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  • Le SMIC, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance,

    un bien grand sigle pour beaucoup de misère !

    Support Wikipedia Il vient d'être augmenté de 2 % pour le 1er juillet 2012. C'est 0, 6 % de plus que l'inflation, un petit coup de pouce bien insuffisant du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Les derniers coups de pouce du SMIC horaire brut sur les cinq ans du Sarkozysme furent de + 0,79 en 2076, + 0, 27 en juillet 2009, et + 0,12 en décembre 2011. La plus forte augmentation fut pour le gouvernement Raffarin en juillet 2004 + 3,74 % et la plus faible pour le gouvernement Fillon - 2,1 % en janvier 2012. Si l'on compare la somme des inflations sur les cinq ans de + 15, 31 % à la somme des revalorisations on obtient de + 13, 02 %, soit une perte de - 2,29 % de pouvoir d'achat. Le tableau suivant donne l'évolution récente du SMIC horaire brut en euros parution du journal officiel.

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    Source Wikipédia. Cliquez sur l'image.

    La perte du pouvoir d'achat de - 2,29 % montre qu'il n'y avait donc pas eu sous les cinq années de la présidence Sarkozyenne une revalorisation égale à l'inflation, elle n'est d'ailleurs pas récupérée. Beaucoup sur les médias racontent les histoires qui leurs conviennent en clamant que les revalorisations suivirent l'inflation, ils trompent ainsi l'opinion qui elle ressent bien que son pouvoir d'achat s'est détérioré beaucoup plus que ces 2,29 %. Cela signifie tout simplement qu'il faudrait revoir la définition du panier de la ménagère pris pour son évaluation. La composition INSEE 2012 est la suivante :

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    Panier représentatif INSEE. On y voit que les boissons alcoolisées et le tabac y figurent encore, que les biens et services sont pris à 10 % par contre pour l'éducation rien. Le logement eau gaz électricité et combustibles 14 % ce n'est pas assez. Cliquez sur l'image.

    On entendait du patronat et de l'opposition, avant l'annonce du ministre du travail Michel Sapin, puisque le bruit courrait sur cette revalorisation que cela mettrait les entreprises en faillite, que leur compétition serait amoindrie, enfin que tout irait encore plus mal. Pauvre France avec de tels citoyens de si peu de conscience morale on souffre. 10 ans de droite la situation est lamentable. Le dernier chiffre du chômage donné pour le mois de mai est de + 1,2 % soit 33.300 chômeurs de plus.

    Après l'annonce de 2 %, Laurence Parisot par peur d'être toujours ridicule et aussi sectaire en critiquant ouvertement cette augmentation, trouve que finalement c'est presque normal, et que le gouvernement a été raisonnable. Vous vous rendez compte de cette volte face ! Par qui le patronat est représenté ? Pauvre patronat incapable de comprendre et incapable de fabriquer des produits qui se vendent. Qu'il aille en Allemagne apprendre ce qui ce vend !

    Les syndicats jamais satisfaits trouvent que c'est peu, et c'est vrai. Le SMIC à 1425,67 € mensuel pour 35 heures ne représente qu'environ 1118 € nets ! Le seuil de pauvreté mis à jour en août 2011 à 50 % n'est guère au dessous puisqu'il est de 795 € selon l'INSE, et le nombre de personnes sous ce seuil est de 2.383.000 ! Six salariés sur dix sont rémunérés au SMIC dans la restauration rapide et les entreprises de propreté.

    Le problème consécutif au blocage des salaires est que leur échelle s'est tassée. Trop de Français en bas de l'échelle se trouvent au SMIC de sorte qu'il est difficile de l'augmenter sans conséquences pour les entreprises, touchant trop de monde. C'est la politique de la droite en général, voulue comme telle, qui a conduit à cette anomalie.

    Au 1er juillet 2008 3,37 millions de salariés percevaient le SMIC en France, représentant 14,5 % des salariés. Ils constituaient 41,4 % des salariés du secteur domestique, 33,2 % des salariés des services aux particuliers, 31,3 % des salariés agricoles, 22,1 % des salariés des industries agro-alimentaires et 9,4 % des salariés de l’État, du secteur hospitalier public et des collectivités locales. A cette date, peu d'individus percevaient le SMIC dans le secteur de l’énergie, 0,3 % des salariés, ou dans l’industrie automobile, 1,4 % des salariés. Le tableau suivant donne une estimation en juillet 2008.

