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La réponse de François Hollande à l'ultimatum de Peugeot,

dans son interview du 14 juillet 2012.

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«L’État ne laissera pas faire» en s'adressant à Laurent Dalahousse, cliquez sur l'image.

Au ministère de la marine.

Le contexte,

Support Wikipedia les sujets avaient été bien muris dans les médias, l'affaire de la fermeture de l'usine Peugeot à Aulnay qui avait été annoncée deux jours auparavant et l'augmentation de la CSG courait sur le Web. Les commentaires allaient bon train. La fermeture de l'usine d'Aulnay par les syndicats, accusant la direction de Peugeot ainsi que le gouvernement précédent de l'avoir cachée couvait depuis longtemps. Seulement mensonges aidant, le PDG Philippe Varin et le gouvernement prétendaient que non, voir le Canard enchaîné du 18 juillet. «PSA: les mensonges de la direction et les prudences de l’État». Les élections perdues par la droite remettaient en cause ce pacte implicite entre Philippe Varin et Sarkozy. «La gauche au pouvoir n'aurait pas les largesses que la droite sans contre parties». Il ne restait plus qu'à Peugeot l'ultimatum sur la fermeture de l'usine. La preuve est flagrante Christian Estrosi, si nous étions en place PSA ne fermerait pas Aulnay. «Il aurait peut-être suffi, il y a deux mois, de regarder comment accompagner par des prêts PSA pour pouvoir répartir la production entre les sites de Sochaux, de Mulhouse, de Rennes et d'Aulnay, et ainsi sauver un site industriel».

Le Monde.fr titrait le 09 juin 2011 que l'usine d'Aulnay était menacée de fermeture. La CGT détenait un plan secret sur l'avenir des sites de production. Ce plan secret fut présenté au comité de la direction générale le 08 septembre 2010 et au comité stratégique de surveillance le 28 septembre. Ce sont donc près de 8.000 salariés qui seraient touchés sans compter ceux des sous traitants. Mais ce sont aussi 200 millions perdus par mois ce qui ferait d'après le Canard entre 1,2 et 1,8 milliards d'euros de pertes pour Peugeot, le sacrifice pour le soutien électoral de Sarkozy coûte cher.

Le constructeur automobile aurait bénéficié de 7 milliards d'euros d'aides publiques ces dernières années alors que c'est un groupe privé, bien entendu sans contre parties, c'est bien dans la droite ligne de la politique droitière, donner l'argent du contribuable sans rien exiger.

Hors de question pour le ministre du redressement productif et pour le gouvernement de laisser passer les 8 000 suppressions d'emplois de PSA Peugeot Citroën. «On ne peut pas accepter quelque chose comme cela» clamait le ministre du redressement productif. Peugeot à reçu 4 milliards d'aides de l’État au cours des années passées, c'est de l'argent donné sans contre partie clamait Marisol Touraine ministre des affaires sociales sur Europe 1. L'opposition clamait que c'était le coût du travail de même que le PDG Philippe Varin, faux !

D'après l'industrie automobile Française, analyse et statistiques de 2010, la production mondiale tous véhicules, place PSA au sixième rang mondial à 3 millions de véhicules soit une baise de - 8,5 %. Renault qui a continué de développer des synergies au sein de son alliance avec Nissan, a construit près de 2,3 millions de véhicules soit une baisse de - 5 % mais reste toujours onzième. La production des constructeurs Français a représenté 8,7 % de la production mondiale, soit moins que le plus haut niveau atteint en 2001 avec 9,8 %, mais plus que les 7,3 % de 1997. Pendant ce temps la production mondiale s'est dégradée de - 13 %. Entre 2008 et 2009 la production Allemande a subi une chute de - 13,8 %, la France - 20,3 %, le Royaume-Uni - 33,9 % et l'Italie - 17,6 %. Trois de ces pays, sauf la France, ont des coûts de production inférieurs aux nôtres et seule l'Allemagne s'en tire bien. C'est donc bien un problème de stratégie de développement et de ventes qui mine la compétitivité de cette entreprise. En misant sur des voitures de moyenne gamme et principalement sur les marchés Français et Européen, alors que la classe salariale moyenne Française est fortement affectée par l'austérité, la vente des voitures s'en trouve très affectée. De plus c'est un marché fortement concurrentiel. Ce n'est pas non plus un problème de charges patronales, comme le précise l'article que j'ai écrit, Le faux problème des charges patronales. Ce ne sont pas les 3,2 % d'écart avec l'Allemagne qui font que Peugeot perd 200 millions d'euros par mois !

Néanmoins François Hollande a déclaré, «nous allons analyser le coût du travail, nous allons alléger les cotisations qui sont sur le seul travail, toutes les ressources seront sollicitées», il y aurait des secteurs à prioriser.

C'est interview a commencé par le bilan laissé par le gouvernement précédent. Une dette de 90 % du PIB, un chômage de 10 % et un déficit extérieur de 70 milliards d'euros, triste bilan !

François Hollande a marqué ainsi son programme restaurer nos comptes, et notre industrie. C'est le défit de son quinquennat. Quelles sont ses marges de manœuvre ? Avant tout redresser nos finances pour attaquer ensuite la politique industrielle. «Nous pouvons faire en sorte qu'Aulnay reste un site industriel, il faut que le nombre d'emplois soit réduits» a martelé plusieurs fois François Hollande. «L'État ne peut pas rester indifférent, la direction de Peugeot a nié être dans la réflexion de ce plan, je considère qu'il y a eu mensonge, sur le «timing» de l'annonce, et report après les élections», mais ça c'est du passé.

