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Angela Merkel droite dans ses bottes,

un chêne devant les doléances des pays du sud ? Pas toujours.

Mariano Rajoy, François Hollande, Angela Merkel et Mario Monti, vendredi 22/06 à Rome. Crédits photo : Andrew Medichini/AP Document Le Figaro.fr

Support Wikipedia On se demande bien ce qui pourrait faire modifier son obstination ? Madame la rigueur, sur du soutien de son parlement, reste un obstacle à toute avancée raisonnable sur l'Europe. On pourrait presque dire qu'il est impossible de la faire changer d'avis, par le raisonnement, comme ceux qui sont obtus. C'est bien l'un des principaux défauts qui conditionnait notre ex Sarkozy.

La rigueur budgétaire de chaque pays est indispensable dans une Union comme la zone euro, mais il faut encore que les pays soient semblables et économiquement équilibrés, ce qui n'est pas le cas. Quand on s'engage avec des pays aussi différents que l'Allemagne et la Grèce économiquement très faible, il faut en prendre la responsabilité. Allemagne 84, 5 millions d'habitants, Grèce 10,7 millions d'habitants ! On lit dans la presse avec une satisfaction non dissimulée que Angela Merkel ne plie pas à la poussée des pays de la zone euro, et par voie de conséquence, à celle du président Hollande, et que, finalement, ce qu'elle accepte n'est rien ou tellement peu ! Seulement, ils oublient d'écrire que la physionomie de la zone euro a changé, le couple infernal qui se croyait tout permis, oubliant les autres, est balayé et c'est tant mieux. S'il y a un pays au moins qui s'en réjouit, c'est l'Italie qui a été mortifiée par ce couple, l'ironie du sourire du Merkozy a laissé des traces indélébiles, voir Zone euro la crise et le sourire de Merkel et Sarkozy.

Pour Mario Monti en marge du mini sommet à quatre de Rome la voix de l'Italie est de nouveau écoutée. «Le Merkozy n'était qu'une condition suffisante au progrès de l'Europe, mais les accords de Deauville l'année dernière ont eu du mal à être acceptés par tous». Il faut se rappeler que c'est aussi l'Allemagne qui a poussé la Grèce dans l'Union européenne, elle en porte bien plus que les autres la responsabilité.

Si elle n'a pas de problèmes de taux d'emprunts, ils sont les plus bas de la zone euro, ce n'est pas a cause de sa dette souveraine qui est comme celle de la France d'environ + 80 % de son PIB, pour une dette de l'ordre de 2.900 milliards d'euros alors que celle de la France est inférieure à 1.900 milliards d'euros. Et de ce point de vue, elle n'est pas mieux lotie que nous.

Les deux graphiques ci-dessous permettent d'apprécier les dettes publiques des pays du Sud et leur pourcentage, au PIB, par rapport à l'Allemagne. Ils sont de source Eurostat et mis à jour au 20 juin 2012.

Ce n'est donc pas la dette publique qui conditionne à elle seule les difficultés de ces pays. Les paramètres influents restent la santé des banques et la potentialité de leur économie. Outre la Grèce qui dans ces trois domaines est au bord de la faillite, six banques Allemandes et trois Autrichiennes sont dégradées par l'Agence Moody's, au motif qu'elles seraient en situation de risque si la crise de la zone euro venait à s'aggraver. L'agence Américaine souligne aussi les capacités limitées d'absorption des pertes pour les banques Allemandes et Autrichiennes, Les Échos.fr. Quant à l'Espagne lire Pourquoi renflouer les dettes des pays de la zone euro. Cette Moody's n'arrête plus de dégrader les banques, elle vient d'abaisser la note de 15 banques dont trois Françaises, BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale, Le Monde .fr. Il en est de même pour les banques Italiennes, 26 ont été dégradées dont les deux premières, UniCredit et Intesa Sanpaolo, Figaro.fr économie. L'agence de notation estime que la détérioration de la conjoncture dans l'économie Italienne par un «accès restreint aux financements de marché» justifie cette dégradation. Elle estime que les conditions sont «de plus en plus défavorables avec une austérité gouvernementale qui réduit la demande à court terme et le retour de l'économie Italienne en récession». Moody's table en effet sur un recul du produit intérieur brut de 1,9% en 2012.

Ce n'est donc ni la dette ni les banques qui donnent autant d'influence à l'Allemagne.

