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Hassan Rohani un trompe oeil ? L'essentiel n'y est encore pas,

même si des espoirs peuvent être attendus.

le président Hassan Rohani le 14 juin/AFP/ ATZA KENAR, document Le Monde.fr.

Support Wikipedia L'Iran est un pays islamique chiite gouverné par une théocracie, c'est à dire que le pouvoir émane de dieu par son représentant le guide suprême l'Ayatollah Ali Hossein Khameni élu en 1969 à vie par l'assemblée des experts, tous des Ayatollahs. Les Ayatollahs sont la pensée du pays dans le domaine culturel, ils enseignent, et endoctrinent. Le système iranien fait cohabiter une légitimité religieuse à une légitimité issue du peuple par les élections, mais biaisée par le pouvoir religieux qui lui n'existe que par une assemblée d'Ayatollahs experts de l'islam. Le guide suprême est le chef des armées c'est donc lui qui gère le problème nucléaire de son pays, et ce problème est la composante essentielle des difficultés intérieures au pays par suite d'embargo imposé par la coalition occidentale. La jeunesse iranienne ne supporte plus la main de fer conservatrice du premier ministre Ahmadinejed soutenu par le guide l'Ayatollah Khameni. Cette jeunesse est le bras armé des réformateurs et des mouvements Verts. Le religieux quelques soient les tendances ne vit que par l'endoctrinement et la contrainte. La libre parole en Iran est prohibée de même que la démocratie puisque n'ont pu se présenter à l'élection que ceux qui furent acceptés par les mollahs.

La vie iranienne est dominée par un état policier qui est rejeté par l'immense majorité de la jeunesse, l'élection du modéré mollah Hassan Rohani, contre toute attente, dès le premier tour le 14 juin par 50,71 % des voix le prouve, on ne lui donnait aucune chance. Fort de ses 50,7 % il peut les faire valoir au guide suprême pour imposer sa politique, et réformer le pays qui souffre de l'embargo international. Sa victoire est le fruit des sanctions dues à la rupture du dialogue avec l'Occident.

La jeunesse iranienne qui s'est fait voler sa liberté par la révolution islamique, après la déchéance du Shah d'Iran Mohamad Reza Shah Palavi qui s'exila le 16 janvier 1979, souffre de l'endoctrinement religieux de ceux qui soutinrent l'Ayatollah Ali Mousavi Kohmeini, et que nous hébergeâmes en France, à Neauphle-le-Château, ou il prépara la révolution sous les yeux de Giscard d'Estaing président de la république. Ce qu'il ne faut pas oublier. Nous avons notre part dans ce qui arrive à cette jeunesse iranienne.

Fareed Rafiq Zakaria qui est un journaliste américain, écrivit en 1997 dans la revue Foreing Affairs, «le parlement iranien, est élu plus librement que cela n'est le cas dans la plupart des pays du Moyen-Orient et pourtant il impose des restrictions très dures en matière de libertés». Il est certain que prendre exemple sur plus mauvais permet d'excuser le comportement anti démocratique. Il définissait cette démocratie comme une démocratie illibérale.

En interdisant Esfandiar Rahim Mashaie le chef de cabinet d'Ahmadinejad soutenu par le président sortant, mais également l'ancien président Rafsandjani, un des fondateurs de la république islamique, d'entrer dans la compétition, le pouvoir des mollahs conservateurs montra la contrainte qu'il impose à la liberté démocratique.

Ce qui est étonnant ce sont les satisfactions occidentales à l'élection de Hassan Rohani par ce qu'il fut le candidat unique des réformateurs et des modérés. Jusqu' à Shimon Perez qui s'est réjouit de ce changement de gouvernance. On comprend aussi que Laurent Fabius dès son élection l'invita au dialogue, lire la déclaration de Laurent Fabius, La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton salua dans les mêmes termes l'aspiration du peuple iranien à la démocratie. L'Italie, Londres évoquèrent l'ouverture d'un dialogue constructif.

On comprend que tout doit être fait pour détendre le climat international entre l'Iran et l'occident mais actuellement les chiites par l'intermédiaire du Hezbollah participent, avec le régime syrien, à combattre la révolution syrienne. L'Iran profite des hésitations de l'occident et du support russe envers la Syrie. L'Iran se présente donc comme incontournable dans le Moyen-Orient, et l'on est en droit de se demander qu'elle sera la politique du nouveau président ?

