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  • Les voltes face de François Hollande et d'Arnaud Montebourg sur le dossier PSA,

    pensait-ils vraiment ce qu'ils annonçaient ?

    Support Wikipedia Le 14 juillet lors de son interview au ministère de la marine François Hollande déclara au sujet de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay «l’État ne laissera pas faire», voir, La réponse de François Hollande à l’ultimatum de Peugeot. «L’État ne peut pas rester indifférent, la direction de Peugeot a nié être dans la réflexion de ce plan, je considère qu'il y a eu mensonge, sur le "timing" de l'annonce, et report après les élections». «Je considère ce plan inacceptable». Mais ensuite «nous pouvons faire en sorte qu'Aulnay reste un site industriel, il faut que le nombre d'emplois soit réduits», sibylin, c'est déjà autre chose. Comment analyser ces propos au vu de l'évolution de ce dossier, ou il apparaît que l’État est bien impuissant pour faire ce qu'il prétendait de faire, c'est à dire ne pas laisser faire.

    Ce qui choque c'est le terme «mensonge sur le timing», qui est accusé de mensonge ? La direction de Peugeot ou le gouvernement précédent qui aurait pu, par suite des élections, demander à Peugeot de retarder l'annonce de ces 8.000 suppressions d'emplois dont 3.000 sur le site d'Aulnay ? C'est probablement les deux qui avaient un intérêt politique à ne pas mettre cette bombe dans la campagne présidentielle. Mais est-ce un mensonge pour autant, non puisqu'ils n'ont pas été interrogés, ils n'ont donc pas mentis ! Ils ont tout simplement masqué la réalité à un éventuel président. Politiquement c'est malhonnête, mais pas un mensonge.

    On sait qu'il y a eu un plan secret qui prévoyait la fermeture de l'usine d'Aulnay, titrait Le Monde le 09/06/11. C'est une note interne du 23 août 2010 rédigée par la direction des programmes et la direction industrielle qui dévoilait déjà le 08 septembre 2010 un plan secret, que le journal a pu lire puisque le syndicat CGT en avait les éléments.

    François Hollande connaissait-il ce plan secret ? Si oui, il n'y pas a eu mensonge puisque Le Monde l'annonçait le 09/06/11, mais Le Monde n'est pas Peugeot qui par ailleurs démentait l'existence de cette note, si non, il y a eu simplement une manœuvre politique qui n'est pas réellement un mensonge, mais cela peut s'admettre. Curieux que François Hollande ne puisse connaître ce plan avec les moyens d'information à sa disposition ? Faut-il donc accuser François Hollande d'un propos irresponsable ? Difficile à prouver, et c'est l'opinion seule qui en est la juge.

    Ensuite ce fut le ministre du redressement productif le 18 juillet, «nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l'alliance avec Général Motors, le comportement de l'actionnaire».

    Puis, «nous n'avons pas confiance dans ce que nous dit aujourd'hui la direction de Peugeot, il y a eu des dissimulations», mettant en cause le versement de dividendes en 2010. «Je veux voir l'actionnaire savoir ou il va !». Tout cela sur un ton qui ne pouvait qu’irriter la famille Peugeot. Un manque de tact évident eu égard à une grande entreprise internationale qui a fait des fautes stratégiques, mais qui donne du travail à des centaines de milliers de personnes, des paroles comme celles là il y en a malheureusement trop. Mais sur le fond Montebourg a raison, il y a eu dissimulation, mais de versements de dividendes. Le dossier Peugeot est maintenant à gérer par le gouvernement avec les syndicats et au frais des Français, si des salariés se retrouvent au chômage. Comment croire que Peugeot puisse retrouver du travail à ses 8.000 salariés ?

    Il faut savoir que depuis le 6 mai Peugeot reçoit des aides de l’État, et de ce fait l’État est engagé dans l'entreprise. PSA a bien remboursé le prêt de 3 milliards reçus en 2009 en échange duquel, il s'était engagé à ne pas fermer d'usine en France. Ses aides de l’État sont dans le cadre du crédit d'impôt recherche, et du chômage partiel. Mais, Peugeot a aussi bénéficié de la prime à la casse et du bonus malus pour les petits modèles. L’État a payé et paie encore, il a donc son mot à dire.

