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Sarkozy perdu dans ses contradictions,

fait un camouflet à la droite Européenne.

Support Wikipedia On s'attendait à Villepinte, au meeting phare de la dernière chance pour Sarkozy, qu'il annoncerait devant ses partisans idolâtres, des mesures pour redresser son image dans les sondages. On pensait qu'il rassemblerait son camp avec la toute la puissance de son parti pour amener un maximum de sympathisants. Cela a été un succès 40.000, 50.000, jusqu'à 70.000 tous les chiffres sont avancés. Des centaines de cars et des trains, une dizaine de TGV de 300 à 500 sympathisants spécialement affrétés pour le candidat président. Combien coûte cette folie ? Qui paye ? C'était beau, au milieu de cette foule sur une estrade tel un tribun rappelant les gloires de la Rome antique. Il annonça qu'il veut renégocier l'espace de Schengen qu'il a lui même mis en œuvre et qui fonctionne depuis plusieurs années. «Si rien ne change, les peuples d'Europe ne supporteront pas longtemps les conséquences d'un laissez-faire dévastateur» s'exclama-t-il en faisant référence au «chemin tragique que le monde emprunta lors de la Grande dépression des années 30». Et le comble, c'est qu'il appuya son propos, en déclarant que si l'Union Européenne ne serait pas d'accord, au terme d'une année de gestations, il fera appliquer à la France, s'il est de nouveau élu, la mise en œuvre d'un protectionnisme implicitement refusé dans son combat pour le MES. «Si je devais constater que, dans les douze mois qui viennent, il n'y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu'à ce que les négociations aient abouti».

Un ultimatum en quelque sorte.

Sarkozy veut faire une Europe pour lui pas avec les autres. Dans le même temps, il fustigeait les socialistes qui n'avaient pas voulu apporter leur caution au nouveau traité Européen les jugeant indignes de vouloir le renégocier. C'est à ne plus rien y comprendre.

L'espace Schengen c'est lui, et c'est tout simplement la libre circulation des personnes dont les pays ont satisfaits les conditions du traité, et vouloir renégocier cette libre circulation revient tout simplement à accuser les pays frontaliers de la zone euro à ne pas respecter, les conditions des contrôles d'immigration et les renvois des clandestins chez-eux. En d'autres termes se serait des passoires. Qui plus est, il faudrait selon lui sanctionner, suspendre ou exclure un État défaillant, la schlague comme on dit. Pour Sarkozy, il y aurait donc des États qui ne seraient pas à la hauteur pour contrôler les flux migratoires. Quels seraient ces États, l'Italie bien sur avec Lampedusa, la Roumanie, la Bulgarie qui envahissent l'Europe de leurs Roms. Mais aussi nous mêmes qui avons accepté pendant ses cinq années de gouvernance l'afflux d'immigrés, mais l'Allemagne également qui en a plus que nous.

En 2010 l'immigration légale en France a augmentée d'environ 10,6 % en un an à 188.780 arrivants, sous l'effet notamment d'une forte hausse du nombre d'étudiants étrangers, d'après des statistiques de FTA et de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, OFII. Quant à l'immigration clandestine, il est difficile d'en donner un chiffre, on avance 200.000 à 400.000 clandestins, et l'on en a régularisé 20.000 en 2009. En 2009 nous en avons renvoyé dans leur pays 29.288 étrangers. Le problème est de savoir si cette immigration clandestine transitait par l'espace Schengen ? Ses propos ont-ils une réalité qui justifierait de revoir les conditions de circulation dans cet espace ? Qui peut le croire, et qui peut prétendre surveiller une frontière aussi grande, formée de plusieurs États, que celle de l'espace Schengen ?

C'est un menteur.

Il sait très bien qu'il est impossible de supprimer l'immigration clandestine. Ces propos sont donc sans fondement dans la mesure où ils ne seraient pas électoralistes pour caresser le FN dans le sens du poil. C'est bien ce que pensent de nombreux éditorialistes qui analysent la perte de soutiens à sa politique depuis l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du FN.

En fait, pas du tout, déjà il voulait revoir, selon Henri Guiano, le 24/04/2011 le traité de l'espace Schengen, «la France ne veut pas suspendre Schengen», l'accord de libre circulation des personnes en Europe, mais «revoir les clauses de sauvegarde dans des situations particulières». «C'est une question de bon sens. On ne peut pas accueillir tout le monde», avait-t-il déclaré, voir, Vers une révision de l'espace Schengen, dans lequel, il montait deux populismes, faisant suite au différent sur le conflit migratoire entre l'Italie et la France, concernant les réfugiés de l'Île de Lampedusa. De ce fait une révision de l'espace Schengen est en cours d'étude à la commission Européenne, ce n'est donc pas vraiment un scoop sinon le fait qu'elle n'était pas dévoilée. Ce qui l'est, par contre, c'est de se servir de cette révision pour en faire un motif électoral ce qui est loin de plaire aux conservateurs Européens

