour se dédouaner, il réplique que ce fut le Brésil qui demanda à organiser le Mondial 2014, en réponse aux manifestants critiquant le coût de l'événement. «Le Brésil nous a demandé d'organiser le Mondial. Nous ne leur avons pas imposé le Mondial. Il y a des routes, des hôtels, des aéroports et beaucoup d'autres choses qui resteront». Mais on sait bien que le retour sur investissements est sujet à critiques, et que ce sont d'abord les finances de l’État, puis les collectivités locales avec les commerces qui en profitent, et il ne reste jamais assez de sous pour les pauvres qui ont eu le spectacle qu'ils demandaient.

    L'expérience nous apprend que l'on surenchérit toujours le prix des places c'est l'occasion, même si les pauvres ne peuvent payer. Pour eux c'est toujours trop cher, mais qu'importe, ils feront des sacrifices pour le sport des sports, Sepp Blatter le sait bien. Qu'importe la corruption, que les vedettes gagnent des sommes fabuleuses qui font rêver les enfants des classes sociales les plus pauvres. Le foot, ce sport qui rassemble tous les paumés de la terre hooliganes et Skineds compris, les gens ne veulent plus payer pour cela. Les stades lieux de bagarres entre bandes, de défoulements de masses l'opium des pauvres. D'ailleurs, les plus pauvres ne sont pas dans ces manifestations, le foot c'est ce qui leur reste, ils sont donc restés dans leur favélas. D'ailleurs ont-elles été associées par ces bourgeois bien instruits ? On peut ne pas le croire.

    A Rio, ils étaient 100. 000, à São Paulo, la plus grande ville et la capitale économique, 65. 000. À Belo Horizonte au moins 20 .000 et à Brasilia, la capitale, entre 5.000 et 10 .000. Du jamais-vu depuis la mobilisation de 1992, qui réclama le départ du président Fernando Collor, pour corruption. Dix ans après l’arrivée du Parti des Travailleurs PT, gauche au pouvoir, avec Lula puis Dilma Rousseff, «le Brésil se réveille», comme disent les slogans. Et il a la gueule de bois. «Ce n’est pas la Turquie! C’est le Brésil qui sort de l’inertie !» scandèrent les manifestants. Le mouvement a commencé à São Paulo, il y a une semaine, avant de gagner le reste du pays, tiré du site Le Temps.ch.

    Un mouvement social en marge des partis. Comment le maîtriser, des jeunes liés à aucun parti politique ? Un fossé sépare la population de la présidente Dilma Rousseff du parti des travailleurs qui devrait être à l'écoute ayant été à l'école comme chef de cabinet du président Lula da Silva. Une gauche gouvernementale débordée par la classe la moins pauvre du jamais vu. Pourtant la politique sociale du président Lula fut de réduire la pauvreté et les conflits sociaux. Il sait ce qu'est la misère, son père qui fut agriculteur eut 22 enfants avec deux femmes. Un adepte de la démocratie participative qu'il appliqua à la prise de décisions municipales. L'un des défis majeurs qu'il eut à affronter fut celui de la réduction des inégalités qui sont parmi les plus élevées au monde. Les 50 % des plus pauvres recevaient 14,5 % du revenu total en 2000, alors que les 10 % les plus riches bénéficiaient de 46 % du revenu total. Plus du tiers de la population vivait sous le seuil de pauvreté et la classe moyenne, 25 % de la population était très vulnérable. Malgré que le salaire minimum qui fut augmenté par Dilma Roussef de 8,5 % en début d'année le portant à 674, 96 réals soit 244 €, la misère reste profonde dans ce pays à forte composante rurale, ou même l'esclavage s'est fortement développé en Amazonie.

    Mais ce ne sont pas ces brésiliens qui descendent dans les rues, mais ceux qui peuvent le faire pour précisément montrer que les milliards du foot c'est trop ! Ce mouvement de protestation ne faiblit pas, le pli est pris, le 20 juin au moins un million de manifestants sont descendus dans les rues une dizaine de jours après les premières manifestations.

    Les manifestants à Rio de Janeiro le 20 juin 2013. (TASSO MARCELO / AFP). Document francetvinfo.

