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  • Martine Aubry le 28 juin 2001 à 11h30,

    la France a rendez-vous avec la démocratie.


    Rassembler la gauche puis la France entière dans la justice.

    Support Wikipedia C'est sous un tonner d'applaudissement que Martine Aubry a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle pour une France solidaire et juste. Je suis candidate à l'élection présidentielle dit-elle esquivant les primaires comme si, pour elle, elles n'existaient pas. Bien entendu, c'est voulu, les primaires c'est elle, c'est sa volonté, alors ne pas les prononcer n'est-ce pas se voir gagnante ou bien tout simplement négliger ses adversaires socialistes ? En fait, elle exprime sa légitimité de secrétaire nationale, être au dessus des autres, et se pose ainsi seule au PS à pouvoir combattre contre Sarkozy. Est-ce de la méprise pour ses adversaires, on pourrait le penser, et la question qui vient à l'esprit qu'elle sera sa position si elle venait malgré tout à ne pas être la gagnante de la primaire ne voulant y figurer ? Ira-t-elle à l'élection malgré cela, ou bien espère-t-elle le désistement des autres candidats ? On se refuse à penser qu'il puisse y avoir deux candidats socialistes à l'élection de 2012 !

    Je veux rendre à la France sa force, sa dignité, sa sérénité, son unité. Je veux rendre à chacun le gout de l'avenir et l'envie d'un destin commun.

    Comme on pouvait s'y attendre ses thèmes sont la fraternité, et la justice dans la république, et puis l'Europe ou elle reste dans la ligne de son père Jacques Delors.

    La Dame des 35 heures qui ont mis à mal sa fraternité et lui ont valu l'égoïsme de nombreux salariés, le partage n'était pas leur motivation puisqu'il était générateur de sacrifice salariaux. Comme nous savons qu'elles furent rejetées et donnèrent à la droite un argumentaire qui lui permis de revenir au pouvoir pendant deux mandatures législatives et trois mandatures présidentielles. Cette longue traversée qu'elle subira meurtrie dans son amour de fraternité, ne l'a découragea pas et elle obtint, à la suite de son succès à la mairie de Lille lors des municipales en 2008, au Congrès de Reims une majorité contre Ségolène Royal bien que sa motion fut arrivée en tête, et qui fit, lors du vote des militants supposer une arnaque sur les 102 bulletins de vote sur 67.451 pour Martine Aubry. Le tout contre Ségolène par la gauche du parti avait fait son œuvre.

    Nul ne met en doute la morale républicaine de Martine Aubry n'y ses compétences, elle fut plusieurs fois ministre et la dernière fois dans le gouvernement Jospin. Femme de gauche, autoritaire paraît-il, obstinée comme sa mère, qui n'hésite pas au paradoxe de combattre l'alliance avec les centristes pour ses compagnons et de l'accepter pour elle même à Lille avec le Modem et les Verts lors des municipales en 2008. Réélection dont on sait maintenant qu'elle lui permet, après le poste de secrétaire nationale, d'être candidate à l'élection présidentielle de 2012, bien qu'elle avait accepté dans le tout contre Ségolène Royal en 2008 de ne pas y être.

    Je me suis donc trompé croyant qu'elle ne se présenterait pas, préférant le secrétariat national ou elle su maintenir les appétits des ténors socialistes et gagner haut la main les élections régionales de 2010. Un président socialiste se doit d'avoir un parti fort et uni ce qui impliquait qu'elle ne se présenterait pas. Elle hésita longtemps, le pacte DSK étant rompu, la voie était libre, et l'on est en droit de penser qu'elle ne s'est décidée qu'à la suite d'un lobbying des cadres de son parti.  Jacques Delors son père refusa d'être candidat en son temps à la présidentielle, mais il à toujours pensé qu'en politique, elle était meilleure que lui disait-il en 2008 après son élection au Lille.

    Pour la droite, c'est la caricature d'un parti qui n'évolue pas

    L'allocution de Martine Aubry

    Redresser la France, rassembler les Français dans la justice

    Mes chers compatriotes,

    J’ai souhaité aujourd’hui m’adresser à vous.

    Dans moins d’un an a lieu l’élection présidentielle. La France a rendez-vous avec la démocratie, c’est-à-dire avec elle-même.

