Avertir le modérateur

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 39,

    la révolution nationale.


    220px-revolutionnationale.1295019558.jpg

    Affiche révolution nationale de Philippe Noyer, Wikipédia


    Support Wikipedia Nous entrons dans une période qui va durer quatre années jusqu'à la libération de Paris en 1944 elle marque la fin du gouvernement de Pierre Laval le 19 août. Le gouvernement qui s'installe sous l'autorité de Pétain en 1940 n'est plus le gouvernement de la république, le régime instauré est un régime de droite nationaliste mêlant monarchisme, bonapartisme et nationalisme. En fait, les parlementaires qui ont votés pour lui ne lui ont pas demandé quel serait sa politique, lui donnant ainsi un blanc-seing, de plus, il ne l'a pas définie s'il avait les pleins pouvoirs, leur faute est d'autant plus lourde, ils voulaient se débarrasser à tout prix de la gestion du pays et cela quel qu'en fût le prix ! En outre, aurait-il défini sa politique, aurait-elle pu être différente, rien n'est moins sûr ?

    Philippe Pétain a tous les pouvoirs il peut donc promulguer tous les textes législatifs et exécutifs qu'il veut, ce qui fait dire à Pierre Laval qu'il a plus de pouvoirs que Louis XIV, il peut même rédiger une constitution. La volonté de Philippe Pétain de révolutionner la société Française et l'État se distingue par une intense activité législative avec 16.786 lois et décrets promulgués en quatre ans. Cette législation du régime de 1940 fait la rupture avec un certain nombre de principes républicains.

    * Rejet du parlementarisme et du multipartisme.
    * Corporatisme avec l'établissement de la Charte du travail, suppression des syndicats remplacés par des corporations par branches d'activité, suppression du droit de grève.
    * Stigmatisation des responsables supposés de la défaite, la Troisième République, en particulier la politique du Front populaire, les communistes, les Juifs, les francs-maçons tous considérés comme des traîtres à la Patrie.
    * Antisémitisme d'État. Au nom de la limitation de «l'influence» des Juifs, ceux-ci sont exclus de la Nation et ne peuvent plus travailler dans l'administration, un numerus clausus limite drastiquement leur nombre à l'Université, parmi les médecins, les avocats, les cinéastes, les métiers des arts et des spectacles, ou encore dans la banque, le petit commerce, etc. Bien vite, la liste des métiers interdits s'allongera démesurément. On estime qu'en moins d'un an, plus de la moitié de la population juive de France sera privée de tout moyen de subsistance.
    * Cohésion de la société, chaque classe sociale étant censée être solidaire des autres afin de maintenir l'ordre social, «organicisme».
    * Apologie des valeurs traditionnelles, la devise républicaine «Liberté, Égalité, Fraternité» est remplacée par «Travail, Famille, Patrie».
    * Régionalisme politique, culturel, et linguistique.
    * Rejet du modernisme culturel et des élites intellectuelles et urbaines, politique du «retour à la terre», qui ne convaincra d'ailleurs pas plus de 1 500 personnes de revenir aux champs,.
    * Culte de la personnalité.

    Le portrait du maréchal Pétain, omniprésent, apparaît sur les monnaies, les timbres, les murs des édifices publics, ou en buste dans les mairies, comme le font tous les dictateurs. Une chanson à sa gloire, le fameux Maréchal, nous voilà ! devient l'hymne national officieux. La soumission inconditionnelle au Chef et à la hiérarchie est exaltée.

    On voit bien que le remplacement de la devise républicaine «Liberté, Égalité, Fraternité» par «Travail, Famille, Patrie» l'emblème du régime de 1940, la Francisque, placardé sur tous les murs n'a plus rien de républicain. Cette Francisque qui ne dit pas sa raison représente un ordre attribué par le régime en tant que marque spéciale d'estime au maréchal Pétain au même titre que l'emblème du parti National socialiste des travailleurs Allemands, NSDAP nazi_eagle_swastika.1295109780.png.

    480px-coat_of_arms_of_the_french_statesvg.1295021426.png

    Emblème officiel du maréchal Pétain en tant que chef de l'État, source Wikipédia

    Parmi les personnalités qui ont été décorées de la Francisque, il y a François Mitterrand, Raymond Marcellin, le général Raoul Salan, l'acteur Charles Vanel, l'acteur Pierre Frenay, Edmond Giscard d'Estaing, Antoine Pinay, Louis II de Monaco, Maurice Couve de Murville, le général Maxime Weygand et son épouse....Associé à la Francisque, le régime de Pétain a remplacé la Marseillaise par le chant Maréchal nous voilà qui devient l'hymne national dont le texte est le suivant :

    Une flamme sacrée
    monte du sol natal
    Et la France enivrée
    te salue Maréchal
    Tous tes enfants qui t’aiment
    et vénèrent tes ans
    A ton appel suprême
    ont répondu «présent»

    Maréchal , nous voilà
    Devant toi le sauveur de la France
    Nous jurons, nous tes gars
    De servir et de suivre tes pas
    Maréchal , nous voilà
    Tu nous as redonné l’espérance
    La patrie renaîtra

    Maréchal, Maréchal, nous voilà
    Tu as lutté sans cesse
    Pour le salut commun
    On parle avec tendresse
    Du héros de Verdun
    En nous donnons ta vie
    Ton génie et ta foi
    Tu sauves la patrie
    Une seconde fois

