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Les premiers vœux d'un président social démocrate,

dans le rituel de la cinquième république.

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François Hollande le 31 décembre 2012 dans ses premiers vœux télévisés, document Le Monde.fr. Reuters/Pool.

Support Wikipedia C'est dans la sobriété que François Hollande nous annonça ce que nous savions déjà. L'année 2012 ayant été l'année du changement politique qu'il lui convenait de faire pour, clama-t-il, inverser la courbe du chômage au cours de 2013. Qui y a-t-il de neuf dans le propos, tous les présidents qui se sont succédés ont eu suivant la conjoncture plus ou moins de succès, et François Mitterrand ne clama-t-il pas «contre le chômage l'on a tout essayé». Sous ses deux mandatures le chômage s'est accru entre 1981 et 1995 de 6,3 % à 10 % de la population active au sens de BIT. Sous Jacques Chirac de 1995 à 2007 le taux de chômage est descendu à 8 % après s'être élevé à 10,7 % en 1997 pour ensuite décroître progressivement à 8 % avec une période de stabilité à 8,5 % sous le gouvernement Jospin. Depuis, le chômage ne cesse de monter pour atteindre 9,9 % fin 2012. Ceci montre que quelques qu'ont été les politiques, libérales ou sociales démocrates, il sera difficile à François Hollande de descendre au taux de 8 % correspondant à la période du gouvernement Jospin, période pour laquelle la conjoncture internationale était favorable.

Il faut bien comprendre que nous subissons une évolution internationale ou les pays qui étaient en voie de développement font une concurrence qui nous oblige, pour que notre industrie se maintienne, à automatiser et à délocaliser nos productions dans la recherche de valeurs ajoutées, une entreprise ne peut fonctionner que si elle est rentable. Cela joue sur l'emploi, d'autant plus que la politique Européenne est orientée plus sur les réformes de structure que sur l'emploi, ce qui fait que les pays du Sud de l'Europe sont étranglés avec des taux de chômage atteignant 50 % chez les jeunes. Cette politique étouffe la consommation par ce qu'elle m'investit pas, elle la détruit. La croissance ne viendra pas seule si on ne l'a provoque pas par l'investissement.

Malgré cela, l'expérience a montré que moins de salariés n'a pas forcément des conséquences sur la croissance, le PIB s'est maintenu au cours des années précédentes, malgré l'automatisation industrielle rendue obligatoire pour survivre, et l'informatisation de tous les secteurs économiques. Les machines qui ont remplacé les salariés ne sont pas imposées. Mais de nombreux emplois furent perdus à cause de cette cybernétique, même si d'autres furent créés. Il est néanmoins évident que le bilan de cette évolution technologique reste négatif en termes d'emplois, n'ayant que peu d'influence sur la croissance, mais une forte incidence sur le chômage.

Les immatriculations de voitures neuves en France ont chutées de 14,6 % en décembre 2012 en données brutes, la pire année depuis 15 ans, prolongeant ainsi leur quatorzième mois de baisse. Les immatriculations du groupe Renault plongent de 27,1 %, celles de PSA Peugeot Citroën de 14,2 %, le groupe Volkswagen de 19,6 % seuls les marques BMW et Mercédès en Europe marquent une progression respective de 14,6 % et 2,9 %. Cela s'explique par l'arrêt de la prime à la casse au 31 décembre 2010, mais aussi par les mesures prises par le gouvernement socialiste, modifiant la politique de soutien en favorisant la voiture propre électrique ou hybride, mais également par l'austérité imposée minant la consommation. A cela, il faut ajouter les frais d'entretien, l'assurance, l'essence de sorte que la voiture qui était devenue accessible à tous, ne l'est que pour ceux qui peuvent encore se l'offrir, et ils sont de moins en moins nombreux.

Il est tout à fait envisageable que la courbe du chômage s'inverse, les entreprises ne peuvent se séparer de leurs effectifs indéfiniment, à un certain point de réduction d'effectifs, il faudra qu'elles embauchent mais à quels coûts de main d’œuvre ? Les conditions d'embauche ne pourront plus être ce qu'elles furent d'avant la crise, en résultera un niveau de vie plus équilibré par rapport aux pays qui nous entourent.

En outre, on constate que les délocalisations ne sont plus la panacée, le coût des transports, des déplacements, la qualité de la main d’œuvre n'est pas ce qu'elle est en France, de sorte que de nombreuses entreprises rapatrient leur production.

François Hollande dans ses vœux nous a rappelé ses deux orientations majeures.