    Dimanche 09 septembre au soir sur TF1 François Hollande avait des propos plus modérés, l’État «accompagnera» le mouvement de reconversion des salariés concernés par le plan social. Et d'ajouter, «lorsque ce sont des plans sociaux engagés, c'est aux partenaires de les négocier». «Ils doivent trouver des compromis pour qu'il y ait moins d'emplois supprimés et plus de reconversions, l’État accompagnera ce mouvement de reconversion», il entre dans le jeu de Philippe Varin. Il montre ainsi son impuissance, il n'a pas de moyen légaux pour empêcher la fermeture du site d'Aulnay. De plus, Peugeot est en sûr capacité de production par rapport a son carnet de commande et perd 200 millions d'euros par mois, et l’État ne peut lui apporter des commandes, mais ses aides lui donne un poids pour négocier le reclassement des salariés.

    Il faut se rappeler le propos de Lionel Jospin lorsqu'il déclara en septembre 1999, «il ne faut pas tout attendre de l’État» à propos des 7.500 licenciements de Michelin, cette expression fit l'effet d'une bombe. Ajoutant, «je ne crois pas qu'on puisse administrer désormais l'économie. Ce n'est pas par la loi, les textes, qu'on régule l'économie». Reste que la situation de PSA est différente et que l’État possède des leviers comme nous venons de le voir, et s'il ne peut empêcher que le site d'Aulnay soit abandonné par Peugeot, il peut faire en sorte qu'il continue à vivre avec d'autres productions.

    Et c'est là qu'intervient le fameux projet de loi qui devrait obliger une entreprise, qui veut fermer une usine, à chercher un repreneur. Projet de loi qui doit être présenté la semaine prochaine au parlement. Ce projet conditionne la poursuite de l'activité des établissements viables, notamment lorsqu'ils sont laissées à l'abandon par leur exploitant. C'était une promesse de François Hollande.

    Le 11 septembre l'enquête sur la stratégie commerciale et la gestion économique de Peugeot tant attendue de l'expert Emmanuel Sartorius, nommé par Arnaud Montebourg, paraissait. Elle indiquait que la restructuration en cours était nécessaire. «La nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable», jugeait M. Sartorius. Mais il jugeait aussi que le plan concocté par PSA ne doit pas porter uniquement à réduire les pertes en taillant dans les dépenses. Il déplora en outre le manque de dialogue entre la direction et les salariés avant cette décision de fermeture d'Aulnay-sous-Bois. Il reprocha de plus la stratégie concernant l'usine de Madrid, qui souffre de nombreux défauts, usine ancienne, faible capacité, en ville, éloignée des fournisseurs. Il faut savoir que l'usine d'Aulnay est une usine moderne, c'est donc pour un tout autre motif que Peugeot l'abandonne pour celle de Madrid. Le coût de la main d’œuvre probablement. Les sites de PSA en France ne sont pas assez compétitifs, et il va chercher ailleurs un coût de main d’œuvre plus faible même si l'usine n'est pas performante.

    Pour Arnaud Montebourg le plan reste toujours inacceptable en l'état et de plus, il estime qu'il a validé ses propos. «La raison pour laquelle nous le considérons toujours inacceptable en l'état, c'est que nous ne savons pas si ce plan est un plan de rétrécissement, de repli, ou si c'est un plan de reconquête», a-t-il déclaré sur France Inter.

    Arnaud Montebourg par franceinter

    Sous cet angle «inacceptable» ne veut signifier l'interdiction de licenciements des 8.000 salariées comme on aurait pu le penser au début du dossier, mais tout autre chose, la gestion du plan. Quand au mot reconquête, nous prendrait-il pour des imbéciles ? Finalement le plan est admis, alors qu'il ne l'était pas. Arnaud Montebourg en fin avocat, nous manipule sur le mot inacceptable.

    Lors de son voyage à Rennes le même jour que la parution du rapport, François Hollande déclara devant les responsables syndicaux de l'usine PSA de La Janais près de Rennes, «que les pouvoirs publics feront tout pour pouvoir réduire l'ampleur des suppressions de postes». «La volonté qui est la mienne, c'est le sens du dialogue que j'ai eu avec ces représentants, c'est de dire que nous devons tout faire pour réduire le nombre de suppressions d'emplois». «C'est l'objet de la négociation qui va s'ouvrir». Il ajouta à ces responsables syndicaux que les pouvoirs publics interviendraient également pour «faire en sorte qu'il y ait un nouveau véhicule sur Rennes en 2016, avec un volume suffisant pour assurer non seulement la pérennité du site mais son avenir». «C'est un engagement du président de Peugeot», a-t-il souligné.