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    Référence Darès, Mai 2009 N° 22.1

    La question politique des économistes est, en période de crise avec un endettement à plus de 83 % du PIB, faut-il augmenter de SMIC ? Tout d'abord il faudrait qu'ils vivent avec 1118 € pour 35 heures par semaine, avant d'émettre un jugement ! Ensuite, comment peut-on faire pour que l’État restaure ses finances sans consommation ? Les réformes de structure sont manifestement insuffisantes, elles n'apportent pas de financement autre que des économies. Consommer mieux comme le préconise Jacques Attali dans son blog repenser la dépense. Est un moyen mais, il ne s'appliquerait qu'à enveloppe budgétaire constante, insuffisant pour créer de la richesse. En outre, ce n'est pas sur les personnes au SMIC que se fait la compétitivité des entreprises industrielles, mais sur de la main d’œuvre qualifiée qui n'est pas payée au SMIC comme il est précisé ci dessus. Donc l'argumentation contre un SMIC qui serait plus élevé que l'inflation ne tient pas la route.

    La question reste que l'augmentation du SMIC est-elle créatrice d'empois ? Jamais sur l'instant, il faut pour cela que les entreprises récupèrent, sous forme de commandes, par une consommation plus élevée, la perte du coût de l'augmentation. Ce n'est qu'ensuite, que l'effet de l'augmentation du pouvoir d'achat se fait sentir. L'augmentation du SMIC n'a d'effets que sur le long terme, en termes d'emplois.

    Il a une influence sur les charges salariales des entreprises. Or, on sait que la politique d'exonération de ces charges salariales impulsée par l’État pour réduire le coût de la main d’œuvre d'un SMIC élevé, notamment pour l'exportation, dans une concurrence avec les pays à faible valeur ajoutée, lui coûtera plus cher.

    Un SMIC à 1.700 euros comme le souhaitent les syndicats donnerait un coup de souffle bénéfique pour les entreprises et pas voie de conséquence pour l’État. Le problème est que la charge serait brutalement trop importante pour elles mais aussi pour l’État, voir ci dessous. Là aussi forte argumentation ne tient pas la route. Le choix du gouvernement apparaît donc le plus raisonnable.

    État est aussi employeur, 890.000 personnes sont payées au SMIC, c'est donc aussi une charge qu'il ne peut se permettre de trop augmenter. Il est actuellement à la composition d'un budget rectificatif sur la loi de finance 2012, il manquerait 10 milliards pour boucler le budget 2012 ! L'augmentation du SMIC de 2 % signifie 600 millions de salaires en plus. L'augmentation du SMIC coûte donc cher à l’État. A cela, il faut ajouter l'exonération des charges salariales sur les bas salaires des entreprises afin de compléter la hausse du SMIC. Une revalorisation sans coup de pouce c'est-à-dire en fonction de l'inflation et du pouvoir d'achat du salaire ouvrier représente un surcroît d'allégements de charges de 300 millions d'euros par an pour l’État, qui compense en effet à la Sécurité sociale cette perte de recettes. Une évolution identique à celle de la moyenne des salaires, représentant un coup de pouce d'environ 1 %, porte la charge à 800 millions d'euros, voir Une décision qui aura de fortes répercutions sur les comptes de l’État, Les Échos.fr.

    Parmi les pays Européens qui ont un salaire de croissance, la France est correctement placée juste en dessous de la Belgique et des Pays Bas.

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    Document Eurosat du 16 juin 2012. On voit que le Royaume Unis est à 1.200 €, c'est loin d'être un paradis comme les médias le présentent. Cliquez sur l'image

    Nous sommes avec notre système social le plus en avance sur l'Europe voir du monde, il faut donc le conserver. Un gouvernement de gauche se devait de faire un peu plus, et nous avons vu que le retard sur l'inflation depuis cinq années n'est pas pour autant rattrapé.

  • L'eldorado Allemand pas si eldorado que ça,

    pour les chômeurs des pays du sud.