    Notre pays subit de grands désordres, désordre économique, désordre budgétaire, désordre social, qui entraînent d’autres désordres dans les vies comme dans les lieux de vie. Un pouvoir enfermé dans ses certitudes, a touché à tout sans rien régler.

    Je le dis : on ne peut pas innover, créer, soigner, éduquer, et soumettre ces nécessités vitales aux seules lois du marché. On ne peut pas critiquer le pouvoir financier, tout en le laissant continuer ses pratiques détestables. On ne peut pas protéger les Français en imposant les recettes libérales qui les fragilisent.

    On ne gouverne pas en opposant les jeunes aux plus âgés, les travailleurs aux chômeurs, les Français aux étrangers. On ne préside pas la France sans porter haut ses valeurs et son identité, qui ont fait l’admiration du monde. Derrière l’apparence de l’énergie, trop souvent confondue avec l’agitation, ce pouvoir a surtout une réalité : une politique injuste exclusivement menée au profit des privilégiés.

    Il est temps, il est grand temps que cela change vraiment.

    Je veux rendre à la France sa force, sa sérénité, son unité.

    Je veux redonner à chacun le goût de l'avenir et l'envie d'un destin en commun.

    Aussi, j’ai décidé de proposer ma candidature à l’élection présidentielle.

    Oui, la France connait des heures difficiles. Mais je suis résolue à me battre de toutes mes forces pour lui redonner avec vous un avenir. Il n’est pas de plus beau combat, il n’est pas de mission plus noble.

    J’ai la conviction que face aux multiples défis de notre monde, une vision claire, une action cohérente et un langage de vérité permettront de récréer de la confiance, de redresser notre pays et de le rassembler dans la justice. La peur, le repli sur soi et le défaitisme : ce n'est pas la France!

    Je vous le dis ici dans ma ville de Lille, capitale d’une grande région industrielle où rien n’a jamais été donné, où tout a été conquis par le courage des femmes et des hommes. Lille, terre d’hospitalité pour ceux venus d’ailleurs, qui contribuent aujourd’hui à notre prospérité. Lille, que j’aime tant, qui m’a tant donné et qui m’a tant appris.

    Je vous le dis en m’appuyant sur ce que j’ai de plus cher, les valeurs transmises par ma famille : la morale, le sens de la justice et le goût des autres. Je puise ma force dans mes convictions de toujours, celles de la République et celles de la gauche. Pour moi, la liberté rime avec l’égalité, pour donner à chacune et chacun les moyens de construire sa vie. Pour moi, seule la fraternité permet une société apaisée où chacun donne le meilleur de lui-même aux autres. Pour moi, la laïcité est une valeur inestimable que nous devons protéger précieusement.

    Je le dis aussi après trois années de travail à la tête du Parti Socialiste, confiante dans le grand projet du changement que nous avons préparé tous ensemble pour répondre à vos attentes et aux besoins du pays. J’ai vu, j’ai entendu, j’ai écouté, j’ai échangé avec beaucoup d’entre vous.

    Les difficultés et même la colère sont là, mais le désir d’agir pour que notre pays retrouve un sens est puissant. Nul n’ignore la situation réelle de la France et la dureté de la crise. Nous aurons des efforts à réaliser, mais je m’y engage, ils seront justement répartis. On ne peut pas demander toujours plus à ceux qui ont peu et donner à ceux qui ont déjà tout. Tout ne sera évidemment pas possible tout de suite, mais nous reprendrons ensemble le chemin du progrès.

    Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous dire que je veux relever le défi d’une France innovante, compétitive et écologique.

    Nous avons des ressources puissantes pour être dans le peloton de tête des nations. Nos ouvriers, nos employés, nos cadres, nos agriculteurs, nos entreprises, nos chercheurs, nos artistes, nos créateurs débordent de compétences, d’imagination et d’initiatives. Nos jeunes sont énergiques et créatifs. Il faut leur faire confiance et leur donner les moyens de leur autonomie.

    Nous avons tous les atouts pour réussir dans la compétition mondiale en bâtissant, dans une France conquérante, un nouveau modèle économique, social et écologique, qui donnera à la France une génération d'avance.

    Je veux aussi restaurer la justice associée à la promesse républicaine.

    Les Français doivent pouvoir vivre de leur travail, avec des emplois qui valorisent et permettent de progresser. Les jeunes doivent pouvoir faire des projets de vie et de travail. Les parents doivent pouvoir éduquer et protéger leurs enfants.