    Quand au ministre du redressement productif, il a reconnu la nécessité du plan de restructuration de PSA, appelant à un dialogue social exemplaire. Montebourg reconnaissant que PSA est réellement en difficulté et a besoin de restructuration, et le ministre de proposer une négociation tripartite, État, syndicats, direction, pour rediscuter du plan social.

    On est loin des déclarations du début, et c'est normal. Il faut que les divergences s'estompent, par une analyse plus raisonnable du gouvernement. Il est certain que le gouvernement se trouvait en infériorité par rapport à Peugeot qui tient les ficelles comme on dit. Peugeot est maître chez lui, et subit une crise. Ces 8.000 licenciements qui n'en seront peut être pas tous ne pèsent rien par rapport aux milliers d'emplois qu'il assure. Que ce soit un déchirement pour ces salariés c'est incontestable, mais maintenant il faut négocier positivement pour atténuer autant que faire se peut leur désarroi.

    Le 20 septembre l'intersyndicale de Peugeot Aulnay fut reçue par François Hollande, alors que des salariés manifestaient dans la rue de l’Élysée aux cris, «le changement c'est le néant».

    Document Libération.fr, Photo Bertrand Langlois. AFP.

    Au cours de cette réunion, le président s'est engagé à des négociations tripartites syndicats, direction de Peugeot et État. Quand au gel des licenciements il n'y a eu aucun engagement du président.

    «Nous sommes satisfaits d’avoir obtenu la réunion tripartite avec le soutien ferme du président, mais il ne s’est pas engagé sur un gel du plan le temps de ces négociations», déclara Tanja Sussest, déléguée du syndicat majoritaire à Aulnay, à sa sortie de l'Élysée. Quand au délégué CGT Jean-Pierre Mercier qui attaque tout azimut, «les négociations auront lieu site par site». «Il s'agit d'obtenir le maximum de garantie sur le maintien de l'emploi, c'est une revendication unanime des syndicats» a-t-il aussi déclaré. La première réunion tripartite devait avoir lieu avant le 15 octobre.

  • Le cumul emploi retraite des retraités actifs,

    des inégalités, et complexe sur les formes de cumul.

    Support Wikipedia Dernièrement nous avons vu à la télévision lors d'un journal de France 2 l'évocation du cumul emploi retraite, comme complément à une retraite insuffisante eu égard aux difficultés de vie de nombreux retraités. Il s'agissait de personnes qui travaillent en étant déclarées, ce qui ne représentent qu'une minorité parmi toutes celles qui font des petits boulots au noir. L'exemple portait sur une femme élégante et bien mise probablement d'un bon niveau social qui avait trouvé du travail à coté de son domicile. Ce travail, dans un salon de coiffure, concernait l'accueil ainsi que les petits soins aux clientes dont l'attente, d'être bien coiffées, sous les énormes casques chauffants, est désagréable. Ma réflexion fut de dire cette femme n'a pas besoin de travailler, avouant elle-même, d'ailleurs, qu'elle ne pouvait se résigner à s'arrêter. La situation qu'elle a montré colle bien avec celle de l'étude de l'IGAS sur l'évaluation du cumul emploi retraite qui nous apprend que les retraités actifs sont souvent des hommes et des femmes aux revenus suffisamment élevés.

    Les données générales de la DREES et de l’INSEE comme celles des régimes sont convergentes sur les caractéristiques des retraités-actifs, qui sont plus souvent des hommes, mais que la part des femmes augmente, notamment dans le régime général. La période de cumul reste courte et s'apparente à une mise en route d'une fin de carrière.

    La difficulté est de cumuler une pension avec des revenus de régimes différents, bien qu'ancienne, a toujours été possible. Le cumul d'une pension au sein d'un même régime fut restreint en 1982, puis élargi mais plafonné en 2003 puis libéralisé en 2009. Il faut comprendre que cette possibilité de cumul permet d'accepter plus facilement une réduction de sa retraite, c'est d'ailleurs dans ce but que le cumul fut élargi.