    Ces manifestations dans 80 villes firent des dizaines de blessés et un mort accidentel, un manifestant renversé par une voiture dans la ville de Ribeirao Preto, à 330 km de Sao Paulo. Un véhicule renversa un groupe de trois personnes dont l'une d'elles décéda, déclara la police militaire. Indifférents après la décision de plusieurs municipalités d'abroger la hausse des tarifs des transports en commun, les manifestants ne lâchèrent rien. «20 cents, ce n'était que le début» inscrit sur les pancartes, et vous devriez-vous demander pourquoi nous voulons plus clama Savina Santos, 29 ans fonctionnaire à Sao Paulo. «Nous avons besoin de meilleurs écoles, de meilleurs transports, de mettre fin à la corruption, nous ne sommes pas en mesure d'accueillir la coupe du monde !», selon l'Agence Reuters.

    300.000manifestants à Rio, 110.00 à Sao Paulo, 100.000 à Vitoria, 52.000 à Recif, 30.000 à Manaus, 30.000 à Cuiaba, 20.000 à Salvador et Bahia, 20.000 à Acaraje. A Vitoria, au sud-est, un groupe de manifestants a détruit les cabines de péage d’un pont qui relie la ville à la ville voisine. Devant le tribunal de Justice, un bataillon d’élite de la police a dû intervenir avec des gaz lacrymogènes pour disperser un groupe radical. Des manifestants ont incendié un bus de la FIFA, un manifestant a été blessé par une balle en caoutchouc.

    A Salvador de Bahia, nord-est, théâtre de la première manifestation dans l’après-midi, des affrontements violents ont également éclaté. Les manifestants ont incendié un bus et lancé des pierres sur des minibus de la FIFA. «J’ai voté Dilma et je revoterai Dilma. Mais c’est un moment unique, on en a besoin pour accélérer les réformes du pays», confia Ney, un ingénieur de 64 ans, à une journaliste de l’AFP, tiré des Échos.fr.

    Au Brésil comme ailleurs, ces mouvements de masse ne s'arrêtent pas sans qu'ils deviennent des mouvements revendicatifs plus importants qui mettent les gouvernements en péril n'ayant pas anticipés l'explosion du mécontentement général.

    À Rio de Janeiro, des balles de caoutchouc contre les manifestants, mais de vraies balles contre les favelas ! Ça tire de partout entre les troupes de choc et certains jeunes armés par des gangs. A Nova Holanda, une des treize favelas faisant parties du Complexo da Maré et ses 130 000 habitants, le nombre de tués s'élève à huit, plus un policier du Bataillon d'Opérations de Police Spéciales, BOPE. «Personne n'arrive à donner un chiffre exact, puisque les corps ont été évacués», souligna Eliana Sousa Silva, directrice de l'influente ONG locale Redes. «Combien sont morts et combien vont encore mourir ?». Les unités spéciales seraient ensuite intervenues directement dans les maisons des suspects. Plusieurs seraient morts sur place. Il y a beaucoup de sang dans les maisons, mais les corps n'y sont plus affirma devant les médias Jailson Silva, directeur de l'Observatoire des favelas, une ONG très active à Rio et installée à l'entrée de Nova Holanda. Il ajouta, «la situation est comme un état de guerre. Nous devons arrêter ces massacres», tiré de l'article de Nicolas Bourcier du Monde.fr.

    La présidente Dilma Rousseff a proposé un référendum pour créer une assemblée constituante en faveur d'une réforme politique, mais cela n'empêcha pas des manifestations à Fortaleza au nord-est de quelques 5.000 personnes lors de la demi finale de la coupe de la confédération Espagne-Italie le 27 juin.

    La coupe du monde c'était trop pour eux.

  • Place al-Tahir au Caire ou place Taksim à Istanbul,

    même combat, mais au Caire s'était pour une démocratie laïque, à Istanbul c'est contre l’islamisation rampante.

    Place Taksim lieu des affrontements. Cliquez sur l'image, référence Wikipédia.