    Support Wikipedia L'Allemagne est un aimant, elle attire des milliers de jeunes chômeurs des pays du Sud de l'Europe, Grèce, Espagne, Portugal. Selon les prévisions de l'Agence fédérale pour l'emploi, le nombre d'actifs Allemands va baisser à 6,5 millions d'ici à 2025 en raison de la dénatalité. D'ici à 2030, il manquera à l'Allemagne 5 millions de travailleurs, dont la moitié de diplômés. Les calculs montrent qu'il faudrait à l'Allemagne 200.000 immigrés par an pour combler le déficit. Elle ouvre donc ses portes pour le combler, c'est ainsi qu'en 2011 elle a accueilli 24.000 Grecs et 21.000 Espagnols 90 % et 51% de plus qu'en 2010. L'Allemagne est riche par rapport à ces pays et la tentation pour cette jeunesse Grecque, Espagnole, Portugaise sans travail de s'expatrier est grande. Seulement les obstacles sont nombreux, et en premier la langue qui est obligatoire ainsi que la mentalité différente. Penser Allemand pour un Grec, un Espagnol, un Portugais, c'est du temps qu'il faut. Il y a aussi le climat dont il faut s'habituer. Le graphique suivant donne le taux de sous emploi ajusté des variations saisonnières de quelques pays de la zone euro à janvier 2012, source Eurostat mis à jour le 4 juin.

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    Les taux de sous emplois sont de 23,5 % pour l'Espagne, de 21,3 % pour la Grèce, et pour le Portugal et l'Irlande de 14,7 %. Mais ce qui est le plus significatif est le sous emploi des jeunes. Il atteint pour la Grèce 50,8 % pour des jeunes de moins de 25 ans. Pour 50,5 %, le Portugal 35,4 %, l'Italie 31,9 % et la France légèrement moins affectée, 21,7 %, données le Monde Économie.

    Il pousse les jeunes vers l'Allemagne que l'on vend comme un paradis. Ils pensent que le job de rêve va tomber du ciel. D'autres pensent qu'ils peuvent se présenter pour un emploi de la même façon qu'en Espagne, sans même parler Allemand. L'Institut Goethe de Barcelone est saturé de demandes, la fréquentation a grimpé de 70% en un an. Certains découragés d'apprendre la langue choisissent d'aller directement à Berlin quitte à vivoter de petits boulots. Ils pensent ainsi gagner de l'argent pour se payer des cours intensifs et se forger à leur mentalité. Ces derniers mois 20.000 candidats Espagnols se sont inscrits à la centrale Allemande pour le placement des salariés étrangers, ZAV, un organisme public qui dépend de l'Agence pour l'emploi. Un quart d'entre eux sont ingénieurs. Les ingénieurs Espagnols et Portugais ou les médecins Grecs qui bénéficient d'une bonne formation, sont faciles à intégrer. C'est pourquoi la ZAV concentre ses efforts sur eux. «Il y a un grand potentiel en Espagne, affirme Monika Varnhagen, directrice de la ZAV. Des milliers d'ingénieurs sont au chômage. Mais aussi des diplômés en informatique et l'intérêt pour l'Allemagne est grand». Avant la crise, Monika Varnhagen chassait des têtes et des bras pour l'industrie Allemande en Indonésie ou au Vietnam, plus la peine d'aller aussi loin, en Espagne se trouve un vivier.

    En fait les Allemands cherchent de tout, cela va du médecin au personnel soignant, aux ingénieurs. C'est la politique d'immigration choisie de Nicolas Sarkozy, mais sur une plus grande échelle et limitée à l'Europe. Les spécialistes, cardiologues, anesthésistes, mêmes des généralistes, sont les bienvenus. En Grèce les caisses sont vides dans services publics, et les médecins ont vu leurs salaires chuter fortement, l'Allemagne leur offre un eldorado.

    Mais aussi 350.000 Polonais, Roumains, Bulgares, Hongrois qui ont profité de la libre circulation à l'ouverture des barrières, et des nouvelles dispositions de travailler en Allemagne sans autorisation préalable sont devenus des immigrants. L'Allemagne est perçue maintenant comme un pays d'immigration. 7 millions de personnes détentrices d'un passeport vivent en Allemagne, soit plus de 2,6 % part rapport à 2010. Cette évolution est encouragée par le gouvernement et même les forces politiques. Les prévisions de la Bundesbank sont de 20.000 étrangers pour compenser la baisse de natalité.