    Les auteurs du rapport mettent en garde que le cumul emploi-retraite doit se faire dans le cadre d'une plus grande justice sociale, et d'une clarification des choix des retraités. Il est évident que ce cumul a pour conséquence d'éviter l'embauche d'un sénior chômeur depuis plusieurs années, même si ce n'est pas clairement écrit.

    Le rapport prétend même du contraire puisqu'il favoriserait l'emploi des plus de 60 ans, il apporterait la souplesse dans l'aménagement de la fin de carrière, il aurait un impact sur la pérennité financière des régimes de retraite. Mais par ailleurs la mission préconise une clarification. La liquidation de toutes les retraites préalablement au cumul, et la généralisation d'une cotisation non productrice de droits à partir du démarrage du cumul.

    La France connait depuis 2004 un fort développement dont il n'est pas possible de donner le nombre exact de retraités actifs que la mission, des membres de l'Inspection Générale des Affaires Sociales, estime autour de 500.000 personnes pour l'année 2010, estimation qui rejoint celles de l'INSEE et de la DRESS pour les années antérieures. Les estimations dans les différentes caisses donnent près de 400.000, (chiffre provenant de sources différentes, allant des salariés et exploitants agricoles, aux fonctionnaires, artisans commerçants et professions libérales), le nombre de retraité-actifs intra-régime dans le régime général en 2010 serait de 300.000 soit plus de 70 %. La difficulté que fait apparaître ce rapport réside dans ce quoi le cumul s'effectue, il est soit dans une retraite inter-régime, soit dans un intra-régime intégral. Comme sa définition l'indique l'inter-régime se rapporte à des retraités qui perçoivent une pension, (une rémunération), d'un régime exerçant une activité relevant d'un autre régime que celui qui leur verse leur pension. L'intra-régime intégral permet de cumuler sa pension avec tous ses revenus d'activité. C'est celui qui est le plus règlementé et le plus utilisé. Il implique que le retraité ait, liquidé toutes ses pensions et de bénéficier du taux plein, effectué la rupture de son contrat de travail, ainsi que la signature d'un nouveau contrat. De plus, il impose un délai de carence de 6 mois avant de reprendre une activité chez le même employeur.

    Ces conditions font que des inégalités sont présentes,

    • inégalités d’accès au cumul emploi retraite, selon la situation des personnes pouvant liquider leur retraite, notamment en termes de durée d’assurance.
    • inégalités qui s’appliquent également aux conditions d’exercice du cumul, puisque, dans le cumul emploi retraite inter-régime les cotisations versées au titre de la retraite dans le nouveau régime d’affiliation sont productrices de droit, alors que tel n’est pas le cas en cas de cumul dans le même régime.
    • et une très grande complexité liée à l’application de ces différentes formes de cumuls, qui constitue une perte de droit pour les personnes les moins informées.

    Dans le régime général la progression est impressionnante en volume, compte tenu du nombre d’affiliés à ce régime. La part des retraités-actifs de moins de 75 ans dans l’ensemble des retraités de cette tranche d’âge est de 3,6 % sur 14 millions de retraités déclarés qui travaillent tout en touchant une pension. Cette part a augmenté de l’ordre de 1,7 points en quatre ans, soit un quasi doublement, entre 2006 et 2010. En 2005 l'effectif était de 119.500 pour passer à 310.000 en 2011, ce qui donne une progression de 10,6 % par rapport à 2010. Malgré cette progression, on constate que depuis 2007 ou l'effectif était de 170.513 retraité-actifs elle chute de 24,4 % à 10,6%. L'attrait au cumul s'il reste important en valeur spécifique marque un recul en pourcentage.

    Le profil des retraité-actifs du régime général correspond majoritairement à 50 % et 51 % pour un retraité entre 60 et 64 ans hommes et femmes. Entre 65 et 69 ans le pourcentage tombe à 29 % et 31 %. A plus de 75 ans ils n'en resteraient que 5 %. Comme précisé au début de cet article, les retraités actifs ont un niveau de vie plus élevé que celui des autres retraités. Cela doit s'expliquer par le fait qu'ils sont physiquement moins éprouvés. 38 % des retraités actifs se situent dans le 4ème quartile de l'échelle au sens de l'INSEE du niveau de vie. Le quatrième quartile correspond à un niveau de vie supérieur à 25.930 €. Le premier quartile se situe à 14.100 €.