    Chacun doit avoir accès aux soins et à un logement digne. Nos anciens ont droit à une retraite décente et à une prise en charge de la perte d’autonomie par la solidarité nationale. La sécurité qui est un droit essentiel, doit être assurée : le gouvernement utilise l’insécurité pour faire peur, moi je veux la combattre. Nous nous appuierons sur des services publics rénovés, attentifs à chacun, et sur une fiscalité juste.

    Je vous promets de nouvelles conquêtes. L’égalité des droits pour tous, et d’abord entre les femmes et les hommes, doit enfin devenir une réalité. La culture doit être mise en avant pour nous inspirer, nous faire grandir et nous réunir.

    Je veux enfin que notre pays retrouve toute sa voix dans le monde.

    La France ! Notre France, avec une diplomatie et une défense respectées, doit œuvrer pour la paix, la démocratie et la prospérité du monde!

    Et aussi pour l’Europe ! Vous le savez bien, l’Europe est pour moi un combat de toujours. Mais je veux une nouvelle Europe, une Europe qui produit et qui protège, une Europe qui fait respecter de nouvelles règles dans le commerce international, une Europe forte et en même temps solidaire.

    Redonner à la France son poids et sa voix, rassembler dans la justice, tout cela sera possible grâce à un vrai souffle démocratique : une présidente qui préside, un gouvernement qui gouverne, un parlement renforcé et respecté, l’indépendance de la justice et des médias assurée, des syndicats et des associations au cœur du changement, une nouvelle décentralisation réelle et démocratique. Il faut oser la démocratie jusqu’au bout, comme nous le faisons avec nos primaires citoyennes !

    Mes chers compatriotes de la métropole et des Outremers,

    Nous rêvons d’un véritable changement au profit de tous, un changement où les mots se transforment en actes.

    Je suis enthousiaste à l’idée d’aller à votre rencontre.

    Je veux plus que tout rassembler, rassembler aujourd’hui les femmes et les hommes de gauche, les écologistes et les humanistes, pour que demain en 2012 nous puissions rassembler les Français et la nation toute entière.

    Avec votre soutien, avec votre confiance, je prends aujourd’hui devant vous l’engagement de la victoire en 2012.

    Vive la République !

    Vive la France !

    Martine Aubry


  • Arnaud Montebourg,

    le chantre de la démondialisation à sa manière.


    Support Wikipedia C'est le mot à la mode devant le fiasco de l'Union européenne si porteuse d'espoirs et qui n'en fini pas de souffrir de sa politique conservatrice  alors qu'elle avait pour but de rapprocher les peuples, mais c'était sans compter sur ses dirigeants qui depuis tant d'années ont fait une Europe des profits au détriment des Européens. L'intégration de pays de culture et d'économie si différentes, ouvrant de ce fait les frontières, à conduit notre économie devant la concurrence des pays à faible coût de valeur ajoutée à laminer notre industrie, ainsi qu'à faire de nous des assistés, des chômeurs et des SDFs en puissance. Ce n'était pas le discours que l'on entendait de nos représentants politiques de l'époque, l'Europe devait être pour nous un moyen de rapprochement, d'éviter les guerres qui ont fait tant de malheur, mais aussi l'ouverture de marchés dont le but était une potentialité industrielle accrue et non le démantèlement de nos usines au profit de pays de niveau de vie très inférieur. L'élargissement à 27 sans considération des conséquences que cela entrainerait à la fois sur la stabilité monétaire et sur les échanges commerciaux avec ces pays a placé notre économie et celle des vieux pays Européens dans une situation d'endettement qui fragilise leur stabilité conduisant inévitablement à la pauvreté de leurs citoyens. Il n'est donc pas étonnant que des politiques clament l'abandon de l'Union Européenne pour le retour à une indépendance économique et monétaire, sans en mesurer les conséquences qui surviendraient sachant que notre situation n'est plus celle d'avant. Notre endettement est tel que sans le secours du pacte monétaire nous devrions dévaluer notre monnaie, c'est à dire le franc retrouvé. La dévaluation c'est tout simplement un appauvrissement conduisant à un coût de vie plus élevé puisqu'il faudrait payer plus cher ce que nous importerons.