    Le Portugal n'est pas en reste, dans la petite ville Allemande de Schwäbisch Hall, Guido Rebstock, en allumant son ordinateur le 8 février dernier de son bureau de l’agence pour l’emploi, constata que sa boîte émail était noyée sous 2.500 candidatures spontanées et de lettres de motivation venues du Portugal. La ville ne compte que 37.000 habitants. L'anecdote est la suivante, une journaliste Portugaise avait été invitée par la ville Allemande a découvrir les opportunités d'emplois dans la région qui compte notamment le géant de l’automobile Daimler, en manque de main-d’œuvre. La journaliste avait titré son article «découvrez cette ville Allemande qui veut embaucher des Portugais». L’article fut partagé très rapidement via Facebook, et pas moins de 14.000 Portugais ont depuis postulés. Mais ces jeunes Portugais ne se content pas que de l'Europe, ils vont au Brésil, en Angola, au Mozambique dont l'économie est florissante, beaucoup est à construire.

    Quant à nous, nous n'en sommes pas encore à ce niveau, mais nous y courons. Une tempête s'amorce sur l'industrie Française. 8.600 postes sont menacés par des fermetures d'usines. «L'industrie recommence à supprimer des emplois à des niveaux qui se rapprochent du pic de 2009, tandis que le rythme de création dans les services se calme nettement», précise David Cousquer, de Trendeo, lu dans Le Monde.fr. Mais le pire c'est que les trésoreries se sont énormément dégradées. Les marges bénéficiaires sont devenues ridicules. Le gouvernement ferait bien d'être prudent quant à l'augmentation des charges des entreprises. Voir aussi Les dossiers sociaux laissés par la gestion Sarkozyenne.

    C'est une situation préoccupante, comment l'Europe peut-elle s'en sortir quand nous avons un taux de chômage qui s'est élevé de 1,2 % en mai, avec plus de 33.300 chômeurs ? L'Espagne est au bord du gouffre, et lance un SOS Européen. Elle aurait deux problèmes, son système bancaire qui est déficient et le surcoût qu'elle devrait supporter, par rapport à l'Allemagne, pour emprunter avec un taux plus élevé de 500 points de base. Cela signifie qu'elle ne peut emprunter sur les marchés. C'est pourquoi elle attend un coup de pouce de l'Europe. Soit une intervention de la, BCE, ou des mécanismes Européens sur le marché des obligations d’État pour faire baisser la prime de risque et lui permettre d'emprunter à des taux raisonnables pour recapitaliser ses banques. Le refus des euros bons par l'Allemagne, ne résout rien, il aggrave la situation, et oblige à emprunter à la BCE, une absurdité !

    En Allemagne des voix s'élèvent pour permettre une recapitalisation directe via le MES. Lundi, le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a dit qu'il s'agissait d'une «option sérieuse», qui permettrait de «rompre le lien entre États et les banques». En l'état actuel des choses, le MES, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, peut seulement faire des prêts aux États. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy ne veut pas demander un tel prêt pour ses banques car cela supposerait un sauvetage en bonne et due forme. Du point de vue Européen, un plan d'aide à l'Espagne pourrait être tout simplement infaisable, car trop élevé pour les mécanismes en place. Voir aussi, Pourquoi renflouer les dettes souveraines de la zone euro.

    Reste que l'Allemagne s'oppose à un tel changement du MES car cela supposerait grossièrement que les contribuables Allemands recapitaliseraient les banques Espagnoles sans les conditions d'austérité et de réformes qui ont été exigées à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal en contrepartie d'une aide financière, Les Échos.fr.

  • Angela Merkel droite dans ses bottes,

    un chêne devant les doléances des pays du sud ? Pas toujours.

    Mariano Rajoy, François Hollande, Angela Merkel et Mario Monti, vendredi 22/06 à Rome. Crédits photo : Andrew Medichini/AP Document Le Figaro.fr

    Support Wikipedia On se demande bien ce qui pourrait faire modifier son obstination ? Madame la rigueur, sur du soutien de son parlement, reste un obstacle à toute avancée raisonnable sur l'Europe. On pourrait presque dire qu'il est impossible de la faire changer d'avis, par le raisonnement, comme ceux qui sont obtus. C'est bien l'un des principaux défauts qui conditionnait notre ex Sarkozy.