Pour un coup de folie, c'en est un. Rien ne l'arrête plus, même pas le soutien que ses partenaires conservateurs de l'Union lui ont apporté en refusant de recevoir Français Hollande par ce qu'il veut renégocier, s'il est élu, le traité de la zone euro pour y mettre un volet croissance, alors qu'il n'est pas encore appliqué. C'est un camouflet sans précédent, il se fout d'eux. Mais de plus, et c'est navrant de constater, une fois de plus, que notre président n'a aucun scrupule, il est un maître de la fausseté par rapport à ses propos et à ceux de son camp, quant-ils critiquaient la position de François Hollande sur le traité quelques jours auparavant, en affirmant qu'il ne pourra jamais arriver à ses fins.

D'un acte de protectionnisme s'en suit un autre, le «Buy Européan Act». C'est une mesure qui a été appliquée aux États-Unis pour protéger leur marché intérieur. C'est une mesure de soutien aux entreprises qui décideraient de fabriquer et de produire en Europe. «Pourquoi est-ce que ce que les États-Unis s'autorisent, l'Europe devrait se l'interdire ? La France demandera que l'Europe se dote d'un Buy European Act, à l'image du Buy American Act». Cette proposition avait déjà été formulée par Christine Lagarde au printemps 2011 sur une idée évoquée par Élisabeth Guigou ministre socialiste des affaires Européennes en 1993, Le Monde édition d'abonnés. L'adoption d'un «Buy European Act» risque de se heurter à l'opposition farouche des pays libéraux de l'Union européenne. Le commissaire Européen chargé du marché intérieur, Michel Barnier, a plaidé lundi 12/03/2012 en faveur d'une solution «non protectionniste». La Commission européenne prépare pour le 21 mars des propositions afin de garantir une meilleure réciprocité dans l'accès aux marchés publics.

En fait Sarkozy, c'est tout et autre chose. Qu'il se comporte de cette façon, n'a aucune importance, glaner le FN par le populisme de dérive droitière est à la mode dans ce conservatisme. Ce qui est grave ce sont les soutiens qu'il reçoit, Christine Boutin comment peut-elle encore exister sachant que cette politique est contraire à la morale chrétienne. Mais aussi Jean-Louis Borloo, qui n'ayant pas voulu aller à Villepinte, n'en recommande pas moins de voter Sarkozy. Quelle honte pour cette personne se prétendant humaniste ! Quant-à Gérard Depardieu ce gros, pas beau à voir, qui fait honte après avoir été sympathisant socialiste. Avec de tels soutiens pauvre Sarkozy.

Oui, il répond à une partie des Français, qui sont pour la souveraineté de la France, tels Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon qui, ce matin, 12/03/2012 au journal de la 2 tout réjoui de déclarer que Sarkozy reprenait ce qu'il disait depuis toujours. «La démarche politique que le Front de gauche défend depuis trois ans sur la question Européenne, le président de la République vient de dire que c'est une méthode acceptable pour l'Europe et pour la France». Et puis, il y a ceux qui ne veulent pas d'une Europe de la schlague, mais d'une Europe qui garanti l'économie des États contre la dérégulation mondiale des marchés.

Ce discours de Villepinte donne finalement raison à François Hollande qui veut modifier le traité de la zone euro. Ils sont maintenant deux à trouver que l'Europe telle qu'elle est n'est pas viable. Le propos de Sarkozy n'étant qu'électoraliste on l'a bien comprit, n'a rien à voir avec celui de François Hollande qui lui œuvre pour la croissance, c'est à dire des emplois. On voit de suite sa valeur par rapport à celle de Sarkozy qui ne pense qu'à être réélu, l'Europe n'étant qu'un moyen. Pierre Moscovici directeur de campagne de François Hollande de clamer, «les dirigeants conservateurs, si prompts à se liguer pour défendre le président sortant, apprécieront sa menace de sortir unilatéralement de l'espace Schengen, dans le même temps où il appelle à signer le traité d'austérité au nom de la cohésion Européenne».

Quant-à Marine Le Pen, elle accuse Nicolas Sarkozy d'avoir «contribué à mettre en place la dictature de l'Europe» contre laquelle il s'est élevé lors de son discours. Sur BFM TV, elle a notamment mis en évidence «le traité de Lisbonne» qu'il a fait voter durant son mandat, alors que les Français l'avaient rejeté par référendum en 2005. Ajoutant qu'il veut «imposer le MES dans le dos des Français en refusant de passer par un référendum».

François Bayrou, un peu perdu «indécente, la campagne devrait être moderne, économe, sobre». «Je trouve que dépenser des millions d'euros pour un meeting pharaonesque dans l'état de crise où se trouve la France, c'est indécent».

Reste à connaitre la réaction des sondages et celle de ses partenaires conservateurs de la zone euro. Mais j'ai bien peur qu'ils ne s'exprimeront pas publiquement, ce serait manger leur chapeau.

 

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