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Christine Taubira une autre politique plus responsable,

que le tout carcéral qui augmente la récidive.

Voir aussi Christine Taubira de marbre devant les vociférations de l'UMP.

Support Wikipedia Elle ne fut pas ménagée par l'opposition depuis qu'elle est ministre de la justice. Qui connaissait Christine Taubira pour, qu'à peine nommée, elle attaque sur les centres éducatifs fermés prenant le contre pied du programme de François Hollande qui voulait les porter à 80. Pour elle, ces centres ne sont pas la solution et les 18 qui sont à construire sont arrêtés à une inspection d'évaluation, annonce faite dans une interview au journal Libération, «Les courtes peines il faut arrêter». Peut-on dire pour autant que cette annonce ne soit pas logique quand elle déclara dans ce journal, combien de places ? Quel public y met-on ? Quelle répartition territoriale ? Autant de question que doit se poser une ministre de la justice quand elle prend ses fonctions après 10 années de droite. D'ailleurs, elle ne fut pas reprise par François Hollande tant cette logique est évidente. Alors sans réfléchir, le député de Seine et Marne Yves Jego, que les journalistes interrogent souvent, dans les couloirs de l'Assemblée nationale sur ces problèmes de délinquance, lance qu'est-ce qu'on fait des mineurs ultras délinquants qu'on ne sait pas traiter ? On ne les envois pas en prison ? On ne les envois pas en CEF ? On voit de suite l’invraisemblable interrogation, comme si faire une évaluation, de ces centres consisterait à ne pas prendre des mesures contre cette délinquance ? Cette opposition ferait bien de réfléchir au ridicule de ses propos !

Christine Taubira originaire de Cayenne porte bien sûr la culture de ceux qui ont souffert et souffrent de l'injustice des blancs sur les hommes de couleur noire. Membre du Parti radical de Gauche, elle s'associa à Bernard Tapie en 1994 dans la structure Énergie radicale lors des élections Européennes, puis, elle rejoignit Lionel Jospin en 1997. Elle se présenta en 2002 à l'élection présidentielle sur l'égalité des chances, puis apparentée au groupe socialiste, elle fut à nouveau députée de la première circonscription de Guyane en 2002. Infatigable, en juillet 2006 elle brigua l'investiture du PRG pour l'élection présidentielle de 2007, puis renonça pour rejoindre Ségolène Royal ou elle obtint le poste de déléguée à l'expression républicaine. Elle fut réélue en 2007 toujours dans la première circonscription de Guyane. En 2008 elle fut chargée par Nicolas Sarkozy d'une étude sur les accords de partenariats économiques entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique ou elle émit de lourdes critiques. En 2010, en tête d'une liste divers gauche à l'élection régionale, elle fut battue par Cayenne Rodolphe Alexandre UMP. La même année elle soutint Arnaud Montebourg aux primaires socialistes pour l'élection de 2012. Militante pour l'indépendance de la Guyane, elle abandonna cette position à l'arrivée de François Mitterrand en 1981. Elle donna son nom à la loi française n° 2001-434, votée le 10 mai 2001, qui reconnut comme crimes contre l'humanité la traite négrière.

Personnage incontournable de la vie politique par son influence dans les DOM, elle est qualifiée d’électron libre. C'est donc une femme de convictions et ses positions politiques sont mûries depuis longtemps.

Ses difficultés, en tant que garde des Sceaux, sont l'injustice d'une propagande de l'opposition depuis 2002 lorsque Sarkozy devint ministre de l'intérieur écrasant son prédécesseur Daniel Vaillant sur le laxisme de la gauche, qui laisserait les criminels en liberté. Et la seule pensée qu'elle puisse modifier la politique pénale fit que, de Marine Le Pen à Eric Zemour que je croyais plus intelligent, jusqu'à Copé, les invectives furent violentes, «on a voté Marine Le Pen on a Taubira à la justice». Une chose est certaine, elle n'est pas Rachida Dati qui allait recevoir ses ordres de l’Élysée. C'est une autre pointure.

Comme de nombreux responsables Christine Taubira veut changer le visage de la prison. Outre le fait qu'elle veut supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs de 16 à 18 ans, elle veut moins de répression. C'est l'opposé de la politique de Nicolas Sarkozy qui était axée sur plus de sévérité. Le sens de sa politique est la primauté de l'éducation et à la réinsertion sur la sanction prônée par l'ordonnance de 1945 qui sert de fondement à toute l'organisation de la justice des mineurs. Une partie importante des magistrats chargés de la jeunesse, mais aussi des éducateurs, n'avaient pas cessé de protester contre les récentes mesures jugées trop répressives. Dans ce cadre, elle veut rompre avec le tout carcéral.