    La rigueur budgétaire de chaque pays est indispensable dans une Union comme la zone euro, mais il faut encore que les pays soient semblables et économiquement équilibrés, ce qui n'est pas le cas. Quand on s'engage avec des pays aussi différents que l'Allemagne et la Grèce économiquement très faible, il faut en prendre la responsabilité. Allemagne 84, 5 millions d'habitants, Grèce 10,7 millions d'habitants ! On lit dans la presse avec une satisfaction non dissimulée que Angela Merkel ne plie pas à la poussée des pays de la zone euro, et par voie de conséquence, à celle du président Hollande, et que, finalement, ce qu'elle accepte n'est rien ou tellement peu ! Seulement, ils oublient d'écrire que la physionomie de la zone euro a changé, le couple infernal qui se croyait tout permis, oubliant les autres, est balayé et c'est tant mieux. S'il y a un pays au moins qui s'en réjouit, c'est l'Italie qui a été mortifiée par ce couple, l'ironie du sourire du Merkozy a laissé des traces indélébiles, voir Zone euro la crise et le sourire de Merkel et Sarkozy.

    Pour Mario Monti en marge du mini sommet à quatre de Rome la voix de l'Italie est de nouveau écoutée. «Le Merkozy n'était qu'une condition suffisante au progrès de l'Europe, mais les accords de Deauville l'année dernière ont eu du mal à être acceptés par tous». Il faut se rappeler que c'est aussi l'Allemagne qui a poussé la Grèce dans l'Union européenne, elle en porte bien plus que les autres la responsabilité.

    Si elle n'a pas de problèmes de taux d'emprunts, ils sont les plus bas de la zone euro, ce n'est pas a cause de sa dette souveraine qui est comme celle de la France d'environ + 80 % de son PIB, pour une dette de l'ordre de 2.900 milliards d'euros alors que celle de la France est inférieure à 1.900 milliards d'euros. Et de ce point de vue, elle n'est pas mieux lotie que nous.

    Les deux graphiques ci-dessous permettent d'apprécier les dettes publiques des pays du Sud et leur pourcentage, au PIB, par rapport à l'Allemagne. Ils sont de source Eurostat et mis à jour au 20 juin 2012.

    Ce n'est donc pas la dette publique qui conditionne à elle seule les difficultés de ces pays. Les paramètres influents restent la santé des banques et la potentialité de leur économie. Outre la Grèce qui dans ces trois domaines est au bord de la faillite, six banques Allemandes et trois Autrichiennes sont dégradées par l'Agence Moody's, au motif qu'elles seraient en situation de risque si la crise de la zone euro venait à s'aggraver. L'agence Américaine souligne aussi les capacités limitées d'absorption des pertes pour les banques Allemandes et Autrichiennes, Les Échos.fr. Quant à l'Espagne lire Pourquoi renflouer les dettes des pays de la zone euro. Cette Moody's n'arrête plus de dégrader les banques, elle vient d'abaisser la note de 15 banques dont trois Françaises, BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale, Le Monde .fr. Il en est de même pour les banques Italiennes, 26 ont été dégradées dont les deux premières, UniCredit et Intesa Sanpaolo, Figaro.fr économie. L'agence de notation estime que la détérioration de la conjoncture dans l'économie Italienne par un «accès restreint aux financements de marché» justifie cette dégradation. Elle estime que les conditions sont «de plus en plus défavorables avec une austérité gouvernementale qui réduit la demande à court terme et le retour de l'économie Italienne en récession». Moody's table en effet sur un recul du produit intérieur brut de 1,9% en 2012.

    Ce n'est donc ni la dette ni les banques qui donnent autant d'influence à l'Allemagne.

    Reste la potentialité de l'économie, et là elle est la meilleure. Dans un communiqué de presse du 16 avril 2012 Eurostat donne le commerce total des États membres, de la zone euro. L’Allemagne affiche +13,1 mrds d’euros en janvier 2012, le plus fort excédent, suivie des Pays-Bas +4,2 mrds, et de l'Irlande +3,2 mrds. Le Royaume-Uni -11,6 mrds, a accusé le plus fort déficit, suivi de la France -7,8 mrds, de l'Italie -4,3 mrds, et de l’Espagne -3,6 mrds. Des principaux pays de la zone sud c'est la France qui est la plus mal lotie.