    Support Wikipedia La place Taksim est le lieu de la contestation comme le fut la place Tahir en Égypte, mais c'est du parc Gezi qu'il s'agit, l'un des espaces vert d'Istanbul. Un sacrilège pour les amoureux de la nature qui se rassemblèrent le lundi 27 mai dans le parc après que l'arrivée des machines à démonter les 600 arbres du parc fut annoncée sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux le support de la liberté, la voix des indignés de Tunisie et d’Égypte, et du monde, voir Les indignés de Wall street. Des jeunes de gauche bien sûr mais aussi de tous horizons politiques qui n'admettent pas que tout soit bétonné, et qui furent accusés de gauchistes par les autorités qui font vite dans la caricature. C'est sous le mouvement «solidarité Taksim», qui regroupe 116 partis et associations pour la préservation du parc Gezi, qu'ils manifestent. Ce sont les propos cinglants du premier ministre Erdogan, à la suite de sa rencontre avec les représentants du mouvement de contestation qui, déclara dans un communiqué, «ce n’est pas une bande de pillards qui va me faire reculer» soulignant que la «nation exprimait son choix» tous les quatre ans, qui firent que les manifestations s’amplifièrent. «Une démocratie ne signifie pas seulement une victoire aux élections», mais aussi «tous les modes de coexistence doivent exister» déclara aussi le Président de la République, Abdullah Gül, affirmant que le message était reçu. Entre le premier ministre Erdogan et le président Abdullah Gül, ce n'est donc pas l'entente parfaite, et Erdogan serait de plus en plus isolé. Il lui est reproché, entre autre, la paralysie des négociations avec l'Union européenne.

    Du printemps arabe au printemps turc en quelque sorte, le monde musulman évolue, mais des situations différentes. La Turquie d'obédience musulmane à 96 %, est solidement soutenue par les industriels, elle bénéficie d'une croissance de 5 % en 2012 qui est attribuée à Erdogan. La prospérité du pays est sur une bonne voie pour ne pas que soit contesté le premier ministre aux élections municipales en mars 2014, eu égard au fait que la Turquie, en dehors des grandes villes, est à forte composante musulmane, il suffit d'y aller pour voir. La nouvelle livre turque qui vaut la moitié d'un euro permet à l'économie d'être compétitive sur les marchés. La dette souveraine est à 57 % du PIB et le déficit à - 2,25 %, et un taux de chômage de 8 % de la vie active en 2012.

    Les grandes villes européennes Istanbul, Ankara ou les manifestants décidèrent de marcher sur le parlement, mais aussi Izmir à l'ouest autre bastion de la modernité et de la laïcité turque, Antalya au sud touristique, les manifestants cristallisèrent le rejet de la politique autoritaire de l'APK. Accusé de vouloir instaurer petit à petit une «république islamique» Le mouvement protestataire devient plus politique. L'occasion était belle à l'opposition incarnée par le parti kémaliste CHP, très laïque, et d’autres formations de gauche, de récupérer ce «printemps turc», s'affichant massivement avec les manifestants, mais cela n'y suffit pas. Recept Tayyip Erdogan chef de l'APK, le parti pour la justice et le développement de centre droit très soutenu par la communauté musulmane reprit la main dès son retour de son voyage au Maghreb ou plusieurs milliers de partisans vinrent l'accueillir à l'aéroport, exigeant la fin des manifestations. «A partir de maintenant nous n’aurons plus aucune tolérance pour ceux qui veulent poursuivre les incidents», déclara-t-il le 11 juin. Le même jour, 73 avocats furent interpellés lors de protestations anti-gouvernementales. Les manifestations reprirent le 12 à Istanbul et dans la capitale. Jeudi 13 juin, à Ankara, Erdogan lança un «dernier avertissement», déclarant que sa «patience touchait à sa fin». Les manifestations firent 5.000 blessés et provoquèrent la mort de quatre personnes. Tout ceci montre que ce pouvoir applique la démocratie de la bastonnade contre une revendication juste et sociale qui l'élimine pour un temps de l'intégration européenne.

    On sait que l'APK fut accusé d'activités anti laïques et que la Cour constitutionnelle rendit un verdict sibyllin le mercredi 30 juillet 2008. Il faut lire entre les lignes pour comprendre ce se passe en Turquie. C'est l'islamisation qui commença par le vote d'une loi restreignant la vente et la consommation d'alcool. Cela ne trompe pas sur les intentions d'islamisation.