    Maréchal , nous voilà
    Devant toi le sauveur de la France
    Nous jurons, nous tes gars
    De servir et de suivre tes pas
    Maréchal , nous voilà
    Tu nous as redonné l’espérance
    La patrie renaîtra
    Maréchal, Maréchal, nous voilà

    Quand ta voix nous répète
    Afin de nous unir
    : ‘Français, levons la tête
    Regardons l’avenir!’
    Nous, brandissant la toile
    Du drapeau immortel,
    Dans l’or de tes étoiles
    Nous voyons luire un ciel

    Maréchal , nous voilà
    Devant toi le sauveur de la France
    Nous jurons, nous tes gars
    De servir et de suivre tes pas
    Maréchal , nous voilà
    Tu nous as redonné l’espérance
    La patrie renaîtra
    Maréchal, Maréchal, nous voilà.

    La guerre est inhumaine
    Quel triste épouvantail!
    N’écoutons plus la haine,
    Exaltons le travail,
    Et gardons confiance
    Dans un nouveau destin,
    Car Pétain, c’est la France!
    La France, c’est Pétain! ! !

    Maréchal , nous voilà
    Devant toi le sauveur de la France
    Nous jurons, nous tes gars
    De servir et de suivre tes pas
    Maréchal , nous voilà
    Tu nous as redonné l’espérance
    La patrie renaîtra
    Maréchal, Maréchal, nous voilà.

    La vidéo de l'hymme pétainiste :



    La révolution nationale qu'est-ce que c'est ?

    C'est l'idéologie du régime de Pétain qui est rattachée à celle de Georges Valois «la révolution nationale, philosophie de la victoire» publié en 1924. Georges Valois cherchait une nouvelle forme d'organisation économique et sociale ainsi que la synthèse du national et du social, a oscillé entre les radicalités de gauche et de droite. Georges Valois était membre de la revue de l'Action Française. Fondée par Henri Vaugeois et Maurice Pujo membre d'extême droite qui a fondé les camelots du roi. La revue sort en 1899 son n° 1 le 20 juin, et est dirigée par Henri Vaugeois. Elle devient un quotidien en avril 1908 et passe sous la direction de Charles Maurras avec le titre abrégé L'Action française . Sous l'influence de Maurras, le mensuel devient l'organe du «nationalisme intégral» et défend la restauration monarchique. Cette Revue a fédéré de nombreux royalistes, dispersés notamment depuis l'affaire du comte de Paris. Elle a joué un rôle considérable dans l'affaire Dreyfus en étant l'un des principaux protagonistes de l'antidreyfusisme, de l'antisémitisme et de la revanche, elle constitue un bastion influent de la droite nationaliste à la fin du XIXème siècle.

    Voici ce que Georges Valois écrit en 1924,

    «l'État libéral fonctionne en 1924 comme avant le 2 août 1914. Mais le prestige qu'il possédait avant la guerre est tombé, les idées libérales, encore vivantes il y a dix ans, ont perdu toute influence. L'État libéral n'a plus de soutien dans l'esprit public que se partagent les idées nationales et les idées socialistes. (...) Nous échouerons dans notre entreprise si nous croyons qu'il nous suffit de placer nos idées et nos hommes à la tête des institutions de l'État libéral. Ce sont les institutions elles-mêmes qu'il faut changer».

    Pétain veut donc changer les institutions c'est ce que l'on peut appeler la révolution nationale. Il n'est pas le seul, puisque des hommes politiques, comme Albert Rivaud ministre de l'éducation nationale dans le premier gouvernement de Pétain, ou René Gillouin écrivain journaliste, des chefs syndicalistes, des écrivains comme René Benjamin écrivain journaliste et Henri Pourrat écrivain ethnologue, et des clercs comme le cardinal Gerlier archevèque de Lyon. Le Cercle Fustel de Coulanges Action française de droite militant contre l'école publique et contre la démocratie, rassemble aussi le maréchal Hubert Lyautey, le général Maxime Weygand membre de l'Académie française ou l'académicien Abel Bonnard maurrassien fasciste vers les années 30.

    La révolution nationale est intrinsèquement mise en oeuvre dans le projet de loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 dès lors qu'il confère les pleins pouvoirs au gouvernement sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain pour prendre toute mesure nécessaire à l'effet de promulguer une nouvelle Constitution de l'État français.

    «Au moment le plus cruel de son histoire, la France doit comprendre et accepter la nécessité d'une révolution nationale».

    Le maréchal Pétain lui-même n'était pas favorable à l'emploi de l'expression «révolution nationale», si l'on en croit son chef du cabinet Henry du Moulin de Labarthète .

    Largement promue par les gouvernement traditionalistes et technocrates du régime de 1940 à 1942, la Révolution nationale n'est plus mise en avant à partir du retour au pouvoir de Pierre Laval, de formation républicaine, en mai 1942. Cette «mise au rebut» de la Révolution nationale, qui est une «crise du pétainisme orthodoxe», s'accompagne d'une marginalisation de la Légion française des combattants qui est une organisation pétainiste créée le 29 août 1940 présidée par le marécha Pétain, d'une promotion des préfets, et d'une prise de distance à l'égard de l'Église catholique.