    Le mini sommet des quatre à Rome du 22 juin a été pour Mario Monti un souffle, enfin respiratoire, il comptait !

    Mario Monti, qui revient sur la crise que traverse la zone euro, clame la «nécessité des politiques de rigueur et le changement que peut apporter l'élection de François Hollande», favorise une politique de croissance. Document Le Monde.fr

    «Je vois d'un bon œil l'arrivée de ce nouvel acteur. Je partage ses efforts en faveur d'une politique de croissance. Je suis satisfait de constater qu'il n'a pas l'intention de se passer d'un système de stabilité financière, contrairement à ce que pouvait faire croire sa campagne électorale. Enfin, je suis heureux de voir en lui, et j'espère ne pas me tromper, une France plus disposée que par le passé à accepter plus d'intégration. Et si des difficultés de compréhension devaient apparaître entre lui et Mme Merkel, mais je ne crois pas qu'il y en aura, je suis prêt à faciliter l'harmonie entre la France et l'Allemagne. Ces deux moteurs ne suffisent pas mais si l'un des deux s'enraye, alors l'Europe a de gros problèmes».

    Autant d'arguments qui détruisent les accusations de Sarkozy, à faire bouger les lignes. Ce sommet de Rome était une préparation au grand sommet Européen du 28 et 29 juin. Les quatre chefs d’États et de gouvernement ont obtenus un accord à minima sur la croissance d'un montant de 130 milliards d'euros. «C'est un paquet sur la croissance» a plaidé François Hollande. Il représente 1 % du PIB européen. Il est dans la ligne du projet que François Hollande porte depuis son élection. Augmentation du capital de la Banque Européenne d'Investissement, réallocation des fonds Européens non dépensés et «project bonds», ces obligations destinées à financer des infrastructures. «Qui aurait pu dire, il y a encore quelques semaines, qu'elle aurait été à ce point à l'ordre du jour du conseil européen?», s'est-il félicité.

    La chancelière Allemande Angela Merkel s'est ralliée à la cause. «Je suis d'accord avec ce 1% du PIB européen qui doit être investi pour la croissance, a-t-elle déclaré. C'est un signal important». A en croire Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines c'était impossible !

    La taxe sur les transactions financières rejetée dans le même temps par les ministres des 27 pays l'Union européenne, fut acceptée par les quatre pays France, Allemagne, Italie, Espagne. Mario Rajoy premier ministre Espagnol a déclaré, «l'euro est désormais irréversible». «Tous les sujets qui nous préoccupent» ont été «traités sincèrement», déclara-t-il. Pas certains que tous parlent le même langage sur le renforcement de l'Union monétaire. «L'euro est là pour rester» Mario Monti, «la solution à la crise c'est plus d'Europe» renchérit Angela Merkel. «L'Union a besoin de plus de mécanismes de contrôle», estimant que les règles n'ont pas été respectées. «Le problème est que nous n'avons pas respecté les règles». La chancelière rejette aussi toute intervention de la Banque Centrale Européenne ou des fonds de secours pour racheter les obligations des États en difficultés, alors que Mariano Rajoy et Mario Monti sont pour. Elle ne veut pas, non plus, entendre parler des euro-obligations, dont François Hollande continue de demander la mise en place «avant dix ans !».

    D'ici là il y aura beaucoup d'eau qui aura coulé avec sous le pont de l'Union. Dix ans, une absurdité, c'est maintenant qu'il fait engager cette mutualisation de la dette avant que les situations de l'Espagne et de l'Italie deviennent irréversibles. Combien de pays pourront encore supporter d'être ainsi purgés par les banques privées ? Combien des dirigeants actuels seront-ils encore présents ? On croit rêver devant ce que dit François Hollande et le manque de réalisme de l'Allemagne !

    «Il n'y aura pas de transferts de souveraineté sans amélioration sur le plan de la solidarité», a prévenu François Hollande. Mercredi 27 juin, une rencontre d'avant le sommet Européen est prévue à l’Élysée avec Angela Merkel. Va-t-on assister à un Merkollande ?

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