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Jean-Luc Mélenchon à des paroles et des actes, le 12 /01/12

un moment de bonheur offert par un homme simple.

Document l'Humanité.fr

Support Wikipedia Est-ce bien le titre qui convient à cette émission politique de David Pujadas, à l'analyse de ce que nous avons vu et entendu, ce sont plutôt des paroles que des actes. En fait, ce titre est tout a fait inadapté à ces invités politiques, ils ne peuvent émettre que des paroles, qui pourraient être des actes, s'ils venaient à pouvoir appliquer leurs dires. Et même, dans ce cas, entre les dires et les actes, il y a bien souvent un fossé et parfois le contraire. Ce que l'on ressent, que ce soit Marine Le Pen, François Bayrou, et Jean-Luc Mélenchon, et tous les autres, et sans aucune mauvaise intention, cette émission offre toutes possibilités de propagande, d'affirmations sans preuves de part et d'autre entre les intervenants, de programmes irréalistes d'autant plus que maintenant la France vient de perdre son triple A, de dérives démagogiques sachant, que finalement, parmi les candidats à l'élection présidentielle invités, un seul parmi eux sera en mesure d'être confronté à ses dires s'il venait a être élu, dans la mesure ou tous les prétendants seront invités. Alors tout est permis et l'émission devient un spectacle, c'est ce que Jean-Luc Mélenchon nous a offert. Trois heures durant affirmant son objectif, convaincre les gens que l'on peut changer le pays. La cocotte minute est en train de bouillir selon ses dires, alors profitons en !

Quelles que soient ses opinions politiques Jean-Luc Mélenchon a réuni 3,2 millions de téléspectateurs, soit 13,3 % de part d'audience une tribune à sa mesure prenant par instant le pas sur l'ordonnancement de l'émission. Il fit mieux que Jean-François Copé, 11,1 %, Alain Juppé 9,4 %, mais moins bien que Marine Le Pen 15, 1 % la curiosité n'était pas assez aiguisée, il ne représente, actuellement, que 7 à 8 % d'intention de votes.

Dans un style sans bavures, dans un engagement vraiment à gauche, pas à gauche de la gauche et pas derrière chaque interventions socialistes afin de marquer son territoire dit-il, entouré de Marie-Georges Buffet, PCF, Clémentine Autain, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fase, ou Christian Picquet, Gauche unitaire, il nous a offert à la fois du sérieux, de la répartie, mais aussi de l'humour à la rigolade.

François Hollande n'est pas mon adversaire, c'est mon concurrent. Mais, il ne faut pas qu'il croit qu'il suffise d'apparaître sans discuter avec personne pour avoir son adhésion au second tour. «Je veux l'entendre dire si Mélenchon est au second tour, je voterais pour lui !» Je lui dirais, voila le programme du Front de gauche, qu'il brandit plusieurs fois au cours de l'émission, «vous voulez des électeurs du Front de gauche, et bien, convainquez-les !» «Débrouillez-vous !» «J'estime que le Front de Gauche est la condition de la victoire de la gauche !» Je suis un homme du système, un cacique du PS, «j'ai voté Maastricht mais quand j'ai compris que c'était une erreur», j'ai lutté contre. Il sait comprendre ses erreurs.

«Je parle comme je veux, et comme des millions de Français, trouver un trait, un mot, qui marque les esprits», assumant sa stratégie de rentre dedans devant les médias. Son approche politique a désorienté les interviewers en passant souvent au-dessus de leurs questions, un maître. Il n'y répondait pas directement, mais au fondement même du sujet qui faisaient de ses interlocuteurs, des interviewés, les rôles devenaient inversés.

Face au journaliste François Langlet, ENSAM , qui l'interrogeait sur sa politique économique sa réponse fut de dire qu'il ferait 14 tranches d'impôts et prendrait tout au-dessus de 360.000 € de revenu annuel. Nous voulons mettre en place des cercles vertueux notamment par des écarts de salaires de 1 à 20, le laissant un moment sans réponse.

Si notre problème se résumait à cet écart de salaire je comprendrais, mais c'est une goutte d'eau dans l'Océan de nos difficultés, cela ne signifie pas, pour autant, qu'un contrôle de la dérive salariale doive être effectué.

