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Mélenchon le tribun qui enflamme la gauche,

et qui la mine en même temps.

Support Wikipedia Pour résumer mon propos on pourrait presque rapporter celui de l'un des spectateurs du meeting géant de Toulouse qui, interviewé, par un journaliste, répondit, «il peut dire ce qu'il veut il ne sera jamais en mesure de l'appliquer», laissant entendre la démagogie qu'il développe pour attirer cette gauche qui souffre depuis longtemps. C'est triste, mais c'est exact. Il fait rêver, tout en sachant qu'il trompe ceux qui croient, mais ils auront un instant été heureux. Cette gauche de la gauche a besoin d'exister, elle sera venue en masse le voir et l'écouter, pour une fois il l'enchantera, il est l'espoir mais aussi leurs déceptions. Elle sait bien qu'il ne sera pas au second tour, et elle votera Hollande la rage au cœur ou s'abstiendra, se présentant comme une force d'opposition si Hollande est élu.

Cela fait trop longtemps que la droite est au pouvoir, ce qu'elle a fait dans l'injustice dépasse tout ce que l'on pouvait imaginer. Le tissu social a explosé, la baisse des impôts des plus aisés s'est transformée par des impôts dont l'effet porte sur des nécessités de vie, les dépenses obligatoires, sur lesquelles l'on ne peut se passer. Eau, gaz, électricité, mutuelle, santé, transport, essence, impôts locaux, ces seules contraintes minent le pouvoir des ménages indépendamment du reste. La misère n'a jamais été aussi grande.

Il dépasse en puissance tout ce que les ténors de gauche ont fait depuis la libération. Cette foule qui de meeting en meeting le galvanise, n'est pas composée seulement de gens de gauche. Il y a les curieux, les nostalgiques de l'ancienne URSS, communistes, trotskistes, léninistes, marxistes, les écologistes de très gauche, les anti capitalistes de tout bords, donc un électorat sans lien avec lequel il ne ferait rien. Mais Mélenchon prend tout, il a réveillé tous ceux qui depuis des années n'ont pas évolués. Ses adversaires le reconnaissent, il est brillant orateur, mais de plus il dispose d'un bagage culturel supérieur aux autres, il parle dans l'histoire.

Il a fait une véritable OPA sur la gauche que lui a laissé Hollande.

Il ne pourrait mettre en application ses propositions, ce serait la faillite et il le sait. Ceux de ses meetings le savent aussi, mais qu'importe, pour une fois la vraie gauche est présente. Cette gauche, celle qui souffre, celle qui n'a jamais la parole et qui respire avec lui. Ses propositions une énormité de plus de 100 milliards d'euros ou prendrait-il l'argent ? Chez les riches mais il y a longtemps que leur argent est ailleurs ! Et puis, après, que fait-on quand on a tout dépensé ? Une folie et une crise encore plus grande que celle que nous subissons. Et là, il n'est pas crédible.

Prenons l'exemple du SMIG à 1.700 euros bruts mensuels qu'il propose. Quel souffle pour notre économie, les Français consommeraient. Qui peut être contre ? Seulement il veut oublier au passage qu'une telle augmentation bouscule toute la hiérarchie salariale des entreprises, et là, elles ne peuvent pas, même si elles le voudraient. Elles sont comme leurs salariés ces entreprises, surtout les petites et moyennes étranglées par les grandes donneuses d'ordres et par les banques qui ne cessent de créer des difficultés de financement. 25 % de petites entreprises ont fait faillite depuis le début de l'année par manque de financement avec des carnets de commande remplis, voilà la réalité qu'il oublie. Il le fait exprès, ou il ne veut le savoir, ou alors il est fou ! Une telle tromperie est coupable, voire malhonnête eu égard à ceux qui croient en lui. La gauche a besoin de vérité pas d'un tribun qui ne peut que la décevoir. S'il l'aimait cette gauche, il ne lui mentirait pas !

