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François Hollande réformateur dans les habits de la 5ème république,

à la fois professeur et parfois gaullien, clair, précis, au dessus des autres, mais simple.

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Support Wikipedia Cette conférence de presse met le microcosme journalistique devant ses contradictions, d'ailleurs ils ont été bien pâles à ce raout journalistique. 400 journalistes, peu enclins à poser des questions, dont certains n'avaient pas été avares de critiques sur sa normalité, sur son soi-disant virage, sur son flou politique. Je m'attendais à ce que ceux là mêmes soient incisifs mettant le président en contradiction avec lui même. Il n'en a rien été, bien au contraire, le président dû se poser des questions à lui même. Il n'a pas chargé Louis Gallois d'un rapport sur la compétitivité pour le mettre au panier comme d'aucuns le clamaient. Il ne considère pas qu'il a pris un virage, quel virage ? Mais qu'il a seulement ajusté la TVA de 19,6 % à 20 % et les 0,4 % et il les prend à son compte, et puis ces hausses n'interviendront qu'en 2014. Alors sont-elles de la TVA sociale ?

Mais il a baissé à 5% celle qui était à 5,5 %. Quand aux intermédiaires c'est devenu 10 % avec toutefois deux regrets. Le premier concerne celle ou l'on bouffe sur un coin de table, celle qui fait grossir, celle qui coûte cher pour ce qu'elle est, celle qui reçut un cadeau de plusieurs milliards de Sarkozy, celle qui est une honte pour la France pays ou l'on mange le mieux, celle qui n'a pas respecté ses engagements, ne soit pas à 20 %. L'autre, celle des artisans qui donnent du travail qui ont des difficultés pourquoi ne pas l'avoir baissée à 5 % ?

D'Hollande basching, il répond, je ne suis pas ébranlé,

«je parle anglais couramment ou presque, je peux traduire cette expression, punchingball peut-être... J'ai une conception de la liberté de la presse qui fait que je ne suis touché par rien, et je la respecte. Il y a des excès, mon prédécesseur en a connus, des modes, des humeurs, des justifications. Il y a une méthode qui serait de ne pas la lire» mais elle vous arrive toujours, a-t-il plaisanté. «Je ne pense pas que les Français se déterminent simplement par rapport à ces impressions. J'ai la volonté d'être jugé sur ma constance, sur mes résultats», a-t-il poursuivi. «Mon trait de caractère, c'est ensuite de penser que cela se retourne. Je ne suis pas à l'âge où on écrit ses mémoires mais j'ai connu des situations tellement plus difficiles. Être président de la République me paraît être la meilleure réponse à mes détracteurs», a-t-il ajouté.

En fait, il a fait une démonstration sur sa capacité à maîtriser les situations politiques, parfois professeur, même gaullien. On l'attendait, et c'est lui qui les a attendus. Il est président alors que l'on doutait qu'il le soit. Vous pensez il prend le train, il a toujours sa cravate de travers, et il est simple et gentil alors il ne peut réussir ? Médusés, ils l'ont été, maniant avec élégance son verbe, cherchant et maîtrisant les mots qui marquent, faisant des poses au bon moment, évitant de faire des erreurs qui vous suivent toute votre vie, et parlant un Français correct ce qui tranche avec son prédécesseur.

Cette conférence de presse débuta par un rappel de ce qui avait été fait, il fallait bien le faire beaucoup n'impriment pas. Je livre le début de cette présentation que j'ai enregistrée.

«Au début du mois de juillet le parlement à commencé son travail en relevant de 30 % l'allocation de la rentrée scolaire, le relèvement du SMIC, et le droit à la retraite à 60 pour ceux qui avaient commencés tôt leur vie professionnelle. Le parlement a déjà adopté des textes importants notamment le rétablissement progressif des comptes publics à travers le projet de loi de financement pour 2012, mais aussi la préparation de la loi de finance pour 2013, la lutte contre la vie chère en Outre-mer, le renforcement des dispositions contre le terrorisme, les emplois d'avenir, et le calcul budgétaire européen».