    La suite 40 sera les différents aspects de la révolution nationale suite.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Organicisme
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_la_Francisque
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Valois
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Revue_d%27Action_fran%C3%A7aise
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Vaugeois
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Pujo
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Camelots_du_Roi
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras
    http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RHIS_022_0353
    http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Action_fran%C3%A7aise_%28quotidien%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Comte_de_Paris
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Rivaud
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Gillouin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Benjamin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Pourrat
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cardinal_Gerlier
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_Fustel_de_Coulanges
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Lyautey
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Weygand
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Abel_Bonnard
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurrassisme
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_10_juillet_1940
    http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gion_fran%C3%A7aise_des_combattants

     

     

     

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 38,

    que pensent les historiens du maréchal.

     

    Support Wikipedia Je me suis exprimé à la suite 25 sur ce que j'ai ressenti tout au long de l'occupation Allemande jusqu'en 44, pour moi jeune adolescent je ne comprenais pas le procès qu'on lui faisait, et je trouvais qu'il avait été le sacrifié, comment gouverner un pays occupé ? Bien sûr je ne n'avais pas l'analyse d'aujourd'hui ou l'on regarde 70 après cette page de notre histoire qui fait que l'on est amené à condamner Pétain. Je ne le ferais pas par ce que je pense que c'est la France de l'époque qu'il faut condamner, il n'en est en fait que l'instrument. Ce que je lui reproche ce n'est pas sa collaboration, il ne pouvait probablement faire autrement, ce que je reproche c'est d'avoir contribuer à la persécution des juifs à ce génocide, c'est de mon avis impardonnable. Mais pourquoi, l'avoir fait ?

    A l'époque le juif était haï, mal vu, pour des raisons religieuses. Les chrétiens n'admettaient pas que les juifs refusent de croire que Jésus soit le fils de Dieu, le Messie. Quand la religion chrétienne fût celle majoritaire en Europe les juifs furent persécutés. L'affaire Dreyfus est un exemple d'antisémitisme. Pétain n'a pas condamné Dreyfus pour les faits fallacieux qui l'ont accusés bien que beaucoup l'ont fait, mais par ce qu'il n'avait pas su se défendre, ce qui dans le contexte de persécution de l'époque n'était pas étonnant. Les juifs ont toujours été considérés comme des parasites, ils étaient mis à part, le Ghetto de Varsovie en est un exemple frappant ainsi que les juiveries au Moyen-âge.

    rue_juiverie_lyon.1295012916.jpg

    Rue juiverie quartier juif de Lyon jusq'en1379, référence Wikipédia

    Dans ce contexte Pétain qui était très croyant ne dérogeait pas à la règle, il n'aimait pas les juifs. Quelques caricatures de l'époque.

    colporteur.1294996186.jpgrothschild.1294996163.jpg

    Caricatures d'un juif pauvre et d'un juif riche, référence Mémoire juives et éducation .
    S'ils sont pauvres, ce sont des parasites, ils sont sales et pouilleux,
    S'ils sont riches, ce sont des profiteurs, ils aiment l'argent et dépouillent les chrétiens.
    S'ils sont patron ce sont des capitalistes qui exploitent le peuple,
    S'ils sont révolutionnaires et anticapitalistes, ce sont des organisateurs de révolution qui sèment le trouble.

    Mais pourquoi tant d'acharnement ?

    D'après Robert O.Paxon, la France de Vichy de 1940 à 1945, Seuil novembre 1999, édition corrigée de celle de 1973, «écrit, plus personne ne peut contester que les premières mesures antijuives de 1940 relevaient d'une initiative purement Française, ni que ce soit le régime de 1940 qui à insisté en 1942 pour coopérer à la déportation des juifs vers l'Est». On pourrait aussi s'étonner de la passivité des Français qui regardaient cette étoile jaune sur leurs vêtements, ce que certains ne trouvaient rien à y redire. Il faut aussi bien comprendre que l'on se savait rien ou pas grand chose de la persécution qu'ils subissaient.

    Depuis ma naissance j'habite près du Fort de Romainville, et nous avions comme voisins un couple de juifs que l'on est venu chercher un jour et qui ne sont jamais revenus, nous ne savions rien de ce qui se passait dans ce Fort et dans le camp de Drancy juste à coté, mais Pétain ses ministres et collaborateurs ne pouvaient ne pas le savoir.

    La question juive est de toute évidence le point faible de la défense de Pétain lorsqu'il fût jugé pour collaboration, il avait 89 ans. Je reviendrais sur ce point en considérant l'influence de Laval sur une personne de cet âge sachant que ce qu'il a fait contre les juifs n'est pas le reflet de ses actes passés qui étaient très humains étant contre le sacrifice inutile des hommes au combat.

    Sur l'interprétation des historiens sur Pétain, la réflexion de Robert Aron mérite d'être citée dans sa thèse du bouclier et de l'épée lorsqu'il compare de Gaulle et Pétain.