    Quand on voit notre industrie automobile perdre ses emplois pour cause de compétitivité alors qu'elle a été robotisée, on veut maintenant fermer chez PSA deux usines celle de Sevelnord dans le nord et celle d'Aulnay en Seine Saint-Denis d'ici 2014 ou 6.200 salariés y travaillent encore. Malgré les sacrifices fait par les salariés au compte de cette robotisation, l'industrie automobile Française à perdu 33% de sa production entre 1997 et 2009. On compare souvent l'industrie Allemande à la Française or, en Allemagne les constructeurs y produisent près de la moitié des voitures qu'ils vendent alors qu'en France c'est seulement 1/3. En outre, le salaire d'un Allemand est en moyenne de 20 % supérieur à celui d'un Français et les voitures Allemandes sont très chères. Ce n'est donc pas que les charges sociales souvent accusées de miner les coûts de production puisque dans nos usines robotisées il n'y a presque plus d'ouvriers, ce n'est donc pas leurs charges qui grèvent notre compétitivité. Par contre la sous traitance automobile souffre le plus, ses pertes d'emploi seraient de l'ordre de 40.000 à 50.000 salariés chez les sous-traitants et les équipementiers, secteurs à forte valeur ajoutée. Les causes sont multiples, entreprises trop petites, insuffisance de fonds propres, difficultés d'accès au financement et au crédit, et surtout en France ou le sous traitant est souvent celui qui est pris à la gorge. Un état économique qui a peu avoir avec la mondialisation mais avec un patronat sans scrupules.

    Alors la démondialisation c'est quoi, c'est la fermeture des frontières, le repli sur soit, en d'autres termes c'est ne pas voir l'évolution du monde, c'est baisser les bras devant le défi à relever, c'est marcher à coté de ses pompes. C'est la politique du Front national dont Marine Le Pen déclare que si elle était socialiste elle voterait pour Arnaud Montebourg .

    Mais pour Arnaud Montebourg, nous sommes dans une naïveté grotesque. Pour lui «l'Europe ne manque pas seulement de roublardise, elle manque d'intelligence stratégique» pour imposer les mauvais traitements que nous inflige le reste du monde. Arnaud Montebourg n'est pas favorable à un repli national, il est pour «un protectionnisme altruiste partagé ou nous pouvons amener à l'amélioration des salaires et des conditions de travail dans les pays pauvres». L'instauration d'une vraie taxe carbone extra-européenne permettrait d'en verser une part au fond de Kyoto afin d'aider les pays qui n'ont pas nos disponibilités financières et à améliorer leur processus productif au regard des émissions de CO2. Et, chez nous, on éviterait que «nos efforts sociaux et environnementaux soient ruinés par une concurrence déloyale». Il va falloir trancher à la présidentielle dit-il.

    «Au nom de la mondialisation, on fait accepter aux Français des abandons de ce qui appartient à leur identité et à leur libre choix. Le modèle économique Français et la protection sociale sont en train de passer au laminoir. Cela va des femmes précarisées à 750 euros par mois à l'ouvrier qualifié qui a perdu dans la crise son emploi, en passant par le petit patron de PME qui ne parvient plus à se financer dans le système bancaire et se fait assommer par la grande distribution».

    Belle tirade, mais, je ne vois pas en quoi l'instauration d'une taxe carbone résoudrait  le problème de la concurrence déloyale. Si l'on aide les pays qui n'ont pas de disponibilités financières avec cette taxe cela ne joue nullement sur les coûts de main d’œuvre cause majeure des délocalisations industrielles.

    L'Union porte la responsabilité de la situation actuelle de la Grèce pour ne pas avoir vu ses conditions fiscales ainsi que ses potentialités propres qui lui permettraient de surmonter son énorme déficit rendant ce pays au bord de la faillite avec une dette qui atteindrait 127 % de son PIB au lieu des 115,2 % en 2010. Mais, il n'est pas le seul, le Portugal, l'Irlande, et dans une moindre mesure l'Espagne, et même l'Italie à l'origine de cette Union avec une dette en valeur absolue la plus élevée de tous de 1.843 milliards fin 2010 soit 118,5 % de son PIB. la France n'est pas en reste puisque le rapport annuel sur les finances publiques de la Cour des comptes appelle le gouvernement a freiner le plus vite et le plus fortement possible la progression de la dette, jugeant nécessaire un redressement de 20 milliards par an. Si rien n'est fait, «nous approchons de la zone dangereuse», souligne Didier Migaud. Au-delà de 90 % de PIB, environ, «l'endettement pourrait déclencher des réflexes de précaution défavorables à la croissance chez les ménages et entreprises. Et, au-delà de 10 % du produit des prélèvements obligatoires, la charge d'intérêt peut conduire à une dégradation de la notation des emprunts d'Etat», même si «la France aujourd'hui n'a pas de risque de voir remise en cause sa notation», nuance-t-il.