    Ce qui est intéressant de noter est le salaire annuel perçu par les retraités actifs. En 2010 la moyenne pour les hommes est de 6.200 € et de 5010 € pour les femmes. L'écart entre les plus bas salaires décile D1 selon l'INSEE est de 205 € pour les hommes et de 240€ pour les femmes et le plus élevé décile D9 16.800 € hommes et 13.224 € femmes. Cette dispersion salariale ne peut être rapprochée de celle des salariés qui ne sont pas retraités.

    L'activité des retraités s'exprime le plus souvent à temps partiel et leur durée est de moins de deux années pour près de 50 % des retraités du régime général. Il faut voir que les retraités actifs sont le plus souvent ceux qui étaient en emploi au moment de la prise de retraite, cette situation est favorisante. Au régime général, pour les (liquidants) de 2004 à 2006, parmi les retraités-actifs, 80 % des hommes et 74 % des femmes étaient en emploi l’année précédant la liquidation contre respectivement 51 % et 35 % pour l’ensemble des retraités.

    L'activité après la retraite est bien souvent le besoin d'un complément de salaire, et pour cela, et pour ceux qui veulent s'en donner la peine, les sites sur internet ne manquent pas. Le site seniorsàvotreservice.com recense quelques 50.000 CV de retraités, deux fois plus qu'en 2011. On y trouve de tout, cela va de la garde d'enfants, au soutien scolaire en passant par le bricolage et le jardinage, à la mécanique, aux sondages à la vente et au télémarketing. Selon ses responsables, ce site met 2.500 mises en relations entre un demandeur et un employeur en moyenne par mois. BiTWiiN.com est un autre site qui propose des emplois séniors dans toutes sortes de catégories.

    Il faut voir que nombreux sont les retraités qui ne reçoivent qu'une faible pension de l'ordre de 600 € par mois, en dessous du seuil de pauvreté, et beaucoup sont des femmes seules par ce qu'elles n'ont pas souvent cotisées étant restées au foyer pour élever leurs enfants.

     

  • L'Europe vers plus de fédéralisme à pas feutrés pour ne pas entendre

    la perte de notre souveraineté ?

    Support Wikipedia Lorsque François Hollande obtint le feu vert du Conseil constitutionnel pour que la règle d'or, partie active du TSCG, puisse être votée par une loi organique sans avoir recours au référendum, il s'en réjouissait. Pour lui, l'acceptation par le Conseil constitutionnel d'une loi organique préservait notre souveraineté, puisque c'est une institution Française qui en donnait l'autorisation. Nous restions entre nous. D'ailleurs, le texte du traité signé par 12 États membres dont la France le 02 mars 2012 sur les 25 États restants de la zone euro, puisque deux États ont d'ores déjà refusés, précise que les États membres devront transposer cette «règle d'équilibre budgétaire» dans leurs systèmes juridiques nationaux au moyen de dispositions contraignantes, permanentes et de préférence constitutionnelles. Voir La règle d'or n'a pas à être inscrite dans la constitution. Le texte à l'étude, présenté au conseil des ministres le 19 septembre, doit être soumis à la fin de septembre au Parlement pour ratification puis au Sénat, il éclairera sur les contraintes qui y sont inscrites. D'ores et déjà ses grandes lignes sont connues, voir Jamais depuis des décennies, un gouvernement n’a été confronté.

    Depuis deux évènements se sont produits.