Le gouvernement Ahmadinejad mit l'Iran hors de la communauté internationale pendant huit années d'isolement et de privations. L'état économique du pays fit que l'inflation dépassa les 30 % le chômage 25 % et plus chez les jeunes. Les revenus pétroliers chutèrent de moitié en 2012 par rapport à l'année précédente. La production automobile s'effondra de 1,5 million de véhicules en 2011, elle est tombée à 1 million en 2012 et sera probablement de la moitié en 2013. Les salaires sont payés avec difficulté, les médicaments importés deviennent introuvables sur le marché, et la monnaie nationale a perdu 75 % de sa valeur en un an et demi. Quant à la liberté d'information, on sait de la presse est contrôlée, l'Iran est un pays fermé à tous journalistes.

Pour répondre au désespoir de son peuple à l'intérieur, le régime choisit sur le plan externe une posture offensive, tant sur le dossier nucléaire que sur la question syrienne en mettant en avant le nationalisme. Il fallait, sur le nucléaire, gagner du temps, sachant très bien que l'Occident hésiterait avant d'engager des représailles contre les sites nucléaires. La perspective d'une guerre au Moyen-Orient refroidissait les ardeurs. L'Occident dans ce conflit ne fut pas sans défaut par son attitude illogique permettant à Israël l'arme nucléaire et l'interdisant à l'Iran, voir Israël prépare les esprits pour une attaque contre l'Iran, mais aussi, l'Iran soumis au silence des grands médias.

Les réticences bien compréhensibles de la communauté occidentale, eu égard aux menaces iraniennes contre Israël, d'autant qu'elle n'apparaît pas sans partialité dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, permit à Ahmadinejad de tenir jusqu'à l'élection du 14 juin, malgré ses menaces de bloquer le détroit d'Ormuz. L'arme nucléaire n’apparaissait pas seulement comme la garantie de survie du régime, sa possession flattait le nationalisme de la majorité de la population.

Le nouveau président dès sa prise de possession jeta les bases de sa politique internationale. Sur le dossier nucléaire, il s'est dit résolument pour la poursuite de l'enrichissement de l'uranium. «L'époque des demandes occidentales pour un arrêt de l'enrichissement est révolue» déclara-t-il. Hassan Rohani, assurant qu'il existait de nombreuses voies pour créer la confiance avec les Occidentaux car l'Iran allait faire preuve de plus de transparence pour montrer que ses activités sont dans le cadre des règles internationales.

Dans sa conférence presse du 17 juin, interrogé sur la possibilité d'un dialogue direct avec les États-Unis, ennemi historique de la République islamique, le nouveau président estima que l'une des conditions d'un tel dialogue était la reconnaissance par Washington des «droits de l'Iran, notamment les droits nucléaires». L'époque des demandes occidentales pour un arrêt de l'enrichissement «est révolue», a-t-il déclaré. Hassan Rohani assura qu'il existait «de nombreuses voies pour créer la confiance» avec les Occidentaux car Téhéran allait «faire preuve de plus de transparence pour montrer que ses activités sont dans le cadre des règles internationales». Et il a, dans ce contexte, jugé «injustes» et «injustifiées» les sanctions internationales imposées à son pays. «Les sanctions sont injustes, le peuple iranien n'a rien fait pour les subir». Nos activités nucléaires sont légales.

Quelle sera la position du guide suprême envers Hassan Rohani élu dès le premier tour ? Il est certain qu'il se trouve dans une meilleure position que celle d'Amadinejad.

Hassan Rohani ne mâcha pas ses mots sur la censure ultraconservatrice de la télévision nationale pendant une demi heure dans un studio, et le journaliste le laissa parler bien qu'ils ne soient pas du même bord. Puis Hassan Abedini, qui est aussi l'un des dirigeants de la chaîne, entonna les accusations de trahison contre Rohani, il fut négociateur en chef pour le nucléaire, ainsi que l'artisan d'une suspension provisoire de l'enrichissement d'uranium, fin 2003.

"Ces accords, à Saadabad , à Bruxelles et Paris, au fond, ont tout arrêté !»

Hassan Rohani, ne cessa de sourire. En vérité, «ce que vous venez de dire, ce sont des mensonges et vous le savez bien, lança-t-il. Il n'y a pas eu d'accord à Saadabad. Alors cette discussion est pour les illettrés. Peut-être que ceux qui soufflent dans votre oreillette sont des ignares». Mais vous, vous le savez, alors reprenez-vous, et le journaliste déclara que l'émission touche à sa fin.

A ce moment, Hassan Rohani l'interrompit, sortant de sa poche une petite clé argentée, il la brandit face à la caméra. "M Hassan Abedini ! Je veux dire que tout peut se résoudre avec la clé de la bonne gestion et de l'espoir. Sachez-le. Le problème nucléaire aussi va se résoudre. Les sanctions seront levées. La prospérité reviendra», tiré de l'article de Christophe Ayad, Ghazal Golshiri et Serge Michel du Monde.fr.

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