«Mais est-ce une politique ? Ce n'est pas une accumulation de propositions de mesures aussi fortes soient-elles, ce n'est pas une addition de l'effort aussi utile soit-il, ce n'est même pas une comptabilité de promesses aussi respectueuses soient-elles. Une politique c'est une réponse cohérente et forte à la situation du pays. Or, qu'elle est-elle cette situation, elle est grave, mais je ne veux pas forcer le trait. J'avais dit d'ailleurs pendant la campagne qu'elles étaient les difficultés qui pouvaient nous atteindre, elles étaient grandes, et je n'ai pas hésité de revenir sur les responsabilités du passé, je constate ici, il est implacable. Le déficit dépasse 90 % de la richesse nationale, la dette publique a grossit de 600 milliards en cinq ans, le chômage est en hausse continue depuis 17 mois, la croissance est à la l'arrêt depuis près de deux ans, de décrochage productif est incontestable dès lors que la France figure au 17ème rang de la zone euro, il y a aussi quelques pertes continuent de compétitivité depuis 10 ans, une alternance change le pouvoir mais elle ne change pas la réalité».

Peut-on dire que sur ces 2 heures et quelques 40 minutes, il a donné l'espoir qu'attendent les Français ? En fait non, par ce qu'il n'a pas voulu vanter sa politique, seulement montrer ce que beaucoup ne veulent pas entendre. Il n'a pas non plus donné de faux espoirs, mais simplement la faire comprendre, en répétant plusieurs fois qu'il en était le responsable puisque le président. «Je suis un président aujourd'hui responsable, pleinement responsable, responsable de tout mais qui ne décide pas de tout». « Je veux respecter nos institutions», a-t-il poursuivi, affirmant sa volonté de ne «pas se substituer» aux ministres. «La présidence de la République exige de la hauteur, de l’élévation» et «en même temps je veux garder de la simplicité autant qu'il est possible », a-t-il déclaré.

«J'ai fait le choix du redressement. Je ne prépare pas le sort d'une prochaine élection, mais le sort d'une prochaine génération». Il veut être jugé à la fin de son mandat de cinq ans sur le chômage est sur la dette, il a donc demandé aux Français d'attendre malgré leur impatience.

Je suis un président, il avait le besoin de le répéter, mais c'est vrai qu'il est simple pour un président. Nombreux sont ceux qui ne l'ont pas encore admis, rêvant d'un quelconque retour de Sarkozy. Tranquille il l'a été, comme la force de François Mitterrand. On l'attendait sur le virage de sa politique, répondant qu'il n'avait pris aucun virage notamment sur la compétitivité. «Depuis six mois, j’ai fait mes choix et je m’y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage car les choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et aux intérêts de la France». En fait il n'a rien promis, et dit de ce qu'il ferait, sinon que le prolongement de ce qu'il a engagé, la réduction du chômage et de notre dette.

Sur le vote des étrangers non communautaires, il a prit une position pragmatique n'ayant pas la majorité des 3/5 des deux chambres. Quant à un référendum, pas dans la situation actuelle, peut être si elle venait à se dégager en décidant des voix d'opposition à voter pour. Ce n'est pas enterré, mais au placard pour de longs mois.

François Hollande a insisté sur son bilan Européen.

«Nous sommes la France, un pays majeur en Europe. Une France affaiblie serait une Europe impuissante. Le premier de mes choix est la réorientation de l'Europe. J'y ai consacré tous mes jours depuis que je suis ici à l’Élysée. J'ai demandé au gouvernement de traiter au Parlement du traité budgétaire européen. C'était l'intérêt de la France et de l'Europe. Une deuxième étape, plus discrète, s'est jouée le 18 octobre, avec l'union bancaire. Nous y sommes parvenus. J'ai pu enfin faire introduire la taxe sur les transactions financières. L'idée courait depuis longtemps. Reste la question de la Grèce. La Grèce attend de recevoir le soutien de l'Europe et du FMI, un soutien qui lui a été promis et qui lui est dû, pour terminer aussi avec ce qui a été un doute pour l'intégrité de la zone euro». C'est par la solidarité et non pas l'austérité sans fin que seront atteint les objectifs de déficits publics par ailleurs impérieux.

Sur l'Europe, il est pour une Europe a plusieurs vitesses, il est pour que la zone euro se structure davantage, il est pour que même au sein de la zone euro des pays puissent aller plus vite que d'autres, c'est le sens de la taxe sur les transactions financières 11 pays sur les 17 dit-il.

La réduction des déficits et les impôts.