Je comprends mieux l'augmentation du SMIC à 1.700 €, soit à peine 2 € de plus de l'heure dit-il. «J'en ai par dessus la tête de m'entendre dire que ce n'est pas possible, aujourd'hui le SMIC c'est 9 euros», vous savez de quoi on parle ? Brandissant une pièce de 2 € «voilà ce qui fait verser de grosses larmes aux puissants». Surtout ne pas prendre exemple sur l'Allemagne, il y a 20% de la population active en dessous du seuil de pauvreté. Il n'y a pas 6 % de chômeurs de la population active, «on a maquillé les chiffres en supprimant des séniors». Lire «La misère de Merkel pire que celle de Sarkozy, sinon au moins égale ?»

«Tous sont pour l'austérité sans exception», elle mène à la catastrophe, et s'il doit y avoir de la croissance elle doit être écologique, seul le Front de gauche est pour la relance de l'activité par la consommation, justifiant l'augmentation du SMIC.

Sur les graphiques économiques présentés qui montraient l'évolution des salaires au cours des dix dernières années avec l'évolution économique, il ne fut pas du tout influencé, répondant, vous auriez dû me l'envoyer avant pour que je l'étudie, je n'aurais surement pas trouvé le même résultat que vous. De l'esquive de premier ordre. En fait, il a joué, se délectant de la force de sa conviction et de son background politique. Admiratifs, mêmes ses interlocuteurs l'ont été. Du grand art avec des arguments de poids sur les sujets qui fâchent.

Son combat par dessus tout c'est Marine Le Pen qui parle à la télé mais qui ne va pas dans les usines soutenir les salariés. Il trouve normal qu'elle puisse avoir ses 500 signatures pour être présente à cette élection. Il ne donnera pas comme consigne aux maires du Front de Gauche de donner leur accord, il se ferait jeter, lucide.

Sur les sans papiers, il régulariserait ceux qui travaillent, «c'est la seule manière d'arrêter le dumping social, a-t-il affirmé». «Un travailleur qui n'a pas de papiers ne peut pas se défendre et faire appliquer le code du travail. Donc il est maltraité, et sous-payé», des mots justes.

Ou je ne l'ai pas compris c'est sur le quotient familial, il avait une franche occasion d'homme de gauche pour appuyer sa modulation afin que tous nos enfants aient le même poids monétaire. Non, il s'est esquivé prétextant qu'il fallait attendre la décision des socialistes entre sa suppression ou sa modulation. Il a manqué à son devoir. «Je n'ai pas l'intention de courir derrière chaque invention des communicants socialistes. Je suis pour une vraie réforme fiscale», a-t-il lancé.

C'est à la présence de Jean-Louis Baffa ex patron de Saint-Gobain et président d'honneur que le problème économique fut abordé. Nous devons arracher les entreprises des griffes de la finance et aller vers la planification économique. A la place de la concurrence et de la libre-concurrence non faussée, il faut de la coopération. Notre intérêt est de discuter avec les Chinois, (qui ont des coûts, ainsi que d'autres, en valeur ajoutée défiant toute concurrence). «Cela ne veut pas dire approuver le régime chinois, cela veut dire coopérer». Au niveau de l'entreprise, «je suis partisan d'une loi qui donne un droit de préemption aux salariés sur leur outil de travail... que ceux qui détiennent des actions aient des droits selon le temps de détention de ces actions. Je suis partisan de la planification écologique».

Il termine en lançant «si nous ne gagnons pas, il va y avoir un immense tumulte, mais nous ne savons pas comment il va tourner. C'est pour cela que vous me voyez si passionné». «Le repentir, ce n'est pas trop mon truc. Je l'ai pratiqué quand j'étais enfant de chœur mais, là, j'ai passé l'âge», ce qui fit sourire la salle.

Dans la foulée de sa campagne présidentielle, il était à Nantes à Saint Herblain au Zénith le 14 janvier. Et justement la France venait de perdre le vendredi 14/01/12 officiellement son triple A. Dommage que ce n'était pas encore effectif à son show du 12, nous aurions aimé l'entendre. Mais cela ne l'a pas empêché de fustiger les quatre Dalton de l'austérité en dénonçant un discours de sang et de larmes. «Vous savez que chez les Dalton, c'est le petit le plus méchant et la plus grande, la plus bête !» Traitant Marine Le Pen «d'hallucinogène, d'opium du peuple qui fait croire que l'ennemi c'est l'immigré alors que c'est le financier». «Camarade, regarde où est ton intérêt, a-t-il lancé. Ton intérêt de classe, c'est de voter avec ta classe !» Du Georges Marchais !

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