    Ce qui ressort de cette comparaison est que tous deux ont été nécessaires à la France, Pétain faisant office de bouclier et de Gaulle faisant office d'épée. L'un comme l'autre sont indissociables de notre destinée. Il fallait le sacrifice de Pétain pour nous protéger, comme il fallait la bravoure de de Gaulle pour conduire la résistance. Que Pétain nous ait protégé des Allemands c'est certain connaissant le comportement de la police nazie les SS, que cela ait permit à de nombreux Français d'échapper aux Allemands c'est également certain, peut être a-t-il fallu sa collaboration bien que les Allemands ne l'ait jamais demandée mais souhaitaient une France docile qui assurait à Hitler une base solide de départ contre l'Angleterre. Quand à de Gaulle avec les Alliés il a réussit, il ne pouvait en être autrement dès lors que la puissance était finalement de leur coté, l'Allemagne était déjà bien affaiblie dans son combat sur le front Russe.

    Voici le texte de Robert Aron pétaino-gaulliste .

    «L’honneur qu’allègue le maréchal Pétain, c’est l’honneur d’un gouvernement qui a su maintenir les données de son indépendance et protège les populations, en un mot, c’est l’honneur civique. Celui qu’invoque le général de Gaulle, c’est l’honneur militaire pour qui s’avouer vaincu est toujours infamant. De ces honneurs, il se peut que l’un soit plus impérieux, plus instinctif, plus spontané. L’autre existe, sur un mode sans doute moins éclatant, mais il est pourtant réel. Le premier correspondait à l’aventure exaltante, mais d’apparence désespérée, dont Charles de Gaulle est l’annonciateur. Le second à l’épreuve lente et douloureuse dont Philippe Pétain ne prévoyait ni la durée ni la fin. Tous deux étaient également nécessaires à la France. Selon le mot que l’on prêtera à Pétain et à de Gaulle, «le Maréchal était le bouclier, le Général l’épée». Ainsi Montoire ne peut être apprécié seulement comme un acte politique, son aspect psychologique et humain est peut-être l’essentiel. (…) Il n’a pas suffi à arrêter la pression des occupants, (…) le Maréchal s’y est rendu pour protéger les Français, cette entrevue a causé une des équivoques les plus graves qu’ait connues notre pays, une des atteintes les plus profondes qu’ait subie son unité».

    Je reviendrais sur Montoire qui a été pour Pétain l'occasion de connaître les intentions d'Hitler, ce qui fait écrire par le général Hering que le maréchal Pétain fut le vainqueur diplomatique de Montoire.

    Pour confronter l'analyse de Robert Aron il convient de citer celle de la thèse de Robert O.Paxon, qui reprend son analyse de 1973.

    Il s'agit du bouclier et du «double jeu» qu'aurait été Pétain préservant les Français des Allemands.

    Sur cette question, il considère qu'à l'époque en 1970 il a été trop sévère voulant démolir le mythe du double jeu qui signifiait que Pétain collaborait à la fois avec les Allemands mais aussi avec l'Angleterre et les États-Unis, ce que les faits démontraient être inexact. Pour que le double jeu en fût vraiment un, page 16, il eut fallu que les négociations entre le régime de 1940 avec les Alliés fussent restées secrètes, or les Allemands étaient parfaitement au courant des accords conclus entre Pétain et les Alliés pour l'approvisionnement en Afrique du Nord de produits de première nécessité, accords qui n'étaient nullement contraires à leur intérêt, sauf quand ils ont commencés à recruter secrètement en 1942 des fonctionnaires civils et militaires.

    Sur la question du Diktat, page 12, Paxon revient, plus nuancé à l'époque ou écrivait Robert Aron. En 40 et 41 Hitler n'avait qu'une seule préoccupation c'était l'invasion de l'Angleterre. Pour que cela se fasse au mieux, il fallait purger la France de ses richesses mais aussi qu'elle ait un gouvernement dirigé par des Français ce qui éviterait la révolte de la population admettant plus aisément les privations, le STO, imposées par des Français plutôt que par les Allemands.

    Sur la question du bouclier, page 24, il conçoit que la zone libre a respiré un peu mieux que celle occupée, mais ne tenant aucun compte de ce qu'elle a apporté à la zone occupée. Pour lui le répit ait été de courte durée, et trop cher payé dans l'analyse qu'il fait de la situation après coup. Il n'est donc pas enclin à considérer que le bouclier qu'aurait été Pétain aurait joué. Dans les recherches qu'il a faites, il constate que Pétain n'a pas été mieux traité que d'autres dans les pays occupés de l'Europe ainsi, en est-il de la Belgique et de la Hollande. Dans les premiers temps, les nazis n'ont déportés que les juifs étrangers et épargné les juifs de nationalité Belge ou Hollandaise, et cela bien que ces pays n'eussent pas de gouvernement autonome en mesure d'intercéder.

    En d'autres termes, le gouvernement Français de 1940 n'aurait apporté que peu de chose eu égard au coût de la collaboration. Il est toujours aisé de faire l'histoire après. Il conçoit une chose évidente que l'opinion Française était unanimement favorable au maréchal Pétain en 1940, et que celle de 1944 était presque unanimement favorable au général de Gaulle. Le basculement de l'opinion de Pétain à de Gaulle se serait effectué fin 1942 début 1943, c'est à dire au moment ou la zone libre est envahie par les Allemands le 11 novembre 1942.

    Robert o. Paxon est un historien Américain spécialiste de l'histoire de l'Europe contemporaine, professeur émérite à l'université de Columbia, New York, mais il ne voit pas la bivalence entre de Gaulle et Pétain comme l'a ressentie Robert Aron.

