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La loi Bachelot une catastrophe nationale sur la santé,

les Français se soignent de moins en moins.

Support WikipediaC'est cette loi de misère de l'hôpital qui en est la cause. Elle porte la réforme de l'hôpital relative aux patients, à la santé et aux territoires. Elle fut promulguée le 21 juillet 2009, et fut concoctée par Gérard Larché, président déchu du Sénat, selon un rapport d'avril 2008. Son but rendre les hôpitaux publics à l'équilibre financier en 2012, mais aussi réformer en profondeur la régulation démographique médicale, et là c'est catastrophique. Le déficit de l'hôpital était encore de 900 millions chaque année après l'échec de la réforme de 2002. Il fallait, pour le gouvernement rendre industriel l'hôpital comme si la santé des Français était une valeur marchande. Bien sûr la santé coute cher, mais ce n'est pas l'hôpital qui doit en supporter les conséquences, n'est-il pas le service de santé de ceux qui ne peuvent se payer les praticiens et les cliniques privés ? Porter atteinte à sa fonction régalienne c'est porter atteinte aux Français. Ces 900 millions sont à comparer au cadeau fait à la restauration rapide de 2,5 milliards qui ne leur apporte rien et qui a enrichi le lobby des Auvergnats. Ce n'est donc pas l'hôpital qui coute mais la politique menée.

Les exemples que je présente sont réels et je vais parler en déciles selon l'INSEE, pour bien montrer le pouvoir «d'achat de santé» de ceux qui ne peuvent pas s'offrir les meilleurs praticiens. Ceux qui ont des revenus dans la tranche supérieure des impôts c'est à dire dans le décile D 9 selon l'INSEE ne craignent rien, et je suppose que «Madame Bachelot est de ceux-là» puisqu'ils ont un revenu supérieur à 35.840 € annuels. Il est donc aisé pour cette femme ministre et doctorale en pharmacie de faire cette loi. Elle aura, comme les autres de ce décile de quoi se payer les meilleurs médecins, hôpitaux ou cliniques renommés. C'est donc une loi pour les gens d'en bas afin qu'ils deviennent encore plus misérables.

Il s'agit de ceux qui gagnent juste de quoi vivre et là, c'est grave. Dans un département comme le mien, la Seine-Saint Denis, un département jeune et dynamique, à forte densité de population cosmopolite, des pauvres principalement, le regroupement des services hospitaliers dans les hôpitaux éloignés de certaines banlieues pose de sérieux problèmes de déplacement et d'attente eu égard aux disponibilités des praticiens. La concentration départementale des spécialités n'arrange pas la prise de rendez-vous, l'attente est longue. Par exemple pour une consultation de rhumatologie un habitant de Bagnolet est dirigé à l'hôpital Robert Ballanger de Villepinte, c'est dire que si celui n'a pas le moyen de transport, il est de suite empêché. Il y a les transports en commun mais entre Bagnolet et l'hôpital c'est la galère il faut passer par Paris puis le RER B et descendre à Sevran-Beaudottes, c'est plus de deux heures. Il y a aussi l'ambulance pour les personnes à mobilité réduite, mais ceux qui ont eu cette expérience savent bien qu'elle n'est pas aisé de la mettre en œuvre, il faut une demande de son praticien qui doit être acceptée par la sécu pour être remboursé, et si l'on veut être vite soigné, il faut payer. Pour un déplacement cela peut encore se concevoir mais des soins prolongés nécessitant plusieurs déplacements, ce n'est pas évident.

La ministre et les responsables des administrations centrales des hôpitaux qui ont programmé cette centralisation des services hospitaliers, que l'on peut comprendre par nécessité d'économie, mais sans accompagnement est catastrophique. Ils ne sont bien entendu pas concernés. Ces contraintes font, et vous le comprenez, un ensemble de conditions qui découragent de se faire soigner par des spécialistes pour des pathologies spécifiques. C'est dire aussi, et c'est dommage, la faiblesse de moyens de son médecin référant pour le soigner. Les problèmes rhumatologiques sont bien souvent traités par du Doliprane si le patient souffre, ce qui ne le se soigne pas mais le drogue. Si vous transposez cette situation à des retraités miséreux, leur mal empire vers des difficultés pour se déplacer. Mais pour la sécu c'est tout bon, cela fait des dépenses en moins.

L'expérience récente que j'ai eue mérite d'être contée.

Je suis un randonneur, j'ai marché un peu partout dans le monde, mais pas partout. J'ai fait aussi de l'escalade à Fontainebleau dans les rochers, la varappe comme l'on dit. Je suis tombé dans un trou de trois mètres sur ma jambe droite, et mon genou n'a pas aimé. Opéré par un bon orthopédiste spécialiste du sport j'ai pu remarcher assez vite et cela fait maintenant dix années. Pas tout jeune, l'arthrose me cause des problèmes et à la consultation de mon référant chaque trois mois, je lui parle de mon genou. Il le regarde bien gentiment mais c'est du Doliprane son traitement favori. Pour cela je n'ai pas besoin de lui, et je ne lui ai pas demandé de m'envoyer chez un spécialiste, il n'aurait pas aimé. Comme je connais un bon rhumatologue, secteur 2, qui me soigne depuis plus de dix années, je le consulte périodiquement toutes les années. Je l'ai consulté aussi pour une faiblesse au bas du dos. Cette visite m'a coûté 40 €. Il m'a prescrit de l'anti-inflammatoire et des infiltrations, une d'Altim, et trois de Go-on avec une radio du dos. Les produits sont pris partiellement en charge par la sécu, mais le reste est payé par prélèvement sur le remboursement de la consultation et par ma mutuelle. Coût de la radio 73,35 €. La seconde consultation pour les injections est de 50 € avec une prescription pour  une densitométrie osseuse, coût 39,96 €. Pour les deux injections suivantes la consultation est de 50 € chacune. Mon genou est beaucoup mieux.