    Le début les manifestations firent plusieurs centaines de blessés et plus de 1.700 arrestations, on n'en serait à 7.500 blessées selon les dernières informations. C'est le projet de réaménagement urbain d’Istanbul visant à détruire le parc Gezi, promenade en français, pour y construire à la place la copie d’une ancienne «caserne ottomane» qui doit abriter une mosquée, un centre culturel, et un gigantesque centre commercial, à la place des arbres, des allées, des pelouses, des bancs et de l'herbe.

    C'est ce qui fit déborder le vase entre le désir de liberté la jeunesse et le conservatisme musulman. Comme au «printemps arabe», la police turque n'a vu que la répression pour mater cette expression de liberté en déployant des blindés, brûlant les tentes et chassant les manifestants pacifiques à coups de gaz lacrymogène, et de camions à eau. Ces images de violence policière firent le tour de la Turquie et du monde. De mémoire c'est la première fois que cette jeunesse se manifeste ainsi. Ces violences ont indigné jusqu’aux pays alliés, à commencer par les États-Unis, ainsi que des organisations de défense des droits de l’homme. Le 3 juin, le secrétaire d’État américain John Kerry s’est dit «inquiet de l’usage excessif de la force», et le président du Parlement européen Martin Schulz a jugé que la «sévérité dont a fait preuve la police était disproportionnée». Le commissaire européen à l’élargissement, Stefan Füle, appela la Turquie à «ne pas abandonner ses valeurs de liberté et de respect des droits de l’homme», ajoutant que le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE n’était pas suspendu.

    Comme dans les révolutions arabes à leur début, initiées par des militants laïques et progressistes, les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, ont joué un rôle crucial dans cette levée de la jeunesse. Décidés à défendre Istanbul, symbole de la Turquie européenne, prospère, laïque, et occidentalisée, et son quartier fétiche, Taksim, lieu de la contestation depuis les années 1970 consécutives à un coup d'État en 1971 des militaires, lors d'affrontements de groupes révolutionnaires d'extrême droite et d'extrême gauche. La place Taksim est tout un symbole de l'histoire turque. Ce coup d'État se traduisit par un net recul de la démocratie. Les militaires qui se donnèrent un rôle important dans la Constitution, mirent en place un Conseil national de sécurité pour préparer le retour des civils au pouvoir.

    Ces manifestants se sentirent proches des premiers sociaux-révolutionnaires laïques du «printemps arabe», prenant à leur compte cet outils de communication formidable qui bouleverse sans que l'on s'en rende compte les injustices et les abus des pouvoirs. Le mouvement 5 étoiles en Italie réussit à mobiliser 28 % des électeurs sans autre moyen que les réseaux sociaux, et entrer aux deux chambres parlementaires.

    Récemment, les manifestants dénoncèrent les condamnations à de lourdes peines de prison pour «blasphème» du célèbre pianiste Fazil Say et de l’écrivain turc d’origine arménienne Sevan Nisanyan, également sans précédent dans ce pays supposé «laïque», sans oublier la destruction du mythique cinéma Emek de Beyoglu, autre quartier symbole du pluralisme turc.

    Un tout récent un sondage nous apprit que près de 63% des Turcs se prononcèrent contre le projet de destruction du parc Gezi. Une victoire pour Erdogan ? Ou une image d'intolérance qui compromet l'avenir de la Turquie dans l'Union européenne en perdant toute considération internationale, par ses blindés contre cette jeunesse, cela rappelle la place Tian'anmen.

  • Hassan Rohani un trompe oeil ? L'essentiel n'y est encore pas,

    même si des espoirs peuvent être attendus.

    le président Hassan Rohani le 14 juin/AFP/ ATZA KENAR, document Le Monde.fr.

    Support Wikipedia L'Iran est un pays islamique chiite gouverné par une théocracie, c'est à dire que le pouvoir émane de dieu par son représentant le guide suprême l'Ayatollah Ali Hossein Khameni élu en 1969 à vie par l'assemblée des experts, tous des Ayatollahs. Les Ayatollahs sont la pensée du pays dans le domaine culturel, ils enseignent, et endoctrinent. Le système iranien fait cohabiter une légitimité religieuse à une légitimité issue du peuple par les élections, mais biaisée par le pouvoir religieux qui lui n'existe que par une assemblée d'Ayatollahs experts de l'islam. Le guide suprême est le chef des armées c'est donc lui qui gère le problème nucléaire de son pays, et ce problème est la composante essentielle des difficultés intérieures au pays par suite d'embargo imposé par la coalition occidentale. La jeunesse iranienne ne supporte plus la main de fer conservatrice du premier ministre Ahmadinejed soutenu par le guide l'Ayatollah Khameni. Cette jeunesse est le bras armé des réformateurs et des mouvements Verts. Le religieux quelques soient les tendances ne vit que par l'endoctrinement et la contrainte. La libre parole en Iran est prohibée de même que la démocratie puisque n'ont pu se présenter à l'élection que ceux qui furent acceptés par les mollahs.