La première un traitement social du chômage par les emplois d'avenir pour les 150.000 jeunes éloignés du marché du travail, ceux en fait qui n'ont aucun diplôme. À cela, sont associés les emplois de génération dont l'objectif final fut rappelé par Jean-Marc Ayrault de 03 janvier, le transfert de connaissance d'un ancien vers un jeune, emplois qui prennent effet dès ce début d'année. 500.000 embauches de jeunes en CDI et le maintien de 500.000 séniors, tel est l'objectif. Et puis, le grand compromis entre syndicats et patronat sur le marché du travail selon le modèle de la flexisécurité à la Danoise, le grand souhait de François Hollande. Donc, plus de souplesse aux entreprises qui hésitent à embaucher mais aussi plus de stabilité pour les salariés, ce qui dans une certaine mesure est contradictoire. Mais, il faut reconnaître les abus qui furent opérés par les employeurs, les salariés en CDD sont traités comme des pions que l'on prend et que l'on jette. Le turnover des salariés en CCD de moins d'un mois a explosé en dix ans, conduisant à une précarité accrue.

L'autre traitement du chômage repose sur le plan économique par le pacte de compétitivité et la banque publique d'investissement devant séparer le traitement d'aide aux entreprises et des particuliers de celui de la finance sur les marchés. Cette banque, avec la loi bancaire qui sera mise en œuvre en 2013, doit prévenir les entreprises de la spéculation financière, ainsi que la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières introduite au niveau Européen dès 2013. Le pacte de compétitivité c'est 20 milliards de ressources aux entreprises pour embaucher, investir et exporter. Sans ce volet de compétitivité, la bataille pour l'emploi ne saurait être complète.

Cet ensemble forme le pari de François Hollande qui lui permettrait l'inversion de la courbe du chômage.

A cela, François Hollande n'oublie pas qu'il a promis de désendetter nos finances. «Je sais ce qu’il (l'effort demandé) représente après déjà tant d’années de sacrifices. Je vous assure que chaque euro prélevé sera accompagné d’une lutte drastique pour réduire les dépenses publiques inutiles. L’argent des Français est précieux. Chacun d’entre vous le gagne durement. Il doit donc être au service d’un État exemplaire et économe».

Sur la justice fiscale François Hollande est revenu sur la contribution exceptionnelle de 75 % sur les hauts revenus. Elle sera réaménagée en tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel a-t-il déclaré. On sait que cette décision fut perçue comme un coup politique, et d'amateurisme par l'opposition. En fait, elle fait l'objet d'un vide juridique. Certains impôts sont basés sur le revenu de la personne, alors que d'autres sont perçus sur le revenu du foyer. Cette taxe exceptionnelle de 75 % s'apparente, eu égard à sa durée, à une imposition à la personne plus qu'au foyer. En étant éphémère, elle n'a pas à être introduite dans le code des impôts. Les Sages en n'ont jugés autrement, c'est donc plus rétorsion politique qu'un bien fondé légal.

Les autres points de cette allocution ont portés sur le retour de nos soldats d'Afghanistan, sur la révolution Syrienne, et sur la lutte des Africains contre le terrorisme au Mali.

Les vœux de François Hollande.

Le président fit appel à la solidarité en se rapportant aux plus fragiles, aux malades, aux personnes seules et isolées, et à celles en situation d'handicap ou qui connaissent la précarité et la solitude. Ce sont des citoyens un moment meurtris par la vie a-t-il déclaré.

«Mon devoir, mon premier devoir, mon seul devoir, c'est de faire que notre pays avance et que la jeunesse retrouve espoir». «2012 a été l'année où ensemble nous avons engagé le redressement. 2013 sera l'année de la mobilisation de tous pour le réussir. Ce soir je veux vous dire ma confiance dans notre avenir».

Pour clôturer, ses vœux à la Nation, François Hollande dans ses vœux à son équipe le 03 janvier 2013, a demandé qu'elle agisse en équipe.

«Un gouvernement, ce n'est pas une addition d'individualités, c'est un ensemble qui a son identité, son image, sa personnalité. Et aussi son chef. C'est ainsi que vous devez agir». «Cette exigence est d'autant plus grande que la France affronte une situation particulièrement difficile», a-t-il ajouté. «2013, c'est l'année où nous devons réussir le redressement pour permettre aux Français d'en récolter les fruits».

Il est vrai qu'il a manqué d'autorité laissant trop faire Arnaud Montebourg sur l'affaire Arcelor Mittal. Il a joué la pression sur Laskhmi Mittal entre la nationalisation provisoire et le reclassement des 630 salariés, ce qui fut mal compris et rejeté par une majorité des Français. Il eut finalement raison, la nationalisation provisoire aurait été une grave erreur, mais la cacophonie gouvernementale à laissé des traces d'un pouvoir à la dérive, ce qui ne fut pas le cas.

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