    Le premier, le jugement du 12 septembre de la Cour constitutionnelle allemande qui donna quitus au président Allemand Joachim Gauck pour signer les textes de loi sur le futur fonds de secours MES et le Pacte de stabilité adoptés par le Parlement du pays fin juin, accréditant l'action d'Angela Merkel, mais contre lesquels plusieurs plaintes furent déposées par la gauche radicale Die Linke. Les juges estimèrent que la loi approuvant le MES était «en grande partie en conformité avec l'exigence constitutionnelle et que la souveraineté budgétaire demeurait entre les mains du Bundestag». Ce qui va dans le même sens que ce qu'exigeait François Hollande. Le président de la Cour, Andreas Vosskuhle, fixa plusieurs conditions à la ratification définitive des traités, notamment les prérogatives des députés Allemands en matière budgétaire. Il précisa que le MES, ne pourrait être adopté que si la participation Allemande au fonds est explicitement plafonnée à 190 milliards d'euros. Les Allemands veulent bien de la zone euro mais jusqu'à une certaine limite financière. Toutefois, ce montant ne pourra être augmenté, ainsi que l'utilisation de ce fonds dans le cadre d'aides aux pays en difficulté, qu'avec l'approbation du parlement. En d'autres termes, oui au MES mais avec l'accord du Bundestag pour son application. C'est la surveillance permanente de l'exécutif.

    Le second évènement concerna les Néerlandais qui votèrent pour les partis pro-européens libéral et travailliste le mercredi 12 septembre confirmant ainsi l'ancrage des Néerlandais dans l'Europe de l'euro, malgré l'austérité dont ils souffrent comme d'autres. L'extrême droite de Geert Wilders ainsi que les socialistes euros septiques d'Emile Roemer furent battus. Le libéral Mark Rutte, obtiendrait 41 sièges de député et le travailliste Diederik Samsom, 37 sièges ce qui devrait conduire, malgré des divergences sur l'austérité prônée par les libéraux, à une coalition, à confirmer puisque ce ne sont que des résultats partiels, de 78 sièges sur 150 offrant la majorité absolue aux pro-européens.

    Nous assistons à une ligne pro-européenne incarnée d'un coté par François Hollande avec le parti travailliste de Diederik Samsom qui lui est proche, et la CDU d'Angela Merkel avec le libéral Mark Rutte. Si l'on fait le tour des grandes capitales Européennes on constate que c'est la rigueur qui l'emporte, avec la Grèce et le Portugal, malgré les souffrances qu'endurent leurs citoyens. A partir de ce constat, est-ce que cela n'engage pas à plus de fédéralisme, c'est à dire à une perte de souveraineté ?

    José Manuel Barroso devant le parlement Européen le mercredi 12 septembre fit l'esquisse d'une fédération d'États-nations. N'ayons pas peur des mots clama-t-il en avançant un programme qui va bien au-delà de 2014. «Nous devons aller à un partage de souveraineté par les États nationaux». La Commission fera une série de propositions pour avancer dans cette direction dans le cadre du traité de Lisbonne. «Nous devons progresser vers une fédération d’États-nations. C’est notre horizon politique», dit-il dans son discours sur l’état de l’Union. «Il s’agit d’une union avec les États membres et non contre les États membres», ajouta-t-il. La chancelière Angela Merkel plaida pour cette révision du traité de Lisbonne qui, verrait in fine la Commission européenne devenir le gouvernement de l’Union avec un Parlement européen doté de pouvoirs importants pour la contrôler, le Conseil européen devenant le «Sénat» de l’Union.

    Elle estima que c’est une conséquence inévitable des progrès réalisés sur la voie de l’Union économique et monétaire entrepris à l’occasion de la crise de l’euro, et notamment de la solidarité dont firent preuve les États membres pour venir en aide aux pays en difficulté comme la Grèce ou l’Espagne.

    François Hollande plaida pour une «intégration solidaire» qui verrait chaque progrès vers la solidarité accompagné de pas vers plus d’intégration politique. Un fédéralisme, pas à pas, mais en douceur.

    La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, souligna après l’intervention de José Manuel Barroso que le mot fédéralisme n’était pas «tabou» mais qu’elle n’avait «pas entendu le président de la République le prononcer». «Ce qui est sûr, c’est que face aux difficultés de la zone euro, nous nous en sortirons avec davantage d’Europe, mieux d’Europe plutôt que moins d’Europe», aurait-il dit lors du compte rendu du Conseil des ministres. «Tout ce qui a été entrepris pour la réorienter va dans les sens d’une plus forte intégration politique». Et comme Angela Merkel, «il annonce la révision des traités fondateurs comme inéluctable !».