    On a instauré la concurrence à 27 avec des pays qui n'étaient pas de même niveau de développement et en même temps on s'est ouvert sur l'extérieur. Arnaud Montebourg, «On a organisé la passoire de l'UE vis-à-vis de la mondialisation, pendant que toutes les autres grandes nations mercantiles et concurrentes, elles, prennent des mesures protectionnistes. Car que font les communistes Chinois ? Ils utilisent la mondialisation quand elle est à leur avantage, mais ils sont archi-protectionnistes, totalement dirigistes dans leur économie intérieure, ils manipulent leur monnaie pour augmenter leur domination sur les marchés mondiaux».

    Démondialisation, c'est à la fois des frontières, des douanes avec des taxes sur les produits importés mais c'est aussi de la part des autres pays sur nos produits, ce qui en fin de compte rend par ce protectionnisme le commerce plus cher. Mais c'est également sortir de l'Union économique et monétaire fondé par le Traité de Maastricht signé le 07 février 1992 par les 12 pays qui fondèrent l'Union à cette époque. En d'autres termes, c'est sortir de la zone Euro. Mais sortir de l'Euro, c'est revenir aux anciennes monnaies ce qui ne peut se faire sans retrouver un endettement inférieur à 60 % du PIB et un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB.

    Alors pourquoi faudrait-il démondialiser ?

    C'est d'abord sortir de la zone euro, et nous en avons vu les conséquences. l'emploi mal payé des pays pauvres tue l'emploi mieux payé des pays riches, comme l'écrit Jean-Marc Vittori dans les Échos, «l'ouverture des pays longtemps plongés dans la glace communiste, Chine en tête, a fait débouler des centaines de millions d'hommes et de femmes prêts à travailler pour trois fois rien la plupart de ceux qui prônent la démondialisation des marchandises le font au nom de la solidarité». Mais la solidarité devrait au contraire nous amener à aller plus loin encore dans l'ouverture. «Tous les pays qui ont émergé ces dernières décennies ont fait jouer le levier de la mondialisation, de la Corée du Sud au Brésil en passant par la Chine. Aucun de ceux qui sont restés submergés par la pauvreté n'a su ou pu le faire». La solidarité, c'est l'ouverture des frontières. Sauf à limiter son champ à l'intérieur des frontières, ce que seul le Front national, à nouveau, ose faire ouvertement.

    La contradiction, ici, ressort magnifiquement dans le livre du socialiste  Arnaud Montebourg, il faut «obliger le consommateur à acheter plus cher pour soutenir le pouvoir d'achat». Chacun sait pourtant que c'est la baisse des prix qui augmente le pouvoir d'achat ! Pour être juste, Arnaud Montebourg précise qu'il s'agit du pouvoir d'achat des salariés producteurs. Mais si le but est d'organiser un transfert de ressources entre salariés et inactifs (retraités, chômeurs...), il y a d'autres moyens plus efficaces que les barrières douanières, comme la TVA sociale. Et moins coûteux.

    Outre les conséquences des barrières douanières nous préservant des influences extérieures, il faut comprendre la réaction des pays qui seraient visé par des taxes douanières, ils réagiraient à leur tour et nos exportations à haute technologie Airbus, centrales, armement, produits de luxe, se verraient taxées. Finalement tout le monde y perdrait. Or, ce n'est qu'un temps à passer, les pays émergents dont la Chine ont de plus en plus de mal à être moins cher que nous, pour eux aussi l'amélioration des conditions de vie de leurs citoyens fait monter les prix de vente, ils deviennent de ce fait moins compétitifs, il faut savoir attendre que ce bouleversement mondial s'équilibre conduisant à des valeurs ajoutées proches ou seuls les paramètres de transports, à cause de l'énergie, feront la différence entre ce que nous produisons avec ce que nous pourrons acheter ou faire fabriquer à l'extérieur.