    La vie iranienne est dominée par un état policier qui est rejeté par l'immense majorité de la jeunesse, l'élection du modéré mollah Hassan Rohani, contre toute attente, dès le premier tour le 14 juin par 50,71 % des voix le prouve, on ne lui donnait aucune chance. Fort de ses 50,7 % il peut les faire valoir au guide suprême pour imposer sa politique, et réformer le pays qui souffre de l'embargo international. Sa victoire est le fruit des sanctions dues à la rupture du dialogue avec l'Occident.

    La jeunesse iranienne qui s'est fait voler sa liberté par la révolution islamique, après la déchéance du Shah d'Iran Mohamad Reza Shah Palavi qui s'exila le 16 janvier 1979, souffre de l'endoctrinement religieux de ceux qui soutinrent l'Ayatollah Ali Mousavi Kohmeini, et que nous hébergeâmes en France, à Neauphle-le-Château, ou il prépara la révolution sous les yeux de Giscard d'Estaing président de la république. Ce qu'il ne faut pas oublier. Nous avons notre part dans ce qui arrive à cette jeunesse iranienne.

    Fareed Rafiq Zakaria qui est un journaliste américain, écrivit en 1997 dans la revue Foreing Affairs, «le parlement iranien, est élu plus librement que cela n'est le cas dans la plupart des pays du Moyen-Orient et pourtant il impose des restrictions très dures en matière de libertés». Il est certain que prendre exemple sur plus mauvais permet d'excuser le comportement anti démocratique. Il définissait cette démocratie comme une démocratie illibérale.

    En interdisant Esfandiar Rahim Mashaie le chef de cabinet d'Ahmadinejad soutenu par le président sortant, mais également l'ancien président Rafsandjani, un des fondateurs de la république islamique, d'entrer dans la compétition, le pouvoir des mollahs conservateurs montra la contrainte qu'il impose à la liberté démocratique.

    Ce qui est étonnant ce sont les satisfactions occidentales à l'élection de Hassan Rohani par ce qu'il fut le candidat unique des réformateurs et des modérés. Jusqu' à Shimon Perez qui s'est réjouit de ce changement de gouvernance. On comprend aussi que Laurent Fabius dès son élection l'invita au dialogue, lire la déclaration de Laurent Fabius, La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton salua dans les mêmes termes l'aspiration du peuple iranien à la démocratie. L'Italie, Londres évoquèrent l'ouverture d'un dialogue constructif.

    On comprend que tout doit être fait pour détendre le climat international entre l'Iran et l'occident mais actuellement les chiites par l'intermédiaire du Hezbollah participent, avec le régime syrien, à combattre la révolution syrienne. L'Iran profite des hésitations de l'occident et du support russe envers la Syrie. L'Iran se présente donc comme incontournable dans le Moyen-Orient, et l'on est en droit de se demander qu'elle sera la politique du nouveau président ?

    Le gouvernement Ahmadinejad mit l'Iran hors de la communauté internationale pendant huit années d'isolement et de privations. L'état économique du pays fit que l'inflation dépassa les 30 % le chômage 25 % et plus chez les jeunes. Les revenus pétroliers chutèrent de moitié en 2012 par rapport à l'année précédente. La production automobile s'effondra de 1,5 million de véhicules en 2011, elle est tombée à 1 million en 2012 et sera probablement de la moitié en 2013. Les salaires sont payés avec difficulté, les médicaments importés deviennent introuvables sur le marché, et la monnaie nationale a perdu 75 % de sa valeur en un an et demi. Quant à la liberté d'information, on sait de la presse est contrôlée, l'Iran est un pays fermé à tous journalistes.