    Le 17 septembre Angela Merkel dans sa conférence de presse s'est sentie des ailes. Pour elle d'ici la fin de l'année il devrait y avoir une coopération plus étroite de la zone euro. «Nous devons prendre des initiatives supplémentaires. Étant donné que la résolution de cette crise relève essentiellement du domaine politique, nous devons faire ce que nous n'avons pas suffisamment fait au moment de la création de l'euro, c'est-à-dire avoir plus de coordination et de responsabilité», a-t-elle déclaré. Elle prépare la CDU aux prochaines élections législatives de 2013.

    Et voilà c'est parti, chacun fait son fédéralisme contre l'avis des peuples, n'est-ce pas se mettre en danger de les engager ainsi dans ce qu'ils rejettent majoritairement. Les questions de souveraineté sont cruciales, et engager les Français sans leur avis serait une grande faute politique, conduisant à un pays ingouvernable. Autant j'ai été favorable à l'adoption de la règle d'or Française par le TSCG par ce qu'elle implique la rigueur budgétaire, autant je suis contre toute intégration dans une fédération, mais je ne confond pas les deux comme le font Europe Ecologie-les-Verts, le parti de gauche et les communistes.

    Le Conseil fédéral d'Europe Écologie les Verts s'est prononcé le samedi 22 /09 contre le TSCG, mettant ses députés dans une situation délicate. Ne pas voter le TSCG revient à s'opposer au socialistes qui pourtant les ont aidés à devenir députés. La campagne présidentielle d’Éva Joly fut un échec cuisant quand aux législatives sans l'appui des socialistes, nombreux ne seraient pas députés. Ne leurs ont-ils pas laissées 60 circonscriptions ! Cette situation fit que Daniel Cohn-Bendit déclara, ce n'est plus Europe Ecologie-les-Verts, c'est les Verts. «C'est de l'incohérence totale, voter contre le traité et pour le budget, c'est n'importe quoi», clama Cohn-Bendit. J'ai mis ma participation à ce mouvement entre parenthèses. Voilà l'intelligence de ces politiques qui jouent à cache cache. Des irresponsables, on est dans une majorité ou pas. S'ils ne peuvent accepter la politique clairement affichée de François Hollande au cours de sa campagne, et bien, il faut qu'ils partent, ou qu'ont les virent, puisqu'ils ne sont pas un parti de gouvernement. Là dessus Cécile Duflot lundi 24/09 au journal de la 2 interrogée par David Pujadas fit un numéro d'équilibriste que seul Jean-François Copé sait le faire quand il est en forme. Naviguant entre son maintien dans le gouvernement et son adhésion à son groupe politique, elle réussit malgré les instances de David Pujadas à ne pas prononcer le fameux sigle TSCG. Elle ne démissionnera donc pas ni du gouvernement ni de EELV. Il convient donc d'attendre le vote des députés EELV pour attendre la décision du gouvernement.

    Dans un entretien à Mediapart Jean-Marc Ayrault explique que l'Europe est un combat à la suite du refus par Europe-Écologie-les-Verts de voter le TSCG.

    Jean-Marc Ayrault : « l'Europe est un combat » par Mediapart

    Aujourd'hui les Français voteraient à 64 % contre Maastricht, accusant l'Europe de tous leurs maux.

    Je veux rester Français, et je suis contre ceux qui ne le sont pas viennent, dans une majorité Européenne imposer leurs vues. Ce ne sont pas les technocrates de Bruxelles qui doivent penser pour nous. Nous subissons deux crises, l'une internationale de la finance mais qui n'a rien à voir avec l'U.E, et l'autre la perte de notre industrie par les délocalisations dues à l'ouverture des frontières dans l'espace Schengen. À cela, si on ajoute la baisse du pouvoir d'achat due à l'euro, on se rend bien compte que l'Europe telle qu'elle est, en libéralisant les marchés et privatisant nos grandes administrations, regardez GDF et EDF, ne nous pas apporté de meilleures conditions de vie. Les pays de la zone euro sont trop différents de nous en structure et conditions de vie. Notre système de santé et de retraite avec la sécurité sociale est unique, nous sommes latins et nous n'acceptons pas facilement des directives qui seraient émises par d'autres. La France est un grand pays et doit le rester, elle est un exemple pour beaucoup d'autres, accepter d'être fédérés dans une Union européenne ferait courir au pays des grands risques, si on ne lui demande pas son avis.

    La souveraineté est le fruit de ce que d'autres ont fait au sacrifice de leur vie pour notre indépendance.

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