Total de la dépense 303,31 €. Ma mutuelle me rembourse un complément à celui de la sécu qui rembourse peu, mais je la paye cher. Comment peut donc faire une personne qui ne gagne que 1.000 €/mois, un peu au dessus du seuil de pauvreté de 954 € mensuels pour 8,2 millions de personnes, voir, plus de pauves pauvres et plus de riches riches. Elle ne peut se soigner correctement et encore mon rhumatologue n'est pas cher eu égard à beaucoup. Conclusion de cette expérience, j'ai évité à la sécu une dépense importante par suite d'une aggravation envisageable de mon arthrose qui aurait pu coûter beaucoup plus cher en me maintenant en bonne condition, ce que ne peuvent faire les seuils de pauvreté. Cette politique est désastreuse pour notre pays d'autant que plus on est pauvre plus on est exposé à des douleurs articulaires.

Autre exemple de l'effet concentrationnaire des spécialités. Comme j'ai fait de la haute montagne j'avais pris la précaution de consulter un cardiologue et un pneumologue pour des explorations pulmonaires avant de m'engager à haute altitude. Pendant dix années je suis allé une fois par année à l'hôpital, mon cœur a un rythme très lent, à faire peur. J'avais rendez-vous à cet hôpital au terme d'une année d'attente. Quelle fut ma surprise de constater que le service de consultations cardiologiques était transféré à l'institut de cardiologie de la Salpêtrière ! Je n'en avais pas été informé. Conclusion, à Tenon, il n'y a plus de consultation de cardiologie. Après avoir été mis en condition par un cadre de santé, embauché pour cela, j'ai pris un nouveau rendez-vous à cet hôpital avec le même docteur, seulement c'est fin décembre. Mais le comble est, que ce même jour, une personne qui avait rendez-vous a perdu trois heures de son travail pour consulter ce docteur, ce qui ne lui fut pas possible. De quoi être écœuré.

Finalement tout fout le camp, Sarkozy aura tout détruit, même la santé des Français.

Pourquoi cette évocation personnelle pour informer ceux qui approuvent sa politique, qu'ils n'oublient pas qu'ils peuvent tomber malade, et s'ils n'ont pas les moyens de la médecine privée, ils vont s'apercevoir de l'état de notre service de santé.

Le site Marianne 2  publie un billet qui donne que 29 % des Français renoncent à se soigner faute d'argent. Ce n'est donc pas que ceux qui sont au revenu du seuil de pauvreté puisqu'il représente 8,2 millions de personnes, soit 13,5 % de la population. Le premier décile D1 est à 10.410 €  soit 10% de la population, le second décile serait à 12.577 € soit 1.048 €/mois, le troisième décile serait à 14.745 € soit 1.228 €/mois, donc 29 % représente une population en dessous du troisième décile c'est à dire gagnant moins de 1.228 €/mois dans une représentation linéaire entre D1 et D5 qui est le décile médian à 19.080 €. Ce chiffre de 29 % me paraît représenter une réalité pour des soins de santé, on ne peut se soigner qu'avec un généraliste avec 1.228 €/mois. La médecine à deux classes est bien instaurée.

Le billet de Marianne évoque principalement les soins dentaires et d'optique ce qui, eu égard à leurs coûts, est juste. Effectivement pour des soins légers l'impasse de soins s'explique, ils ne compromettent pas la santé des Français. «On voit de plus en plus la tutelle se désengager du remboursement des soins légers pour se focaliser sur les affections de longue durée et les soins lourds», constate Guy Vallancien, chirurgien et président du Cercle Santé, co-auteur de ce sondage, Marianne 2.

Le billet indique que le coût de la santé sur les dernières cinq années a flambé de 16,6 % passant de 571 à 665 euros par an et par Français, cela fait 55,4 €/mois ! En plus, la politique médicale menée qui consiste à faire deux sortes de Français, ceux qui peuvent se soigner dans le privé et ceux qui ne peuvent pas, conduit à l'exagération de pratiques de sur-honoraires de plus en plus élevés qui enrichissent le corps médical sans aucun regard sur les difficultés de la population.

Nous avons vu que le coût n'est pas le seul paramètre, la concentration des spécialités par département est aussi un lourd facteur de désengagement aux soins. Le ministre de la santé Xavier Bertrand devrait y réfléchir, de même que Jean-Marie Le Guen médecin spécialiste et responsable des questions de santé au PS.

Le prochain article sera Martine à montré sa solidité et Hollande sa modestie...

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