C'est son problème depuis toujours, elle croit en ses politiques qui une fois aux commandes ne peuvent faire guère mieux que les autres malgré leur volonté, et c'est la déception. Nous sommes dans un régime libéral et tout gouvernement subit la loi du libéralisme. Des riches il y en aura toujours et des malheureux aussi. Il faut des patrons pour créer des usines, de la richesse, et ce n'est pas en tapant sur eux à bras raccourcis que la misère disparaîtra, bien au contraire.

Mélenchon sera le fossoyeur de toute la gauche, les préfets prévoient la victoire de Sarkozy.

Il faut se rappeler que les salaires sont bloqués depuis trop longtemps, et qu'entre 1.300 euros mensuels et 1.700 c'est la fourchette de presque la moitié des salariés. La hiérarchie salariale serait explosée et pas seulement dans le privé. L'augmentation ne serait que de 300 euros mensuel, mais quelles entreprises pourraient la supporter dans le contexte économique actuel, et comment l’État pourrait payer ses fonctionnaires et agents ?

Cette période électorale est néfaste pour notre économie, notre dette s'envole, et le nouveau président ne pourra faire autrement que d'augmenter les impôts et réduire encore plus les dépenses. D'aucuns se demandent même si les retraites pourront être payées en septembre. Le nouveau gouvernement va trouver une situation catastrophique, Jacques Attali l'a évoqué sur la 2 au journal de 20 heures le 10 avril. Quels sont les candidats qui évoquent avec force ces difficultés ? Seul Bayrou en parle sans apporter de solution par ce qu'elle serait contre productrice électoralement, et comme il n'a apparemment aucune chance, il fait comme Mélenchon mais dans le sens opposé. D'ailleurs n'est-il pas pressenti pour être le premier ministre si Sarkozy venait à être réélu ?

Ce que Mélenchon ne veut reconnaître c'est que si la France en est réduite à une hiérarchie salariale aussi étroite que c'est de la faute de la gauche qui divisée a permit à la droite de gouverner 10 années.

Il faut donc accuser la gauche, et pas la droite qui elle n'a pas de problème pour appliquer sa politique, elle est toujours unie.

Cette gauche des banlieues qui ne vote pas ou qui vote Le Pen est la principale responsable de ses malheurs entraînant avec elle celle qui essaye de faire ce qu'elle peut.

Prenons, dans le programme de Mélenchon, l'imposition des riches, il prend tout au dessus de 360.000 euros annuels, soit 30.000 euros/mois. Croyez-vous que cela incite les patrons qui auraient la possibilité d'investir de créer des produits, des usines, de la richesse ?

Indépendamment du chiffre, c'est l'esprit qui ne passe pas.

C'est par le travail que l'on devient riche et par la bonne gestion de ce que l'on gagne. Hollande veut taxer les abus à un niveau trois fois plus élevé, il a raison dans le contexte actuel, et ce qu'il propose est déjà très mal perçu, voir Du plafonnement des salaires à celui des revenus. Autre exemple, la retraite à 60 ans pour tous au taux plein. Qui peut croire que l'on puisse faire cette mesure alors qu'il y a de plus en plus de retraités, qu'ils vivent plus âgés avec moins de Français qui travaillent ? Ou prendrait-il l'argent, aux riches, alors qu'il l'aurait déjà pris pour l'autre partie de son programme !

Fallait-il découvrir un Mélenchon tribun pour cette élection, pour la droite oui, mais pas pour la gauche de gouvernement !

Mélenchon fait selon les sondages 15 % d'intention de votes. Réussira-t-il son objectif passer devant Marine Le Pen dont le programme tient en quelques mots, les immigrés dehors, la sortie de l'euro, et les radars ainsi que la démagogie sociale. Quant à Sarkozy, son programme s'est réduit à la modification de la date de versement des retraites au premier de chaque mois, et au permis de conduire afin de réduire le délai après un échec. C'est de la haute stratégie électorale, pauvre France, mais vive la République avec Hollande qui peut être sa bouée de secours.

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