    La suite 39 sera la révolution nationale.

    Référence,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Juiverie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Paxton


  • Philippe Pétain, Maréchal de France, ses années noires de 1940 à 1944, suite 37,

    le régime de 1940.

     

    Avant propos.

    Support Wikipedia Ce régime a été dénommé «Régime de Vichy» par ce qu'il fût installé dans la ville de Vichy. Cette ville a été choisie par ce qu'elle possédait des structures d'accueil importantes en hôtels et villas, et de plus, étant une ville à la fois historique et moderne par ses activités touristiques et de cures thermales, avec un central téléphonique important, voir le site officiel de la ville de Vichy. Se trouvant en zone libre elle répondait pleinement à la condition pour former un gouvernement dirigé par des Français. Depuis que les historiens, les femmes et hommes politiques, les livres d'histoire et tous les médias dénomment «Régime de Vichy« ou moins souvent «gouvernement de Vichy» le régime pétainiste évoquant cette triste période de l'occupation Allemande ou Paul Reynaud installa son gouvernement du 10 juin 1940 au 20 août 1944, qui ensuite, fut repris pas Pétain, nombreux sont les vichyssois qui essayent de faire modifier cette dénomination qu'ils trouvent discriminatoire affectant à leur belle ville le lourd fardeau de ce gouvernement collaborationniste.

    Pour donner un caractère légal à ce fait, le député de l'Allier Gerard Charasse que j'ai eu l'honneur de rencontrer associé à des personnalités de tout bord parmi lesquelles Messieurs Paul Giacobbi, Noël Mamère, Emile Zuccarelli ...  essayent par une proposition de loi n° 729 enregistrée à la Présidence de l'Assemblée nationale le 26 mars 200313 février 2003 qui vise à substituer, dans les communications publiques invoquant la période de l'État français, aux références à la ville de Vichy, l'appellation «dictature de Pétain».

    Vichy n'est pas le siège d'un gouvernement traitre à la Patrie mais la Reine des Villes d'Eaux

    vichy-respect-page-2-1.1296235085.jpg

    L'exposé des motifs est le suivant,

    Depuis plus de cinquante années, diverses appellations utilisant le nom de la ville de Vichy servent à désigner le régime de l'État français né du vote du 10 juillet 1940. Tandis que, d'années en années, l'opposition des quatre-vingts parlementaires ayant voulu défendre la République reçoit un hommage grandissant, l'utilisation du nom de la ville de Vichy dans un sens négatif s'étend, allant jusqu'à prendre des formes substantivées censées désigner la trahison ou l'esprit de capitulation. Or, après l'appel du 18 juin du général de Gaulle, cette ville a accueilli le deuxième acte de résistance: celui des quatre-vingts parlementaires qui ont refusé d'installer un régime d'exception et xénophobe. Afin que ce second événement prenne le pas dans l'expression, comme il l'a pris dans l'Histoire, sur la seule installation du régime de l'État français à Vichy, il convient d'inciter, dans les textes d'origine privée, et d'obliger, dans les textes officiels, la substitution d'une dénomination de nature à rappeler le mode d'avènement de ce régime et son caractère autocratique à celles se référant à la ville de Vichy. Les travaux menés depuis plusieurs années par le Comité en l'honneur des quatre-vingts parlementaires du 10 juillet 1940, avec des historiens, des parlementaires et des citoyens, a permis de proposer l'appellation «dictature de Pétain».

    La suite argumentaire du député Gérard Charasse qui m'a été présenté par le journaliste Dominique Dutilloy peut être consultée ci dessous,

    argumentaire-presente-par-le-journaliste-dominiquedutilloy-qui-oeuvre-depuis-toujours-contre-cette-denomination-regime-de-vichy.1294832703.doc

    Afin de ménager les susceptibilités d'autant plus que, d'une part la proposition de Gérard Charasse n'est pas encore adoptée, et que d'autre part, Philippe Pétain a obtenu les pleins pouvoirs d'une façon démocratique je préfère utiliser la dénomination Régime de 1940 au lieu de Régime de Vichy.

    Dans le gouvernement de Paul Reynaud du 21 mars au 16 juin 1940 Philippe Pétain est vice président du Conseil à partir du 18 mai. C'est à l'issue de la réunion à Bordeaux le 16 juin que Paul Reynaud président du Conseil présente sa démission au président de la république Albert Lebrun, la France n'a plus de gouvernement. Paul Reynaud propose Philippe Pétain pour lui succéder et se déclare prêt à partir comme ambassadeur aux États-Unis.

    C'est dans l'après midi du 16 juin que Paul Reynaud réunit le gouvernement pour lui soumettre le projet d'union des nations Française et Britannique, conçu par Jean Monnet et que le gouvernement de Churchill venait d'accepter à Londres, où se trouve alors le général de Gaulle.

    Mais il est refusé par une majorité des présents, et à la place est acceptée la proposition de Camille Chautemps consistant à demander à l'Allemagne ses conditions pour un armistice, voir la suite 34.

    C'est dans le grand casino de Vichy que se réunit L'Assemblée nationale dans sa séance du mercredi 10 juin 1940 qui donne, sur proposition de Pierre Laval vice président du Conseil, le dépôt du projet de loi constitutionnelle suivant :

    L'Assemblée nationale donne tous pouvoirs au Gouvernement de la République, sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain, à l'effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l'État français.

    Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie.

    «Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu'elle aura créées».

    A la reprise de la séance présidée par Jules Jeanneney après délibérations le résultat du dépouillement du scrutin sur l'article unique du projet de loi constitutionnelle :

    Nombre des votants........................649

    Majorité absolue.............................325

    Pour l'adoption...............................569

    Contre.......................................... 80

    L'Assemblée nationale a adopté. (Applaudissements.)

    M. Pierre Laval, vice-président du conseil. Je voudrais dire un simple mot monsieur le président.
    M. le président. La parole est à M. le vice-président du conseil.
    M. Pierre Laval, vice-président du conseil. Messieurs, au nom du maréchal Pétain, je vous remercie pour la France ! (Vifs applaudissements.)
    M. Marcel Astier. Vive la République quand même !

    La liste des noms des parlementaires qui ont voté pour, ainsi que ceux qui ont voté contre, est donné dans la référence de l'Assemblée nationale citée ci dessus.

    Ce texte législatif n'ayant pas été voté dans les formes prévues par les lois constitutionnelles de 1875 organisant les institutions de la Troisième République, sa régularité est sujette à caution, mais il met fin, de fait, à la forme républicaine du gouvernement de la France.

    Nous entrons dans un régime dictatorial ou la république Française n'a plus rien à voir

    La nouvelle constitution, rédigée par le maréchal Pétain, ne fut jamais promulguée, le chef de l'État n'édictant que 12 actes constitutionnels, pris entre 1940 et 1942 sur la base de la loi constitutionnelle de 1940, pour organiser provisoirement le régime de l'État français. Le projet de Constitution prévoyait de conserver pour le chef de l'État le titre de président de la République.

    Pétain à l'époque avait 84 ans et sa santé était florissante et c'est par devoir et uniquement qu'il va accepter la tâche écrasante de succéder à Paul Reynaud.

    Nouveau président du Conseil Philippe Pétain déclare le 17 juin 1940, «je fais à la France don de ma personne pour atténuer son malheur». Il vient de demander à l'Allemagne nazie les conditions d'un armistice. Dans son message aux Français du 25 juin, il annonce un ordre nouveau qui commence, voir la suite 34.

    Voici ce qu'écrit le général Hering pour répondre à l'accusation d'ambition sénile formulée par le général de Gaulle lors du procès de Philippe Pétain devant la Haute Cour :

    «quand je me suis présenté à la villa Sévigné le lendemain du jour ou l'Assemblée nationale venait de conférer à celui qu'elle considérait comme le sauveur de la France le titre de chef de l'Etat avec les pleins pouvoirs, j'ai demandé au maréchal : peut-on vous féliciter ? A titre de martyr seulement m'a-t-il répondu sans cacher son émotion», dans Réponse à Charles de Gaulle par le général Hering.

    Ce qu'il faut noter que, pas un seul parlementaire n'a voulu assumer la lourde tâche de diriger le pays dans cette période difficile, et qu'ils étaient libérés de la donner à un homme de 84 ans fut-il en bonne santé et possédant un si glorieux passé. Une telle attitude est ce qui s'appelle une lâcheté lorsque l'on est un élu du peuple. Quand aux 80 parlementaires qui ont refusé l'investiture de Pétain ce n'est pas mieux dès lors que l'on ne propose rien de cohérent. Il est très aisé de dire non et d'en tirer une gloire, seulement les Français que devenaient-ils ? A cette époque nous étions perdus, nous ne savions pas ce qui pouvait nous arriver et nous ne pouvions aller ailleurs comme de nombreux parlementaires l'ont fait. Une fois que nous avons su que Pétain était notre président, ce fut un soupir de soulagement, il avait le peuple pour lui, c'était un vrai plébiscite. Je n'écrirais pas comme Charles Mauras avec le même esprit nationaliste que Pétain fût l'homme providentiel, il fût celui qui a mes yeux se sacrifia par ce que les autres ont fui la responsabilité de leur fonction.

    Je ne reprends pas les thèses du Front national mais, il faut bien se rendre à l'évidence que donner les pleins pouvoirs à Pétain qui est déjà un homme très âgé même avec toute sa tête étaient de la part des parlementaires, une lâcheté.

    En dehors de mon sentiment personnel qui n'a aucune portée eu égard aux historiens Éric Conan et Henry Rousso, il est inexact de soutenir que ce serait «la Chambre du Front populaire» qui aurait accordé les «pleins pouvoirs» en raison, d'une part, de l'évolution politique advenue depuis 1936 et d'autre part, de la présence des sénateurs, 212 «pour» sur les 235 votants, et enfin de l'absence de nombreux parlementaires,

    «il faut rejeter le slogan selon lequel c'est «la chambre du Front populaire» qui a sabordé la République, cliché véhiculé depuis longtemps par l'extrême-droite pour dédouaner le régime pétainiste et repris récemment par ceux qui affirment que les «crimes de Pétain» doivent être assumés par la République, celle-ci ayant eu sa part dans l'avènement du nouveau régime.

    Cette assertion, souvent répétée au cours des polémiques de 1992, est inexacte, même si elle recèle une part de vérité dans la mesure où il n'y eut pas d'élection législative entre le 5 mai 1936 et le 10 juillet 1940. Elle sous-estime d'abord l'évolution politique entre 1936 et 1940, la fragilité de la coalition des radicaux, des socialistes et des communistes ou encore les fractures engendrées en 1938 par la crise de Munich.