    Pour répondre au désespoir de son peuple à l'intérieur, le régime choisit sur le plan externe une posture offensive, tant sur le dossier nucléaire que sur la question syrienne en mettant en avant le nationalisme. Il fallait, sur le nucléaire, gagner du temps, sachant très bien que l'Occident hésiterait avant d'engager des représailles contre les sites nucléaires. La perspective d'une guerre au Moyen-Orient refroidissait les ardeurs. L'Occident dans ce conflit ne fut pas sans défaut par son attitude illogique permettant à Israël l'arme nucléaire et l'interdisant à l'Iran, voir Israël prépare les esprits pour une attaque contre l'Iran, mais aussi, l'Iran soumis au silence des grands médias.

    Les réticences bien compréhensibles de la communauté occidentale, eu égard aux menaces iraniennes contre Israël, d'autant qu'elle n'apparaît pas sans partialité dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, permit à Ahmadinejad de tenir jusqu'à l'élection du 14 juin, malgré ses menaces de bloquer le détroit d'Ormuz. L'arme nucléaire n’apparaissait pas seulement comme la garantie de survie du régime, sa possession flattait le nationalisme de la majorité de la population.

    Le nouveau président dès sa prise de possession jeta les bases de sa politique internationale. Sur le dossier nucléaire, il s'est dit résolument pour la poursuite de l'enrichissement de l'uranium. «L'époque des demandes occidentales pour un arrêt de l'enrichissement est révolue» déclara-t-il. Hassan Rohani, assurant qu'il existait de nombreuses voies pour créer la confiance avec les Occidentaux car l'Iran allait faire preuve de plus de transparence pour montrer que ses activités sont dans le cadre des règles internationales.

    Dans sa conférence presse du 17 juin, interrogé sur la possibilité d'un dialogue direct avec les États-Unis, ennemi historique de la République islamique, le nouveau président estima que l'une des conditions d'un tel dialogue était la reconnaissance par Washington des «droits de l'Iran, notamment les droits nucléaires». L'époque des demandes occidentales pour un arrêt de l'enrichissement «est révolue», a-t-il déclaré. Hassan Rohani assura qu'il existait «de nombreuses voies pour créer la confiance» avec les Occidentaux car Téhéran allait «faire preuve de plus de transparence pour montrer que ses activités sont dans le cadre des règles internationales». Et il a, dans ce contexte, jugé «injustes» et «injustifiées» les sanctions internationales imposées à son pays. «Les sanctions sont injustes, le peuple iranien n'a rien fait pour les subir». Nos activités nucléaires sont légales.

    Quelle sera la position du guide suprême envers Hassan Rohani élu dès le premier tour ? Il est certain qu'il se trouve dans une meilleure position que celle d'Amadinejad.

    Hassan Rohani ne mâcha pas ses mots sur la censure ultraconservatrice de la télévision nationale pendant une demi heure dans un studio, et le journaliste le laissa parler bien qu'ils ne soient pas du même bord. Puis Hassan Abedini, qui est aussi l'un des dirigeants de la chaîne, entonna les accusations de trahison contre Rohani, il fut négociateur en chef pour le nucléaire, ainsi que l'artisan d'une suspension provisoire de l'enrichissement d'uranium, fin 2003.

    "Ces accords, à Saadabad , à Bruxelles et Paris, au fond, ont tout arrêté !»

    Hassan Rohani, ne cessa de sourire. En vérité, «ce que vous venez de dire, ce sont des mensonges et vous le savez bien, lança-t-il. Il n'y a pas eu d'accord à Saadabad. Alors cette discussion est pour les illettrés. Peut-être que ceux qui soufflent dans votre oreillette sont des ignares». Mais vous, vous le savez, alors reprenez-vous, et le journaliste déclara que l'émission touche à sa fin.

    A ce moment, Hassan Rohani l'interrompit, sortant de sa poche une petite clé argentée, il la brandit face à la caméra. "M Hassan Abedini ! Je veux dire que tout peut se résoudre avec la clé de la bonne gestion et de l'espoir. Sachez-le. Le problème nucléaire aussi va se résoudre. Les sanctions seront levées. La prospérité reviendra», tiré de l'article de Christophe Ayad, Ghazal Golshiri et Serge Michel du Monde.fr.

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