Entasser les délinquants comme actuellement ne mène qu'à les rendre plus aptes à la récidive, et de plus comme les prisons sont pleines, de nombreuses peines pour emprisonnement ne peuvent être exécutées. Son objectif est donc plus de places en 2017, 63.000 contre 57.400 actuellement, alors que gouvernement précédent prévoyait 80.000 places dans cinq ans. Le taux d'occupation est actuellement de 115,2 % avec 66.126 détenus, il est légèrement inférieur à celui de juillet dernier avec 67.376 détenus. Pour elle, il s'agit de créer des conditions d'incarcérations dignes par des rénovations, et de nouvelles constructions. La création de nouveaux centres de rétention est conditionnée à l'examen des projets de la précédente majorité qui, ferait apparaître, qu'ils n'étaient pas correctement proportionnés par ce qu'il n'y avait pas eu d'étude, et surtout qu'ils n'étaient pas financés. Il est certain que la surcharge carcérale limite la préparation à l'insertion. L'équation est difficile l'état de nos finances ainsi que celui des prisons laissé par la droite limite toute action d'amélioration dans le court terme.

Au Conseil des ministres du 19 septembre 2012, elle a présenté sa ligne pénale, fin de l'automaticité des peines, aménagement des peines, mais aussi accompagnement des victimes. Cette politique est fondée sur la triple exigence de fermeté, d'efficacité de la lutte contre la délinquance et du respect des droits fondamentaux. Ces orientations ont été transmises aux procureurs. Toute décision doit être individualisée, même dans les contentieux répétitifs, circulation routière, vol à l'étalage, en tenant compte «des éléments de fait, du contexte et de la personnalité des mis en cause». Le but est donc de vider les prisons de tous les condamnés qui pourraient bénéficier d'autres peines, plus adaptées à leur sort. Christiane Taubira demande aux procureurs que «toute peine d'emprisonnement, et plus particulièrement les peines anciennes ou inférieures à six mois, soit réexaminée et que soit "envisagée l'exécution de la peine sous une modalité adaptée"». Lire le compte rendu du Conseil des ministres ici.

On sait que la France est devenue un pays ou l'on emprisonne à tout va, on constate aussi que nombreux sont les délinquants libérés qui récidivent et cela conduit à l'aggravation de cette surpopulation. Les libérés reviennent. D'ailleurs, la France est montrée du doigt. Il s'agit d'agir selon une recommandation adoptée par le Conseil de l'Europe le 11 janvier 2006.

Le chantier est immense, nous accusons un retard considérable. Depuis dix ans, le système pénal est engagé dans une course folle, qui est aussi une course à l'abîme, notent une soixantaine de magistrats et chercheurs dans un manifeste, publié le 12 juin par Libération. Véritable frénésie législative, 29 lois pénales votées en 10 ans générant une augmentation continue de la sévérité des peines. «Les résultats de cette politique doivent être pris pour ce qu'ils sont, le témoignage d'un échec et la promesse d'une faillite».

Depuis 2002 les gouvernements ont adoptés 55 textes qui ont alourdi le niveau des peines. En 2001, 20. 837 personnes ont été écrouées, et 88. 058 en 2011, la durée moyenne de détention a augmenté de 8,1 mois en 1999 contre 9,8 mois en 2011. Les peines de plus de vingt ans sont passées de 1.252 en 2000 à 2. 291 en 2011, pour le laxisme des juges il faudra repasser. Pour remédier, le gouvernement précédent, tout en prônant une grande fermeté, a doublé le nombre des aménagements de peine, multipliant par cinq le nombre de bracelets électroniques depuis 2005. Nécessité oblige quand on ne sait plus ou mettre les délinquants. Tout cela, avec les 57.400 places à ce jour conduit à un coût faramineux de 95 millions d'euros de loyer en 2010, mais 567 millions en 2017, a prévenu la Cour des comptes, et sans réussir pour autant à contenir la surpopulation carcérale. On voit la débilité mentale de cette politique, données tirés du Monde.fr.

Une étude réalisée par deux chercheurs du ministère de la Justice, portant sur 7.000 dossiers de détenus libérés entre juin et décembre 2002. Il en ressort que 59% d'entre eux furent recondamnés dans les cinq ans suivant leur remise en liberté. Pour 46 % d'entre eux, il s'agit d'une peine de prison ferme, détaillent Annie Kensey et Abdelmalik Benaouda, du bureau des études et de la prospective de l'Administration pénitentiaire. Leur travail montra que le taux de récidive varie selon la nature de la peine initiale, les trois quarts des condamnés pour vol, 74%, ou coups et blessures volontaires 76%, écopèrent d'une nouvelle condamnation dans les cinq ans contre 19% des auteurs de viol sur mineur, ces derniers n'écopant d'une peine de réclusion criminelle que dans 0,6% des cas.

Les mineurs seraient particulièrement exposés, les trois quarts ont écopé d'une nouvelle condamnation dans les cinq ans. Les femmes 34% sont deux fois moins recondamnées que les hommes 60%. Les personnes qui se déclarent mariées sont moins recondamnées que celles qui sont dans une autre situation 38% contre 61%. «Le taux de recommandation des libérés de nationalité étrangère est moins élevé que celui des libérés de nationalité française. Cependant, pour les étrangers la connaissance du casier judiciaire est moins certaine», selon l'article tiré de TF1 News.

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