Reste la potentialité de l'économie, et là elle est la meilleure. Dans un communiqué de presse du 16 avril 2012 Eurostat donne le commerce total des États membres, de la zone euro. L’Allemagne affiche +13,1 mrds d’euros en janvier 2012, le plus fort excédent, suivie des Pays-Bas +4,2 mrds, et de l'Irlande +3,2 mrds. Le Royaume-Uni -11,6 mrds, a accusé le plus fort déficit, suivi de la France -7,8 mrds, de l'Italie -4,3 mrds, et de l’Espagne -3,6 mrds. Des principaux pays de la zone sud c'est la France qui est la plus mal lotie.

Le mini sommet des quatre à Rome du 22 juin a été pour Mario Monti un souffle, enfin respiratoire, il comptait !

Mario Monti, qui revient sur la crise que traverse la zone euro, clame la «nécessité des politiques de rigueur et le changement que peut apporter l'élection de François Hollande», favorise une politique de croissance. Document Le Monde.fr

«Je vois d'un bon œil l'arrivée de ce nouvel acteur. Je partage ses efforts en faveur d'une politique de croissance. Je suis satisfait de constater qu'il n'a pas l'intention de se passer d'un système de stabilité financière, contrairement à ce que pouvait faire croire sa campagne électorale. Enfin, je suis heureux de voir en lui, et j'espère ne pas me tromper, une France plus disposée que par le passé à accepter plus d'intégration. Et si des difficultés de compréhension devaient apparaître entre lui et Mme Merkel, mais je ne crois pas qu'il y en aura, je suis prêt à faciliter l'harmonie entre la France et l'Allemagne. Ces deux moteurs ne suffisent pas mais si l'un des deux s'enraye, alors l'Europe a de gros problèmes».

Autant d'arguments qui détruisent les accusations de Sarkozy, à faire bouger les lignes. Ce sommet de Rome était une préparation au grand sommet Européen du 28 et 29 juin. Les quatre chefs d’États et de gouvernement ont obtenus un accord à minima sur la croissance d'un montant de 130 milliards d'euros. «C'est un paquet sur la croissance» a plaidé François Hollande. Il représente 1 % du PIB européen. Il est dans la ligne du projet que François Hollande porte depuis son élection. Augmentation du capital de la Banque Européenne d'Investissement, réallocation des fonds Européens non dépensés et «project bonds», ces obligations destinées à financer des infrastructures. «Qui aurait pu dire, il y a encore quelques semaines, qu'elle aurait été à ce point à l'ordre du jour du conseil européen?», s'est-il félicité.

La chancelière Allemande Angela Merkel s'est ralliée à la cause. «Je suis d'accord avec ce 1% du PIB européen qui doit être investi pour la croissance, a-t-elle déclaré. C'est un signal important». A en croire Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines c'était impossible !

La taxe sur les transactions financières rejetée dans le même temps par les ministres des 27 pays l'Union européenne, fut acceptée par les quatre pays France, Allemagne, Italie, Espagne. Mario Rajoy premier ministre Espagnol a déclaré, «l'euro est désormais irréversible». «Tous les sujets qui nous préoccupent» ont été «traités sincèrement», déclara-t-il. Pas certains que tous parlent le même langage sur le renforcement de l'Union monétaire. «L'euro est là pour rester» Mario Monti, «la solution à la crise c'est plus d'Europe» renchérit Angela Merkel. «L'Union a besoin de plus de mécanismes de contrôle», estimant que les règles n'ont pas été respectées. «Le problème est que nous n'avons pas respecté les règles». La chancelière rejette aussi toute intervention de la Banque Centrale Européenne ou des fonds de secours pour racheter les obligations des États en difficultés, alors que Mariano Rajoy et Mario Monti sont pour. Elle ne veut pas, non plus, entendre parler des euro-obligations, dont François Hollande continue de demander la mise en place «avant dix ans !».

D'ici là il y aura beaucoup d'eau qui aura coulé avec sous le pont de l'Union. Dix ans, une absurdité, c'est maintenant qu'il fait engager cette mutualisation de la dette avant que les situations de l'Espagne et de l'Italie deviennent irréversibles. Combien de pays pourront encore supporter d'être ainsi purgés par les banques privées ? Combien des dirigeants actuels seront-ils encore présents ? On croit rêver devant ce que dit François Hollande et le manque de réalisme de l'Allemagne !

«Il n'y aura pas de transferts de souveraineté sans amélioration sur le plan de la solidarité», a prévenu François Hollande. Mercredi 27 juin, une rencontre d'avant le sommet Européen est prévue à l’Élysée avec Angela Merkel. Va-t-on assister à un Merkollande ?

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