    Il y a un autre paramètre dont on parle peu et qui prêcherait à démondialiser nos échanges, il s'agit de la protection sanitaire alimentaire des produits importés. On constate avec le libre échange au sein de l'Union que nous pouvons nous contaminer les uns et les autres, l'exemple des morts par la bactérie Eschérichia Coli en est le symbole. Il est certain que les protections et les contrôles sanitaires ne sont pas identiques sur l'ensemble des pays de l'Union, de sorte que la fermeture des frontières à certains pays peu scrupuleux serait une solution à l'importation de denrées alimentaires, par le fait que même avec un contrôle rigoureux aux douanes ne peut assurer le passage d'aliments sains.

  • Elena Bonner dissidente soviétique,

    une combattante de la liberté, n'est plus.


    Support Wikipedia Ma vie a été «tragique, hippique et belle» ce sont les mots de son discours à Oslo le 19 mai 2009. Invitée par le président du Forum Thor Léonardo Halvorssen Mendoza, à cette conférence, il lui a demandé de parler de sa vie, de ses souffrances endurées et de la manière dont elle les a surmontées. Aujourd’hui tout cela me semble vraiment inutile dit-elle. Je dirai seulement quelques mots sur ma vie, tragique hippique et belle, que ceux qui veulent des détails lisent mes deux livres «Seule ensemble», et «Mères et filles». Ils ont été traduits dans de nombreuses langues. Lisez les mémoires de Sakharov . Dans l'ombre de son mari le physicien prix Nobel de la paix en 1975 Andréï Sakharov, père de la bombe H, la Tsar bomba Soviétique, fut reconnu en Occident comme l'un des symboles de l'opposition avec l'écrivain Alexandre Soljenitsyne. Elle fut pendant 20 années une figure majeure pour la lutte des droits de l'homme en Union Soviétique. La porte-parole des sans voix de l'ère Soviétique et post Soviétique.

    Document Vosges matin.

    Elle est décédée d'une crise cardiaque à l'âge de 88 ans samedi 18 juin à Boston aux États-Unis ou elle vivait avec ses enfants. Ni le Kremlin, ni les services du Premier ministre Vladimir Poutine n'ont réagi officiellement à son décès annoncé plus de 24 heures auparavant. Un porte-parole du Kremlin, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a estimé que le président Dmitri Medvedev n'émettrait pas de réaction officielle. «Il semble que non», a-t-il répondu, interrogé par l'AFP sur cette question. Un autre porte-parole, interrogé plus tard dans la journée a renvoyé à des déclarations du délégué russe aux droits de l'homme auprès du Kremlin, Vladimir Loukine. Un autre conseiller du Kremlin pour les droits de l'homme, Mikhaïl Fedotov, a de son côté rendu hommage à l'ancienne dissidente.

    «C'est une tragédie pour tous ceux qui ont à cœur la liberté, l'humanité, l'honnêteté», a dit Mikhaïl Fedotov, interrogé par la radio Écho de Moscou.

    Les États-Unis ont rendu hommage dimanche à l'ancienne dissidente, la qualifiant de «voix extraordinaire parmi les défenseurs des droits de l'homme dans l'ancienne Union soviétique et la Fédération de Russie», dans un communiqué du département d’État. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a évoqué le «courage» d'Elena Bonner, dans sa lutte commune avec Sakharov pour «les libertés fondamentales et la dignité humaine».

    Après une cérémonie funéraire à Brooklyn, mardi 21 juin, ses cendres devaient être déposées au cimetière Vostriakovski de Moscou, là où est enterré son époux, mort en 1989.

    Née le 15 février 1923 à Mary une ville du Turkménistan de père arménien et de mère juive, Elena Bonner a été élevée par sa grand-mère, Batania, qui lui transmit une culture judéo-russe, plutôt conservatrice. Son père Gevork Alikhanov était un membre actif du Komintern, l'Internationale communiste, pendant la révolution en Transcaucasie, côtoyant ainsi le Maréchal Tito et Gueorgui Dimitrov futur dirigeant communiste de la Bulgarie. Sa mère Ruth Bonner d'origine Sibérienne rejoint le parti communiste en 1924 et s'intéresse peu à ses enfants. Elena Bonner a 14 ans quand son père fut arrêté en 1937 par les Grandes purges staliniennes, il fut fusillé l'année suivante. Sa mère condamnée à 8 années au camp de Karaganda dans le Kazakhstan passera 18 ans entre le camp,  la prison, et l'exil. Elle fut donc élevée par sa  grand-mère avec son jeune frère.

    Le poète Vladimir Kornilov, qui a eu le même destin, a écrit :

    «Dans ces années-là il semblait que nous n’avions pas de mères. Nous avions des grands-mères».

    Il y avait des centaines de milliers de ces enfants-là. Il y a Ehrenburg les nomma «les étranges orphelins de 1937».

    Elena Bonner reprend ses études et s’investit comme infirmière lors de la seconde guerre mondiale ou elle fut blessée à deux reprises. Après la guerre, elle intégra l'Institut médical de Léningrad ou pendant six années de privations et de pauvreté elle devint pédiatre, et se maria avec un médecin de Leningrad et eu deux enfants, Alex et Tatania auprès de laquelle elle a vécu ses dernières années à Boston. Mais elle n'était pas seule tout le monde vivait ainsi. Après la déstalinisation lancée par Nikita Khrouchtchev en 1956, elle entra au parti communiste, «la plus grande erreur de ma vie dira-t-elle» quelles que années plus tard, elle cessera de payer ses cotisations de membre en 1968 après l'invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie qui mit fin à ses espoirs de libération du régime communiste, un geste sacrilège en Union Soviétique.

    A cette époque Elena Bonner était engagée depuis plusieurs années dans le mouvement des droits de l'homme, et c'est ainsi qu'elle rencontra Andréï Sakharov en 1970 à Kalouga, une petite ville à 100 kms de Moscou ou ils étaient venus assister au procès de deux dissidents. Ils se marièrent en 1972 et Elena Bonner devint son ambassadrice dans le monde. Elle représenta en 1975 son mari empêché par les autorités Soviétiques de se rendre à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix.

    Immeuble du quartier à la périphérie de Scherbinki, à Nijni Novgorod, anciennement Gorki, dans lequel Andreï Sakharov et Elena Bonner vécurent leur exil surveillé de 1980 à 1985. Leur appartement est aujourd'hui un musée.

    «Nous étions absolument libre dans un État qui ne l'était pas», aimait à rappeler Elena Bonner évoquant ses années de luttes avec Sakharov. En 1980, Sakharov fut assigné à résidence à Gorki, une ville interdite aux étrangers à 500 kms à l'est de Moscou pour avoir dénoncé l'intervention Soviétique en Afghanistan. Elle devint son seul lien avec l'extérieur. En 1984, elle fut à son tour condamnée à 5 années d'exil à Gorki pour avoir systématiquement diffusé des infos calomniant l'Union Soviétique. Un an plus tard, elle reçut un appel de Nikhaïl Gorbachov annonçant la levée de l'exil de son mari. Après le décès de celui-ci le 14 décembre 1989, elle poursuivit son combat, elle devint membre de la commission des droits de l'homme du président Boris Elsine, mais le quitta lors de l'intervention en Tchétchénie. Ces dernières années, elle ne ménagera pas ses critiques envers Vladimir Poukine qu'elle considéra une menace pour les libertés et les droits de l'homme en Russie.

    Dans son discours à Oslo le 19 mai, elle dit les pays Occidentaux ne sont plus vraiment intéressés à Sakharov.

    «L'Ouest n'est pas très intéressé par la Russie non plus, un pays qui n'a plus de vraies élections, plus de tribunaux indépendants ou de presse libre. La Russie est un pays où journalistes, activistes des droits de l'homme et immigrés sont régulièrement tués, presque quotidiennement. Une corruption extrême fleurit, d'une manière et avec une ampleur qui n'avaient jamais existé auparavant en Russie, ni nulle part ailleurs. Mais de quoi discutent principalement les médias occidentaux ? Du gaz et du pétrole dont la Russie est très riche. L'énergie est son seul atout, et la Russie l'utilise comme un instrument de pression et de chantage. Et il y a aussi un autre sujet qui ne disparaissent jamais des journaux, qui gouverne la Russie ? Vladimir Poutine, ou Dimitri Medvedev ? Mais quelle différence cela fait-il, puisque la Russie a complètement perdu la dynamique pour un développement démocratique que nous pensions avoir perçue, au début des années 90. La Russie va rester ce qu'elle est maintenant pendant des décennies, à moins qu'il ne se produise un bouleversement violent», lire la suite ici.

    Andeï Sakharov et Elena Bonner


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