    Surtout, elle fait fi de la présence, au casino de Vichy, de 245 sénateurs qui, pour le moins, n'avaient guère été favorables, dans leur immense majorité, au Front populaire, puisque c'est le Sénat qui avait fait chuter le premier gouvernement Blum. Ensuite, il faut rappeler que, sur un effectif de 907 députés et sénateurs en 1939, seuls 670 étaient présents à Vichy».

    Selon Jean-Pierre Azéma et Olivier Wieviorka,

    «on affirme régulièrement que la République a été bradée par la chambre du Front populaire. Il faut apporter deux correctifs à cette assertion le plus souvent malveillante, tout comme les parlementaires du Massilia (le paquebot de ligne réquisitionné par le gouvernement Paul Reynaud replié en juin 1940 à Bordeaux), les députés communistes étaient absents, exclus à la suite du pacte germano-soviétique, et surtout, l'Assemblée nationale comprenait les sénateurs qui, par deux fois, avaient fait tomber Blum».

    Une critique de ces analyses est exposée par Simon Esptein,

    «Le groupe qui domine le Sénat est en effet le Parti Radical, et celui-ci fait intégralement partie de la coalition du Front Populaire. Le Sénat ajoute donc de très nombreux radicaux aux députés élus en 1936. La réalité est, on le sait, moins exaltante, 36 parlementaires de la SFIO votent contre Pétain, mais 90 parlementaires de la même SFIO votent pour le même Pétain. Dans leur grande majorité (90 contre 36), les socialistes ont votés, comme les autres, comme l'ensemble des antifascistes du Front Populaire, comme les partis du centre et de droite, la fin de la République».

    Concernant l'attitude des parlementaires issus du Front populaire,

    Léon Blum a eu ce commentaire, «tel camarade qui, à mon entrée dans la salle, s'était précipité vers moi la main tendue, m'évitait visiblement au bout d'une heure. De moment en moment, je me voyais plus seul, je me sentais plus suspect. Il ne surnageait plus que quelques débris intacts à la surface de la cuve dissolvante. Le sentiment cruel de ma solitude ne m'avait pas trompé, j'avais bien eu raison de me juger désormais comme un étranger, comme un suspect au sein de mon propre parti».

    Vincent Auriol a eu ce commentaire,

    «voici Léon Blum. Quelques rares et fidèles amis autour de lui. Où sont les 175 parlementaires socialistes ? Quelques-uns sans doute n'ont pu venir... mais les autres ? Sur 150 députés et 17 sénateurs socialistes nous ne sommes que trente-six fidèles à la glorieuse et pure mémoire de Vaillant, de Guesde, de Jaurès».

    En ce qui concerne les députés communistes, 61 parlementaires communistes, 60 députés et un sénateur ne peuvent siéger, depuis le 16 janvier 1940, ils sont déchus de leur mandat à la suite du pacte germano-soviétique et du décret-loi d'Édouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste. Simon Esptein avance l'analyse suivante,

    «Les communistes ayant dénoncé le pacte germano-soviétique sont là et ils votent en majorité pour Pétain. Quant aux autres, ceux qui sont restés fidèles à la nouvelle ligne du parti, ils soutiennent le pacte et sont en phase défaitiste révolutionnaire aiguë, ils sont hostiles à tout effort de résistance nationale ce n'est certainement pas sur eux, en juillet 1940, qu'on pouvait compter pour défendre une République dont ils dénonçaient, depuis l'automne 1939, le caractère impérialiste, belliciste et bourgeois».

    Concernant l'origine des opposants, Simon Epstein cite Daniel Mayer, «Les socialistes représentaient un pourcentage relativement important du total des opposants dira Daniel Mayer, mais il précisera aussitôt, dans la même phrase, qu'il s'agissait d'un pourcentage infime en face de la composition du parti socialiste», ainsi que Vincent Auriol, «Les 80 opposants appartiennent à toutes les tendances politiques du Parlement et du pays. Tous les partis ont leurs renégats et leurs traîtres». Parmi ceux qui votèrent non, Vincent Badie est célèbre pour s'être écrié après le vote «Vive la République quand même !»

    On se demande bien ce qui serait advenu si Pétain n'avait pas pris la charge de la France quand on voit ces parlementaires se rejeter la responsabilité du vote d'investiture !

    Le discours de Pétain le 11 juillet après les pleins pouvoirs.

    Français,

    l'Assemblée nationale m'a investi de pouvoirs étendus. J'ai à vous dire comment je les exercerai. Le Gouvernement doit faire face à une des situations les plus difficiles que la France ait connu, il lui faut rétablir les communications du pays, rendre chacun à son foyer, à son travail, assurer le ravitaillement. Il lui faut négocier et conclure la paix. En ces derniers jours, une épreuve nouvelle a été infligée à la France, l'Angleterre, rompant une longue alliance, a attaqué à l'improviste et a détruit des navires Français immobilisés dans nos ports et partiellement désarmés. Rien ne laissait prévoir une telle agression. Rien ne la justifiait. Le gouvernement Anglais a-t-il cru que nous accepterions de livrer à l'Allemagne et à l'Italie notre flotte de guerre ? S'il l'a cru, il s'est trompé, mais il s'est trompé aussi quand il a pensé que, cédant à la menace, nous manquerions aux engagements pris à l'égard de nos adversaires, ordre a été donné à la marine Française de se défendre et, malgré l'inégalité du combat, elle l'a exécuté avec résolution et vaillance.