Il assume les 20 milliards de prélèvements supplémentaires, et les 10 milliards d'économie du budget 2013. Comment faire autrement pour réduire notre dette quand on voit que les politiques d'austérité appliquées, sans augmentation d'impôt, par les autres pays du sud de la zone euro, ne conduisent qu'à plus de misère en accroissant leur déficit. Notre dette nous coûte chaque année plus que ce que coûte notre éducation nationale, il faut en avoir conscience. La question est de savoir ce que Nicolas Sarkozy aurait fait s'il avait été réélu ? Continuer la même politique qu'il avait faite, on a vu le désastre. Il était contraint d'augmenter les impôts d'ailleurs «les riches» ne se sont pas trompés, ils sont partis bien avant même l'élection de François Hollande. Il a donc demandé au premier ministre de «mener à marche forcée le rétablissement des comptes publics cet effort est compensé par deux principes, la justice, en demandant aux plus favorisés de faire l'essentiel du sacrifice. Et l'emploi, tous les dispositifs en faveur des PME ont été préservés». Il a justifié la réforme de l'ISF, la taxe à 75 % pour deux années, et une réforme de notre système social.

La loi bancaire.

Plusieurs fois pendant la campagne il a mis en avant la nécessité de séparer les activités de dépôt de crédit de celles liées à la spéculation. «Cette réforme interdira aussi les produits toxiques et mettra de l'ordre dans les rémunérations comme dans les bonus a-t-il déclaré».

Le cumul des mandats.

Il a justifié le rapport Jospin affirmant qu'il allait le traduire rapidement en consultant les forces politiques. «Ses conclusions, pour l'essentiel, je les fais miennes». «Le non-cumul des mandats, nous le ferons, et l'introduction d'une part de proportionnelle», nous en discuterons avec les forces politiques. «La fin de l'immunité du chef de l’État tant en matière pénale que civile, et la création d'une Haute Autorité de déontologie pour prévenir les conflits d'intérêts», ce qui est devenu une obligation. «Dès le début de l'année prochaine, un texte sera préparé par le gouvernement». Ce projet de loi, pour une part, «se retrouvera dans une révision de la Constitution et intégrera aussi la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, indépendance de la justice oblige».

Le pacte de compétitivité.

«Le décrochage productif est le mal français. Y répondre, c'est la meilleure façon de montrer aux ouvriers de ce pays que nous sommes à leurs côtés. Un rapport a donc été demandé à monsieur Gallois, devenu depuis une référence nationale, et j'en suis heureux. Nous avons demandé un rapport, c'est pour qu'il soit appliqué. Aussitôt remis, aussitôt traduit, 24 heures pour décider. Un pacte pour rassembler le pays».

Sentant que sur ce sujet il a été accusé de virage, beaucoup d'interrogations se faisaient. Il a montré sa méthode pour que les choses se fassent dans l'ordre, d'abord un rapport commandé à Monsieur Gallois pour qu'ensuite il soit appliqué. Ce pacte, dit-il, vise à produire mieux, tourné vers les PME pour les aider à se développer. «C'est un exercice de vérité sur le coût du travail qui n'est pas tout, mais qui est tout sauf rien».

«Ce que je voulais, c'est donner de la visibilité aux chefs d'entreprises, de la sécurité pour les salariés, de la stabilité aux investisseurs et de la confiance aux consommateurs comme aux épargnants. Faire un choc, cela faisait chic paraît-il. Mais l'économie n'aime pas les chocs. Les acteurs réclament au contraire de la visibilité, de la stabilité, et pas de l'improvisation. Ce pacte s'étalera sur trois ans».

Et puis, il se mit à professer sur le crédit d'impôt. «Il sera simple, sans aucune formalité administrative, rapide et efficace. Ce n'est pas un cadeau, c'est un levier».

Puis ce fut le coup politique, la Syrie.

La reconnaissance du gouvernement de l'opposition syrienne comme unique incarnation de la légitimité politique de la Syrie. «La France reconnaît la Coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement de la Syrie démocratique, permettant d'en terminer avec le régime de Bachar Al-Assad», Et puis, «dès lors qu'il y aura un gouvernement légitime de la Syrie», la question des livraisons d'armes «sera reposée à tous les gouvernements, pas seulement la France, qui reconnaissent ce gouvernement syrien».

Vidéo conférence de presse du 13 novembre 2012

Conférence de presse de François Hollande - 13... par publicsenat

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