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L'Europe cherche un driver,

selon le Financial Times du 18/07/12 par Gerrit Wiesmann. La prudence des consommateurs Allemands peut-elle rééquilibrer l'économie du Continent ?

Support Wikipedia Tobias Geisbert est un ouvrier Allemand qui travaille chez Mercédès Benz. Pour lui avoir plus d'argent se justifiait, et il n'en a jamais autant été question eu égard au prix de l'essence. Et il ajoute qu'il estime évident d'avoir eu une hausse de salaire supérieure à l'inflation, il en avait besoin. Tobias Geisbert qui a 24 ans construit des moteurs pour Mercédès Benz comme 3,6 millions de salariés de l'industrie automobile et des secteurs liés à l'ingénierie, la colonne vertébrale de l'économie Européenne. En mai, il a eu une grosse augmentation salariale de 4,3 % même si les négociations syndicales portaient sur 6,5 %. Selon lui, les accords négociés dans les secteurs porteurs de l'économie sont satisfaisants. Les salaires moyens n'avaient été augmentés que de 2 % l'année précédente. D'autre part, le réajustement des salaires en 2012 avec ceux des meilleurs ouvriers de l'industrie automobile ont, dans les deux décennies, plus modéré la croissance réelle des revenus que l'ont fait, les voisins de l'industrie et des syndicats réunis de la zone euro, pour maintenir les salaires et la compétitivité. Une telle contrainte a donné des avantages significatifs aux exportateurs pour vendre plus à de meilleurs prix.

Pour l'auteur la stagnation du salaire moyen à 2 % durant deux décennies justifierait l'affaiblissement de la croissance ce qui aurait donné l'avantage de vendre moins cher. Ce que n'aurait pas fait les pays de la zone euro ?

Mais il y voit un revers, l'incertitude de la situation économique liée a contrainte des salaires ont amoindri l'enthousiasme des consommateurs qui auraient beaucoup investis dans l'épargne durant les décennies passées, enregistrant ainsi des taux d'épargne les plus élevés au monde. Cela aurait eu des conséquences plus étendues. Les principales banques Allemandes qui ont recyclé l'épargne nationale dans des prêts bons marchés dans les économies en pleine expansion de la zone euro auraient favorisé les déficits des comptes courants et les bulles de crédit ruinant les gouvernements d'Athènes à Rome et Madrid. C'est pour cette raison qu'un consensus est apparu pour réparer l'économie de l'Europe dans un rééquilibrage.

Les États du sud voudraient, selon Gerrit Weismann, des salariés comme Geisbert pour acheter plus de produits provenant de la zone euro tandis que l'Allemagne inviterait les pays périphériques à augmenter la compétitivité de leurs produits pour qu'ils soient plus attractifs aux clients Allemands !

Le chef de mission Allemand Subir Lall du Fond monétaire international a déclaré ce mois, l'emploi est fort, le chômage est bas, les salaires montent, que de bons augures pour la croissance à l'intérieur du pays. Dans son rapport annuel du FMI, les éléments du rééquilibrage seraient maintenant en place et en cours.

L'Allemagne serait le pivot du rééquilibrage de l'euro zone selon le correspondant Allemand du Financial Times à Frankfort James Wilson. Des salaires plus élevés et des prix devraient aider les pays à devenir plus compétitifs selon le FMI, comme une reconnaissance de l'Allemagne dans le rôle central du rééquilibrage européen et mondial. L'Allemagne devrait réformer des parties de son économie pour l'encourager à plus de dépenses de ses consommateurs pour booster la demande afin d'absorber les exportations des autres pays selon le FMI. Les concessions des salariés Allemands dans le maintien de leur salaire a aidé l'économie à devenir plus compétitive par rapport aux autres de la zone euro en lutte pour sortir de leurs problèmes.

En termes de marchandises, son excédent commercial est tombé de presque 5 % en 2008 à moins de 3 % à la fin du premier trimestre. Tandis que dans l'austérité des pays du sud de la zone euro, les importations étaient en hausse de 5 %. Les Allemands semblaient acheter plus. La société d'études de marchés Gfk rapporte cette année, que 24 % d'Allemands planifiaient de voyager plus en 2012 qu'en 2011 vers l'Italie et l'Espagne les favoris des destinations européennes.

Après des années de résistance aux appels de stimulation de la consommation Berlin a mangé son chapeau. Un certain nombre de ministres de la chancelière Angela Merkel se sont prononcés en faveur de hausses généreuses. La Bundesbank serait même encline à un taux national d'inflation supérieur à la cible de 2 %. Dans le même temps les sociétés de l'Europe du sud commenceraient à profiter de leurs mesures de rigueur, imposant des contraintes de salaire et des réformes de la sécurité sociale. L'Italie a exporté plus de 11 % de marchandises en Allemagne dans le premier trimestre qu'une année auparavant et l'Espagne a enregistré une hausse de 4 %.

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L'attraction de la consommation germanique a été rejointe par la poussée de produits extérieurs plus compétitifs comme le montre le graphique ci-dessus ou l'on voit une chute à partir de 2008. Le second graphique nous montre que, pour l'Espagne, l'exportation de ses marchandises dépasse ses importations début 2012.

Mais cette image masque le fait que Monsieur Geisbert et ses compatriotes ne sont pas les paramètres principaux du rééquilibrage Allemand. Bien que la consommation privée ait augmentée, elle ne prospère pas. Les consommateurs semblent plus enclins à placer leur argent sur des supports d'épargne que d'acheter des maisons ou des appartements, ou que des dépenses sur des biens de consommation de la zone euro.

Sans s'étendre plus en avant dans l'article du Financial Times qui m'a séduit par ce qu'il m'était en avant l'augmentation des salaires comme facteur de croissance puisqu'elle permet plus d'achats, on se rend compte que finalement la prudence des consommateurs a fait plus grossir l'épargne que la consommation. On pouvait s'y attendre eu égard l'incertitude du lendemain. On s'aperçoit donc que le driver de la zone euro, n'est pas l'Allemagne par ce qu'elle freine toute avancée dans une confiance des consommateurs sur leur avenir. La première des choses serait d'agir sur les dettes souveraines des pays en grandes difficultés, c'est à dire par une prise en compte de leur dette par l'ensemble des pays de la zone euro. La mutualisation de la dette soutenue pas François Hollande par les euros bons irait dans le bon sens.

Si l'Espagne a eu en 2012 une balance commerciale positive sur l'échange de ses marchandises, c'est au prix d'énormes sacrifices sur les salaires des salariés. C'est quelques points de plus, mais insuffisant pour qu'elle retrouve une économie saine.

Le 23 juillet les taux Espagnols et Italiens se sont envolés même avec le paquet de croissance de 120 milliards décidé lors du denier sommet. Il est évident qu'il faut du temps pour qu'il s'applique et qu'il booste la croissance. Ce n'est donc qu'un pansement affecté d'un long temps d'application, l'immédiat reste la prise en compte des dettes souveraines de ces pays. L'agence Moody's mit la note de l'Allemagne sous surveillance négative ainsi que les notes de la France, du Luxembourg et des Pays-Bas. Le risque Espagnol pèse trop sur la première économie de la zone euro. Les marchés imposent à Madrid d'emprunter à des taux près de 8 %. L'austérité a entravé la lutte contre les incendies géants de Catalogne.

Il n'est que temps d'agir.

Le sauvetage des banques Espagnoles n'a pas convaincu les investisseurs, elles sont trop malades. Ce qu'il faut c'est la confiance des peuples et là les décideurs sont absents. Les Espagnols ne peuvent accepter cette austérité, ils sentent bien qu'elle ne mène nulle part avec un taux de chômage de plus de 24 % et chez les jeunes de 50 %.

La dernière manifestation du samedi soir 22 juillet à Madrid qui a rassemblé les chômeurs de toute l'Espagne, le démontre. Le grand responsable est l'Allemagne qui croit que sa politique peut s'appliquer aux autres pays, c'est une grande erreur. Elle n'est donc pas, loin s'en faut, le pivot du rééquilibrage de la zone euro, si elle maintien sa politique actuelle.

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