Je considère ce plan inacceptable.

Le président «n'écarte aucune ressource» clame-t-il contre les déficits. Comment par une refonte de nos prélèvements obligatoires en intégrant tous les revenus, c'est à dire mêmes ceux du patrimoine. Il est en effet injuste que, dans la situation laissée par le précédent gouvernement, seuls les revenus du travail participent au redressement des comptes publics. Déjà un certain nombre de mesures ont été annoncées.

La suppression des heures supplémentaires défiscalisées. Le travailler plus pour gagner plus est donc terminé, le plus d'équité sociale l'exigeait. Elles toucheraient 9,2 millions de salariés, mais les entreprises de plus de 20 salariés qui les appliquent ne seraient pas affectées. Elles coûtaient à l’État près de 5 milliards d'euros par an, soit une moyenne de 500 euros par an et par salarié selon le rapporteur du budget Gilles Carrez UMP. Une partie de cet argent donnera du souffle à la Sécu. Le problème est que ce dispositif n'a pas, pleinement, profité à ceux qui en avaient plus besoin. Sur les 9,2 millions, il y a beaucoup de salariés qualifiés. Ce sont presque 2,5 milliards d'euros d'impôt que les salariés payeront en plus. Elles auraient détruit 30.000 emplois en 2011 selon l'OFCE, Observatoire Français de Conjoncture Économique. Mais rien ne prouve que cette suppression puisse créer de nombreux emplois, ce sont les entreprises qui en sont maître. Elles ont perdu un avantage, et comme la flexibilité salariale n'est pas admise, il est évident que de nombreux chefs d'entreprise regarderont à deux fois avant d'embaucher. La droite a placé la gauche devant ce dilemme. Mais l'équité républicaine de tous les citoyens devant l'impôt s'impose. Comment peut-on admettre que certains n'en payent pas sur ce qu'ils gagnent alors que d'autres en payent, mêmes les retraités !

Le retour à la taxation de l'ISF aux mêmes conditions qu'avant la réforme Sarkozy, mais avec le même plafond de 1,3 millions d'euros. Une contribution exceptionnelle et une augmentation des droits de succession. Abaissement du plafond de l'abattement en ligne directe, et augmentation des droits de donation. Augmentation des droits de rappel fiscal de 10 à 15 ans sur ces donations, les Echos.fr.

L'autre point reste la CSG qui est à l'étude avec d'autres pistes pour réformer la protection sociale. «Il n'y aura qu'un seul mot dans ma bouche qui sera employé parce qu'il correspond à ce que je veux faire, l'effort, l'effort juste». «Oui, il nous faut faire des efforts, y compris en faisant des économies, y compris en appelant les ressources par la fiscalité de ceux qui ont eu beaucoup du gouvernement précédent», déclarait François Hollande. Depuis quelques temps des bruits circulaient sur une hausse de la CSG de 2 à 4 points. Elle serait un prélèvement à portée plus large que la TVA sociale. Il faut savoir qu'une hausse de la CSG de un point rapporte 11 milliards d'euros, le Canard enchaîné du 11 juillet 2012. Si tel est le cas toutes les classes de la société seraient touchées, et on ne voit pas comment éviter que la classe inférieure ne le soit pas. A moins que cette hausse soit graduée en fonction du revenu déclaré ? Or, 60 % des Français seraient contre cette augmentation. Rappelons que la Cour des comptes chiffrait à 33 milliards les recettes qu'il fallait trouver pour ramener le déficit public à 3 % en 2013, voir La réalité c'est maintenant.

Rappelons que la CSG fut un impôt créé par Michel Rocard très critiqué à cette époque par la droite dont elle fit ensuite aussi un large usage. Il est proportionnel au revenu s'appliquant aussi aux retraités. L'autre point symbolique reste la taxation à 75 % des revenus déclarés au dessus d'un million d'euros, voir La taxation des hauts revenus proposée par François Hollande.

Autres points soulevés,

il n'y aura pas de règle d'or dans la Constitution quelque soit la décision du Conseil constitutionnel. J'ai dit aux Français que la règle d'or, «se ferait dans le cadre d'une loi organique». Une loi organique permet de ne pas inscrire dans la Constitution la règle d'or qui toucherait à la souveraineté nationale. Le trait signé par les 27 États de la zone euro dont la France le 02 mars 2012, n'implique pas que la règle d'or soit inscrite dans la Constitution. Le texte du traité précise que les États membres devront transposer cette «règle d'équilibre budgétaire» dans leurs systèmes juridiques nationaux au moyen de dispositions contraignantes, permanentes et de préférence constitutionnelles. L'inscription dans la Constitution n'est donc pas obligatoire. Il suffit simplement que la loi organique s'impose lors de l'établissement à la loi de finance adoptée chaque année pour fixer le budget de l’État.

Sur le pacte budgétaire, «j'ai renégocié ce pacte», s'est-il félicité. «L'Europe est en crise du fait de l'ajout de plans d'austérité aux plans d'austérité». «J'ai fait prévaloir la croissance, j'ai appuyé la supervision des banques, et la création de la taxe sur transactions financières», c'est un progrès.

La moralisation de la vie politique, souhaitant l'exemplarité au sommet de l’État, François Hollande a confirmé la création d'une commission, présidée par Lionel Jospin. Elle planchera sur plusieurs thèmes, «modes de scrutin, cumul des mandats, implication des parlementaires, financement de la vie politique, charte éthique». «Aucun conflit d'intérêt ne doit être toléré, a-t-il rappelé, et tous les partis politiques seront consultés».

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