    La France, vaincue dans des combats héroïques, abandonné, hier, attaquée aujourd'hui par l'Angleterre, à qui elle avait consenti de si nombreux et durs sacrifices, demeure seule en face de son destin. Elle trouvera une raison nouvelle de tremper son courage en conservant toute sa foi dans son avenir. Pour accomplir la tâche immense qui nous incombe, j'ai besoin de votre confiance. Vos représentants me l'ont donnée en votre nom. Ils ont voulu, comme vous et comme moi-même, que l'impuissance de l'Etat cesse de paralyser la nation. J'ai constitué un nouveau gouvernement. Douze ministres se répartiront l'administration du pays. Ils seront assistés par des secrétaires généraux qui dirigeront les principaux services de l'Etat. Des gouverneurs seront placés à la tête des grandes provinces Françaises.

    Ainsi, l'administration sera à la fois concentrée et décentralisée. Les fonctionnaires ne seront plus entravés dans leur action par des règlements trop étroits et par des contrôles trop nombreux. Ils seront plus libres, ils agiront plus vite, mais ils seront responsables de leurs fautes. Afin de régler plus aisément certaines questions dont la réalisation présente un caractère d'urgence, le Gouvernement se propose de siéger dans les territoires occupés. Nous avons demandé, à cet effet, au Gouvernement Allemand, de libérer Versailles et le quartier des Ministères à Paris.

    Notre programme est de rendre à la France les forces qu'elle a perdues. Elle ne les retrouvera qu'en suivant les régies simples qui ont de tout temps assuré la vie, la santé et la prospérité des nations. Nous ferons une France organisée, où la discipline des subordonnés réponde à l'autorité des chefs, dans la justice pour tous. Dans tous les ordres, nous nous attacherons à créer des élites, à leur conférer le commandement, sans autre considération que celle de leurs capacités et de leurs mérites. Le travail des Français est là ressource suprême de la patrie. Il doit être sacré.

    Le capitalisme international et le socialisme international qui l'ont exploité et dégradé font également partie de l'avant-guerre. Ils ont été d'autant plus funestes que, s'opposant l'un à l'autre, en apparence, ils se ménageaient l'un et l'autre en secret. Nous ne souffrirons plus leur ténébreuse alliance. Nous supprimerons les dissensions dans la cité. Nous ne les admettrons pas à l'intérieur des usines et des fermes. Pour notre société dévoyée, l'argent, trop souvent serviteur et instrument du mensonge, était un moyen de domination. Nous ne renonçons ni au moteur puissant qu'est le profit, ni aux réserves que l'épargne accumule. Mais la faveur ne distribuera plus de prébendes.

    Le gain restera la récompense du labeur et du risque. Dans la France refaite, l'argent ne sera que le salaire de l'effort. Votre travail sera défendu. Votre famille aura le respect et la protection de la nation. La France rajeunie veut que l'enfant remplisse vos coeurs de l'espoir qui vivifie et non plus de la crainte qui dessèche. Elle vous rendra, pour son éducation et son avenir, la confiance que vous aviez perdue. Les familles Françaises restent les dépositaires d'un long passé d'honneur. Elles ont le devoir de maintenir à travers les générations les antiques vertus qui font les peuples forts. Les disciplines familiales seront sauvegardées.

    Mais, nous le savons, la jeunesse moderne a besoin de vivre avec la jeunesse, de prendre sa force au grand air, dans une fraternité salubre qui la prépare au combat de la vie. Nous y veillerons. Ces vieilles traditions qu'il faut maintenir, ces jeunes ardeurs qui communieront dans un zèle nouveau, forment le fond de notre race. Tous les Français fiers de la France, la France fière de chaque Français, tel est l'ordre que nous voulons instaurer. Nous y consacrerons nos forces. Consacrez-y les vôtres. La patrie peut assurer, embellir et justifier nos vies fragiles et chétives. Donnons-nous à la France ! Elle a toujours porté son peuple à la grandeur».

    La suite 38 sera ce que pensent les historiens du maréchal

    Références,

    http://www.ville-vichy.fr/histoire-vichy.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Charasse
    http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion0729.asp
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Monnet
    http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/cr_10-juillet-1940.asp
    http://www.generalhering.org/reponse-a-charles-de-gaulle/#/0
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Conan
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_constitutionnelles_de_1875
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_R%C3%A9publique
    http://fr.wikisource.org/wiki/Projet_de_constitution_du_30_janvier_1944
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Actes_constitutionnels_de_Vichy
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_10_juillet_1940
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Munich
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_L%C3%A9on_Blum_%281%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Auriol
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Parti_communiste_fran%C3%A7ais#Septembre_39_-_Juin_40_:_De_la_dissolution_du_Parti_.C3.A0_l.27entr.C3.A9e_des_Allemands_dans_Paris
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Az%C3%A9ma
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Wieviorka
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Massilia_%28paquebot%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Mayer
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Badie

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu