Avertir le modérateur

  • Les chemises noircies de Gaza,

    c'est un reportage du Monde du 30 mai 2010.

     

    Vous connaissez ma sensibilité pour ces Palestiniens enfermés par terre et mer le long de la Méditerranée sur une bande de terre de ≠ 360 km² avec une densité ≠ 3800 hab/km² pour une population de 1.500.202 habitants en 2008. L'image suivante montre ce qu'est Gaza, territoire non reconnu internationalement comme faisant parti d'aucuns pays, mais qui néanmoins existe. Conséquence de ignominie occidentale qui a tout fait pour qu'Israël existe en laissant les Palestiniens à leur triste sort agglutinés sur cette terre rejetés puis oubliés des puissances occidentales par ce que le Hamas, mouvement de résistance Islamique, classé terroriste par de nombreux États Européens, mais non par l'ONU, dont le programme politique est l'instauration d'un État Palestinien sur toute l'ancienne Palestine.

    img011.1275149947.jpg

    Tiré de Wikipédia.

    On sait que Gaza a été occupé par les Égyptiens à la fin du conflit israélo-arabe de 1948 puis à la guerre des six jours en juin 1967 par les Israéliens. Ils installèrent à leur tour une administration militaire qui durera de 1967 à l'avènement de l'Autorité Palestinienne en 1994, puis au démantèlement de l'intégralité des blocs de colonies Israéliennes en 2005.

    En octobre 2004, le plan de désengagement Israélien est validé par la Knesset et les opérations de retrait commencent officiellement le 15 août 2005.

    Le 16 septembre 2005, l'ONU reconnaît officiellement l'application par Israël du retrait de la bande de Gaza mais pas la fin de l'occupation militaire suite au contrôle frontalier du territoire par Israël. Le poste-frontière de Rafah est confié à une mission Européenne en novembre 2005. Israël décrète unilatéralement le statut de frontière internationale fin 2005.

    Le 25 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives Palestiniennes de 2006 avec la majorité des suffrages, 42,9 % sur l'ensemble du corps électoral.

    Le 25 juin 2006, la capture d'un soldat Israélien, Gilad Shalit, à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, marque la perte du contrôle de ce territoire par le Président Mahmoud Abbas. Il parvient difficilement en février 2007 à la signature d'un accord sur un gouvernement d'union nationale Palestinien. Toutefois, après plusieurs mois de combats intermittents avec le Fatah.

    Le Hamas prend le pouvoir à Gaza en juin 2007.

    Les événements qui conduisent à la prise de contrôle complète de la bande de Gaza par le Hamas sont qualifiés de guerre civile Palestinienne par les médias internationaux.

    Le 19 septembre 2007, la bande de Gaza est déclarée «entité hostile» par Israël. Cette bande de Gaza est donc depuis 1948 soumise à des occupations Égyptienne et Israélienne jusqu'en 2005.

    Depuis juin 2007 Gaza est sous blocus Israélien.

    Le 27 décembre 2008 une opération militaire dans la bande de Gaza est déclenchée par des raids et bombardements aériens suivis par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009. L'objectif déclaré des Israéliens était de mettre fin aux tirs de roquettes Qassam du Hamas sur le territoire Israélien, en particulier sur la ville voisine de Sderot, et à son réapprovisionnement en armement, en s'en prenant aux militants du Hamas et en détruisant des infrastructures qu'il utilise, en particulier les centaines de tunnels creusés sous la frontière entre la Bande de Gaza et le Sinaï Égyptien. Cette opération militaire jugée très disproportionnée par la communauté internationale a reçu le nom plomb durci, elle a fait plus 1400 morts de coté Palestinien et 13 coté Israélien quand aux dégâts ils sont immenses, voir mes 17 articles sur Gaza le conflit israélo-palestinien. Depuis cette guerre la situation ne s'est pas améliorée et l'économie souterraine par les tunnels est florissante puisque étant quasiment la seule source d'approvisionnement en biens matériels, en nourriture, et en armement. Le reportage présenté par Le Monde.fr me donne l'occasion de rappeler la misère de ces populations maintenue au seuil d'un désastre humanitaire par Israël.

    Une flottille humanitaire internationale de six bateaux fait actuellement route vers Gaza, elle est chargée d'aide pour les Gazaouis avec 10.000 tonnes de matériel médical, de construction, et d'autres fournitures. Son but est de rompre le blocus Israélien et Égyptien.

    image_63302969.1275203993.JPG

    Dix-neuf parlementaires européens et un rescapé de l'Holocauste, actuellement sur l'île, souhaitent gagner les navires qui seront ancrés dans les eaux internationales et qui transportent déjà des centaines de militants pro-palestiniens. Dénonçant une provocation, l'Etat hébreu a déjà promis d'intercepter les bateaux qui s'approcheraient de la Bande de Gaza.«Nous ne laisserons pas passer cette flottille, cela nuit à la sécurité d'Israël», a déclaré samedi sur Channel 10 le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon. Après avoir été bloquée près de Chypre elle a repris sa route vers Gaza ou elle devrait arriver au large dans l'après-midi du 30 mai.

    Les chemises noires de Gaza

    10053015_gazax1p1_ori567.1275204994.jpg

    L'armée israélienne n'autorise l'importation que de 81 produits. La cannelle est permise, mais pas les fruits au sirop. FRÉDÉRIC SAUTEREAU, Le Monde.

    Ce devait être la livraison miraculeuse, comme une bouffée d'air frais en plein désert. A la mi-avril, quand Hamza Abou Helal, importateur de textile à Gaza, a vu arriver ses premiers conteneurs en l'espace de trois ans, il s'est précipité sur la cargaison, a déchiré les cartons, ouvert l'emballage plastique et... manqué défaillir.

    Les chemises made in China, avec son patronyme brodé sur l'étiquette, exhalaient une odeur pestilentielle. Plus de la moitié du chargement était maculée de moisissure. Huit mille articles bons à jeter, victimes du blocus israélien. «De la Chine à Ashdod, le grand port israélien, au nord de Gaza, les conteneurs ont mis vingt-cinq jours, raconte le malheureux, face à un tas de vêtements en état de putréfaction avancée. Mais d'Ashdod à Gaza, il a fallu trois ans durant lesquels ma commande a pourri à petit feu».

    Les déboires d'Hamza Abou Helal en disent long sur la mécanique du bouclage Israélien de Gaza, où se mêlent hantise sécuritaire, bureaucratie ubuesque et calculs politiques, le tout empaqueté dans un feuilleton interminable aux accents tragi-comiques. A la faveur de la trêve de l'été-automne 2008 et de l'allégement du blocus qui avait suivi, le marchand Gazaoui avait dédouané une partie de ses commandes, entreposées sur les docks d'Ashdod depuis juin 2007, date de la prise du pouvoir du Hamas à Gaza et du verrouillage des points de passage avec Israël.

    Les camions avaient pris la route de Kerem Shalom, l'unique canal de ravitaillement de l'enclave, par où transitent les rares produits autorisés par le ministère israélien de la défense. Mais au mois de décembre 2008, avec le démarrage de la guerre de Gaza, le terminal s'était refermé devant le convoi. Dans l'incapacité de renvoyer la cargaison sous les hangars d'Ashdod, Hamza Abou Helal s'était résolu à la stocker dans le jardin de son chauffeur, exposée à l'humidité.

    Un premier mois, un deuxième, un troisième, et ainsi de suite jusqu'à ce que, en avril 2010, confronté à une pétition des importateurs de textile gazaouis devant la Cour suprême, le général Israélien Eitan Dangot, grand ordonnateur de la mise en quarantaine de Gaza, ne consente à faire un geste. A trois conditions : que les commandes aient été passées avant juin 2007, qu'elles aient été destinées à Gaza et que le type d'article soit spécifié, suggérant par là que certains vêtements pourraient être plus dangereux que d'autres... C'est ainsi que, après d'interminables procédures, Hamza Abou Helal a réceptionné sa pile de cartons empoisonnés.

    A l'énoncé de cette histoire, Ali Al-Hayek, le vice-président de l'Association des hommes d'affaires de Gaza, lâche un long soupir et saisit le revers de sa veste. «Regardez ce costume, dit-il. C'est un Pierre Cardin. Je l'ai reçu vingt-quatre heures après avoir passé commande. Il est arrivé par les tunnels creusés à Rafah sous la frontière avec l'Egypte. C'est une évidence : le blocus ne marche pas. Mieux : le Hamas en profite. Il s'enrichit grâce aux multiples taxes qu'il lève sur la contrebande». Pour Ali Al-Hayek, «les seuls qui trinquent sont les marchands traditionnels», et «si Israël voulait véritablement affaiblir le Hamas, il lèverait le blocus. Le marché noir s'effondrerait aussitôt et l'Autorité palestinienne récupérerait à son profit les taxes sur les importations».

    Un simple détour par une épicerie de Gaza corrobore l'analyse : les rayonnages débordent de produits à l'emballage bosselé ou poussiéreux, signe imparable de leur séjour souterrain. D'après l'ONG Israélienne Gisha, qui tient la comptabilité du blocus, près de 4 300 types de marchandises empruntent les tunnels de Rafah.

    Même le ciment, introuvable il y a encore quelques mois, parvient désormais sur le marché local, tirant les entreprises de la torpeur où elles étaient plongées depuis 2007. «Environ un tiers des établissements industriels ont repris leur activité et un quart des compagnies de construction ont recommencé à travailler, assure un économiste gazaoui. L'économie parallèle fonctionne à plein régime».

    L'économie «officielle», en revanche, est sinistrée. L'armée israélienne n'autorise l'importation que de 81 articles différents, sélectionnés selon une logique qui laisse perplexe. La cannelle est permise, mais la sauge et la coriandre sont prohibées, les conserves peuvent rentrer à l'exception des fruits au sirop, les désodorisants pour toilettes ont le feu vert, mais pas la confiture...

    A quoi rime cet inventaire militaire à la Prévert ? Silence radio. Justifier ces choix «pourrait affecter la sécurité nationale et les relations diplomatiques», affirme le Cogat (Coordinator of the Government Activities in the Territories), le département de l'armée dirigé par le général Dangot, qui dose l'approvisionnement de Gaza et qui n'a pas donné suite à la liste de questions transmise par Le Monde.

    Dans ces circonstances, le travail d'Ayman Hamada ressemble à une partie de poker. Importateur de produits alimentaires, il ne sait jamais à l'avance si sa commande franchira les grilles de Gaza. «J'ai 300 tonnes de halwa, un dessert à base de pâte de sésame, entreposées à Ashdod depuis septembre 2008, dit-il. J'ai payé 75 000 dollars de frais de stockage pour rien car la date de péremption vient de passer. Au total, c'est 1 million de dollars foutu en l'air !» «Avec l'usine de production de concentré de tomate qu'il possède, la frustration est similaire. L'armée l'empêche d'importer les boîtes de conserve vides qui lui permettraient de relancer son activité, mais laisse en revanche passer vers Gaza des tubes de concentré produit en Israël...»

    Le principe du blocus, c'est «pas de développement, pas de prospérité, mais pas de crise humanitaire», affirme un responsable humanitaire Français, familier de ce dossier. Il convient que le blocus a été un peu desserré et que les convois de médicaments et de nourriture, dont dépendent près d'un million d'habitants, ne rencontrent jamais de problèmes pour rentrer dans Gaza.

    Le COGAT possède d'ailleurs un document, dont l'existence a été révélée par le quotidien israélien Ha'aretz, qui définit des lignes rouges nutritives. «Le problème, c'est qu'Israël voudrait réduire l'humanitaire aux questions de soins et d'alimentation, poursuit le responsable Français. C'est vrai, on ne meurt pas de faim à Gaza, mais on vit dans des conditions insupportables. On vit parfois sans accès à l'eau courante, sous une toile de tente, avec l'égout qui se déverse à côté, en dessous du taux de pauvreté le plus bas qui soit. Dans le domaine sanitaire, dans celui du logement, les besoins sont criants, mais le Cogat fait comme s'il n'entendait pas».

    Il y a pourtant un plan sur le bureau du général Dangot, du nom de Robert Serry, l'envoyé spécial des Nations unies à Jérusalem. Il prévoit de relancer la mise en œuvre des projets d'infrastructure de la communauté internationale dans la bande de Gaza, au point mort depuis 2007, blocus oblige. Des chantiers comme un réseau d'égouts, un complexe de logements, des écoles ou une station de pompage, dont le coût se chiffre à plusieurs centaines de millions de dollars.

    Pour bien faire, les Nations unies ont peaufiné les systèmes de suivi du matériel importé, de façon à vérifier que les sacs de ciment ne parviennent pas dans les mains du Hamas, l'angoisse numéro un des militaires Israéliens, qui redoutent que les islamistes n'aménagent des «bunkers» le long de la frontière.

    L'effort n'a guère impressionné les agents du Cogat. «Ils multiplient les obstacles, les procédures et les délais de façon injustifiable, dit un bon connaisseur du plan Serry. Ils demandent des renseignements abracadabrants, du style de la taille des boulons utilisés pour fixer des fenêtres. Ils font tourner en bourrique les Nations unies».

    A deux reprises, Robert Serry envisagea de dénoncer haut et fort la politique d'obstruction de l'armée israélienne. A chaque fois, à quelques heures de l'intervention prévue, un coup de téléphone ou une lettre du Cogat lui parvint, promettant, avec un à-propos remarquable, un déblocage imminent des projets. Ce fut notamment le cas en mars, à la veille de la réunion du Quartet (Nations unies, Etats-Unis, Russie, Union européenne) à Moscou, où Serry devait taper du poing sur la table. Et, à chaque fois, lesdites promesses tardent à se matérialiser. A la mi-mai, seule une demi-dizaine de camions chargés de matériaux de construction avaient pu rentrer sur les centaines requis par les chantiers des Nations unies...

    Début mai, dans les colonnes du quotidien belge Le Soir, Filippo Grandi, le patron de l'UNRWA, l'agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens, rompit avec la pondération de rigueur dans les cercles diplomatiques. «Cela devient une blague», lâcha-t-il, en écho à l'agacement de tous ses collègues. «Que veut Israël ?, questionne un expert étranger. Favoriser une reconstruction transparente, sous le contrôle de l'ONU, ou bien favoriser le marché noir, qui profite au Hamas ?»

    La réponse, jusqu'à présent, est univoque. Elle se trouve sur les docks encombrés du port d'Ashdod, dans les salles de classe surpeuplées de l'UNRWA, ou sous les serres des producteurs de fraises, dont Israël a accepté l'exportation... un mois après le début de la saison ! Elle se trouve aussi, et c'est moins visible, dans la plate-forme officielle d'Israël Beitenou, le parti du ministre Israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

    Ce texte appelle ouvertement à isoler la bande de Gaza du reste des territoires occupés et à empêcher tout mouvement de biens ou de personnes en direction de ce bout de terre. «Pour le statut final de Gaza, le modèle doit être Hongkong», peut-on lire sur le site du parti, qui milite pour une cité-Etat durablement isolée. Un territoire sous cloche transformé en dragon asiatique ? Pas sûr que cette nouvelle «blague» fasse rire les Gazaouis.

    Benjamin Barthe © Le Monde.

    Il serait temps que cesse ce blocus qui ne sert à rien, sinon qu'à la guerre et qu'un Etat Palestinien viable soit créé réunissant la partie Cisjordanienne et Gaza, avant qu'Israël perdre ce qui, tôt ou tard, arrivera.

    Dernières informations,

    la flottille humanitaire en route vers Gaza à été arraisonnée par une attaque d'hélicoptères de l'armée Israélienne. Les militants pro-palestiniens qui étaient à bord ont tentés d'attaquer les soldats Israéliens à coups de couteaux et de barre de fer. une douzaine d'entre eux auraient été abattus et une cinquantaine d'autres blessés, selon des chiffres toujours non-confirmés qui nous parviennent de sources militaires. A noter que Tsahal a demandé à plusieurs reprises cette nuit aux organisateurs de la Flotte de la liberté de rebrousser chemin, mais ces derniers n'ont pas obtempéré, forçant la marine Israélienne à passer à l'action, d'après Guysen News.

    1365270_3_5128_des-activites-pro-palestiniens-sur-l-un-des.1275288661.jpg

    Des activites pro-palestiniens sur l'un des navires avant l'attaque des commandos israéliens. REUTERS/HO

    La Turquie a prévenu Israël de «conséquences irréparables» sur les relations bilatérales après le raid Israélien, annonce le ministère des affaires étrangères. «Nous condamnons fortement ces pratiques inhumaines d'Israël», a déclaré le ministère dans un communiqué. «Cet incident déplorable, qui a eu lieu en pleine mer et constitue une violation claire de la loi internationale, peut entraîner des conséquences irréparables sur nos relations bilatérales», ajoute le communiqué.


  • Le grand Paris,

    le projet du président.

     

    Comme ses prédécesseurs, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy veut laisser après lui une marque «éternelle» de son passage autre que celle de sa politique. Subissant les assauts des Français et aussi de ses députés, il veut aller vite n'étant pas certain d'être président en 2012. Il faudrait que les travaux commencent en 2012 de sorte que son suivant soit contraint dans la continuité des engagements pris de poursuivre ce projet titanesque par son ampleur et dépensier. Il porte sur le papier 35 milliards d'euros, une paille, nous n'avons pas d'argent, mais des idées. Mais aussi combien de plus en réalité eu égard aux impondérables avec la création d'un système de transport automatique rapide de 130 km permettant de relier neufs grands pôles urbains de demain, Saclay, La Défense, Plaine-Commune, Roissy, Orly,.. Mais aussi avec une restructuration administrative de ce Grand Paris. Un gouffre financier, mais comme il ne sera plus aux commandes, c'est le remplaçant qui fera payer l'addition. Un projet hors de nos possibilités  actuelles alors que nous avons bien d'autres besoins en construction et restauration de logements, de transports intercommunaux désenclavant des territoires, rapprochant les poches de pauvreté celles du confort, et de construire des équipements avec des services administratifs et policiers. Une folie des grandeurs dogmatique. Et puis, dans 10 années que seront les besoins des populations dans ce cercle infernal des délocalisations et de mondialisation ou il faudra de plus en plus de soutiens sociaux !

    Peu importe il trouvera de l'argent en ayant recours au partenariat public privé, PPP. C'est dire que d'aucuns attendent avec empressement que le projet soit lancé, les grands groupes BTP, se frottent les mains. Appelée Région Capitale en mars 2008 pour désigner le poste de Christian Blanc, secrétaire d'État en charge du Développement de la région capitale, c'est devenu «Le Grand Paris». Un territoire au cœur de la région Île de France comprenant quatre départements Paris, Les Hauts de Seine, La Seine Saint-Denis et Le Val-de-Marne, comme le représente l'image ci-dessous.

    3837515272.1270656241.JPG

    chroniques-ma-banlieue.20minutes-blogs.fr/arc

    Les architectes planchent, 10 équipes pluridisciplinaires sont constituées pour proposer un projet auquel ils seront tous associés, et cela nous coûte déjà des sous.

    Grand Paris les dix projets architecturaux


    La gauche victorieuse des élections régionales se sent en force et engage un bras de fer entre la Région Île de France et le gouvernement sur le Grand Paris. «La démocratie est prise en otage» dans un «cycle recentralisateur», a estimé la sénatrice socialiste Nicole Bricq, rappelant que les Franciliens avaient voté à 56,7% pour la gauche le 21 mars et donc contre le projet du Grand Paris. Ce qui me semble faux le Grand Paris n'a pas été l'objet de la victoire de Jean-Paul Huchon, mais plutôt la politique économique de Sarkozy.

     

    image_2010_04_08_4440896_380x214.1270834220.jpg

    © AFP / photomontage LeMoniteur.fr Les débats sur le Grand Paris au Sénat tournent au bras de fer entre le gouvernement représenté par Christian Blanc (à droite) et la région Ile-de-France de Jean-Paul Huchon.

    Le Grand Paris pourrait être victime d'un «blocage complet».

    Une des priorités du Grand Paris est la construction de la ligne de métro automatique de 130 km son coût, entre 20 et 24,4 milliards d'euros. La réalisation de ses travaux sera confiée au futur établissement public, la Société du Grand Paris (SGP), détenu majoritairement par l'État. Une première dotation de 4 milliards d'euros a été confirmée pour réaliser la double boucle de métro, qui permettrait de lancer très tôt les appels d'offres pour la réalisation des études puis les travaux du réseau.

    Le projet ferroviaire du Grand Paris

    462795_carte-transports-grand-paris.1270835438.jpg

    L'Express.

    Dessinant une double boucle autour de la capitale, la traverse via la ligne 14 prolongée vers Orly et Roissy. A 80 % souterrain, sans conducteur, elle relierait les deux aéroports Orly et Roissy Charles de Gaulle avec des correspondances à Villejuif, La Plaine Saint-Denis et Le Bourget. Cette ligne devait transporter 3 millions de voyageurs jour. Elle serait connectée aux gares TGV et à la future ligne à grande vitesse La-Défense-le-Havre, début du chantier 2013. Ce schéma serait séduisant à condition que des liaisons intérieures permettent dans l'Ouest et l'Est parisien l'accès aux stations de ce métro. Ce projet apparaît donc incomplet s'il n'est pas relié à un réseau intérieur. En outre, la traversée de Paris, d'Orly à La Plaine Saint-Denis, n'est pas une mince affaire avec le passage sous la Seine d'autant que Paris est déjà une forêt de tunnels et galeries. Il est prévu une dizaine d'engins tunneliers attaquant le chantier en différents endroits, la double boucle serait réalisée en 13 années d'après Christian Blanc secrétaire d'état chargé de ce dossier.

    Les tensions avec la Région Île de France portent sur le projet Arc Express, qui est une rocade ferroviaire en proche couronne parisienne et qui intéresse Jean-Paul Huchon en tant que président du Syndicat des Transports Île de France, STIF, trouvant le projet pas mûr, voir l'image ci-dessous. La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a donné hier son feu vert pour un débat sur Arc Express, Christian Blanc a affirmé que ce projet qui doit être repris pour partie dans son projet de métro automatique est «aujourd'hui devenu insuffisant». «Les travaux qui viseraient à compléter les deux arcs Nord et Est pour en faire une rocade complète ne pourraient pas être entrepris avant 2025 pour être mis en service au mieux dans les années 2030-2035», a-t-il dit, défendant son projet de loi sur le Grand Paris. D'ici là beaucoup d'eau seront passées sous les ponts.

    Le projet Arc Express de métro est sous-terrain à quelques kilomètres du périphérique, permettant à la zone la plus dense de la petite couronne d’être équipée d’un moyen de transport efficace pour les trajets de banlieue à banlieue. Il est relié à la plupart des terminus du métro parisien. Il devrait décharger le réseau de transports en commun de 5 % à 10 % selon les lignes. Le trafic journalier est estimé à un million de voyageurs jour. Le schéma de la région prévoie un arc sud, long de 25 à 35 kilomètres selon le tracé arrêté, entre Meudon (Hauts-de-Seine) et Noisy-le-Grand ou Val-de-Fontenay (Val-de-Marne). Au nord, long de 17 à 23 km, il irait de la Défense (Hauts-de-Seine) vers Bobigny ou Pantin (Seine-Saint-Denis). Les deux axes recoupent à 80 % le métro du Grand Paris. Ce projet date déjà d’une vingtaine d’année, a déjà été inscrit au précédent Schéma Directeur d’Ile-de-France, mais pendant les 20 ans qu’auraient pu prendre sa construction, rien n’a été fait…

     

    projets-rocade-le-monde-191192031488.1270920569.jpg

    On voit mal comment ce projet s'articule avec le réseau ferroviaire de 130 km du Grand Paris. Ce projet apparaît complémentaire à celui du Grand Paris en le compliquant. Il faut donc attendre que tout cela se décante, ce que l'on peut d'ores et déjà affirmer, est que cette rocade risque de perturber pas mal les agglomérations même si elle est souterraine, les banlieues traversées sont denses, il faudra bien des gares d'accès en surface.

    Quelles seraient les retombées économiques du Grand Paris ? Desservant neuf territoires-clés pour la croissance et le rééquilibrage économique de la région. Il devrait créer un million d'emplois supplémentaires en quinze ans. Mais, selon l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France «le développement de nouveaux pôles peut s'accompagner de pertes d'emplois ailleurs dans la région». Le projet de loi relatif au Grand Paris fixe pour objectif la création de 70 000 logements contre moins de 40 000 aujourd'hui. L'aménagement des terrains autour des gares sera régi par des «contrats de développement territoriaux» avec droit de préemption pour l'État et pour les communes.

    Ce Grand Paris est un rêve de Nicolas Sarkozy et c'est sur le transport que va se jouer la partie la plus décisive. Le conflit de pouvoir entre Jean-Paul-Huchon et Christian Blanc menace de bloquer le projet. Monsieur Jean-Paul Huchon demande à copiloter avec l'État le projet de super métro, je ne vois pas ce que va apporter la Société du Grand Paris alors qu'il y a au syndicat des transports d'Île de France de plus de 200 personnes capables de réaliser un projet de rocade. Christian Blanc fait valoir que le projet de loi remédie à la panne de décision de la région et vise à surmonter tous les conservatismes. Rien ne va plus entre deux anciens rocardiens. En outre la question financière est loin d'être réglée, il ne faudrait pas que le peu d'argent qu'il y a soit uniquement réservé à ce projet mirifique s'exclame Jean-Paul Huchon qui s'inquiète de voir l'État limiter ses investissements au super métro au dépens des cofinancements de certains projets que l'État s'était engagé à financer avec la région.

    Le monde publie dans son édition du 20 mai 2010 un article signé Béatrice Jérôme , sur le fait que deux études contestent les chiffres du projet de Christian Blanc. Il s'agit du métro souterrain de 130 kms pour lequel il est espéré créer un million d'emplois supplémentaires en 15 ans.

    «Or, d'après les travaux récents de l'Insee, de la direction régionale de l'équipement d'Ile-de-France (Dreif) et de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France (Iaurif) qui portent sur les perspectives d'emplois de la région d'ici 2030. Il ressort de ces études que le scénario de M. Blanc, nécessiterait une «rupture» avec les tendances démographiques actuelles, «des changements comportementaux et institutionnels très importants» et impliquerait de doubler l'immigration».

    Ce n'est donc pas notre politique actuelle.

    «L'Ile-de-France crée en moyenne, depuis 2005, 30 000 emplois par an. M. Blanc table sur la création de 53 000 à 67 000 emplois. Ce qui supposerait entre 710 000 à 900 000 nouveaux actifs sur quinze ans. Selon l'étude la Dreif, de l'Insee et de l'Iaurif, la région ne devrait gagner que «300 000 nouveaux actifs d'ici 2030». Cette évolution serait «quasiment deux fois plus faible qu'entre 1982 et 2006» en raison du vieillissement de la population. La région devrait ainsi gagner par an 13 250 actifs. Le secrétariat d'Etat à la région-capitale table, lui, sur une hypothèse haute de 60 000 actifs».

    «Reste le levier de l'immigration, «les hypothèses qui influencent le plus sur l'évolution de la population active sont celles relatives aux migrations internationales», souligne la note. En Ile-de-France, aujourd'hui, environ 30 000 personnes arrivent chaque année de l'étranger, soit près de 40 % du total de l'immigration Française. Selon l'étude, il faudrait, doubler le flux de main-d'œuvre étrangère pour espérer atteindre au maximum «500 000 nouveaux actifs»».

    Ce projet titanesque se présente de plus en plus comme être une folie des grandeurs dans laquelle Christian Blanc en quête de notoriété n'a pas approfondit toutes les conséquences politiques, et ses chiffres sur les créations d'emploi apparaissent fantaisistes ne pouvant être satisfaits même s'ils le seraient potentiellement. Monsieur Christian Blanc compte remettre en juillet à la Commission nationale du débat publique une analyse socio-économique du projet du Grand Métro.

    Or, le jeudi 27 mai, suite à un ultime vote au Sénat. Les sénateurs ont approuvé les conclusions de la commission mixte paritaire par 179 voix contre 153, ouvrant la voie à ce projet prévoyant la construction d'une double boucle de métro automatique autour de Paris, le Grand Paris est donc lancé. La gauche a voté contre qualifiant le Grand Paris de projet d'autoritarisme.

  • La retraite à 60 ans,

    dogme ou justice sociale ?

     

    Ce qui me fait réagir ainsi ce sont les propos que Nicolas Sarkozy aurait lancés à l'encontre de François Mitterrand à propos de la retraite à 60 ans. Tous ceux qui, comme moi, ont été les bénéficiaires de cette disposition sont certainement heureux d'entendre notre actuel président déclarer mardi à Beauvais, dans l'Oise, à huit-clos devant un parterre d'UMP,

    «vous savez, quand on pense à ce qu'a fait François Mitterrand en ramenant l'âge légal de départ à la retraite de 65 à 60 ans ! On aurait beaucoup moins de problèmes s'il s'était abstenu», a-t-il déclaré selon ce journal.

    Le président de la République aurait fait montre d'optimisme quant à l'adoption de mesures inverses. «Les Français sont râleurs, parfois bougons. Mais en même temps, ils sont lucides, intelligents et responsables, ils sauront reconnaître qu'il n'y a pas d'alternative à nos réformes», dit-il dans les propos rapportés par Le Figaro.

    Martine Aubry, a jugé que ces propos présumés n'étaient «pas dignes d'un président». «Quand un homme est capable, 15 ans après le décès de son prédécesseur, de le mettre en cause, devant l'incapacité à prendre en compte ses propres échecs, on le renvoie à ses propres mensonges», a-t-elle dit sur RTL, rappelant l'engagement de Nicolas Sarkozy de ne pas remettre en cause cette réforme mitterrandienne.

    Le député François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, a estimé que cette déclaration était une offense aux Français qui avaient pu partir à 60 ans après la réforme Mitterrand. «Ces Français-là ont bien eu de la chance de ne pas avoir eu Nicolas Sarkozy. Tous ceux qui sont partis en retraite à 60 ans, depuis trente ans, se sont vus là, par la déclaration de Nicolas Sarkozy, comme fouettés, comme si c'étaient de mauvais Français qui étaient partis trop tôt», a-t-il dit sur France Info, propos tirés des échos.fr.

    Mitterrand a répondu à un besoin social


    Monsieur le Président :

    j'ai commencé à travailler à 16 ans après deux années d'apprentissage dans un centre après le certif, j'ai donc cotisé un peu plus de 44,5 années puisque je suis parti en retraite à 60,5 ans, bien heureux que François Mitterrand ait fait cette retraite à 60 ans. De plus, afin que vous le sachiez, seulement 37,5 années ont été prises en compte pour ma retraite par la sécurité sociale, j'ai donc cotisé 7 années de plus pour que les autres aient une retraite.

    Alors, Monsieur le président, un peu de respect s'il vous plait.

    Si François Mitterrand n'avait pas fait cette retraite à 60 ans j'aurais dû cotiser 49,5 années, ne pensez-vous pas que beaucoup de Français sont comme moi, et qu'ils n'ont pas apprécié vos propos.

    Alors dire que la retraite à 60 ans est un dogme comme vous le prétendez ainsi que vos ministres est honteux.

    C'est une simple justice sociale pour les personnes qui, comme moi, ont commencé très tôt, et vouloir les faire cotiser au delà de ce qui est prévu est injuste, il importe donc de mettre en œuvre une date de départ en fonction du parcours salarié de la personne, on ne peut considérer la même date de mise en retraite pour une personne commençant son activité salariée à 18 ans et une autre à 24 ans. De même, pour celles dont le métier est pénible, dangereux et fatiguant, et qui ont statiquement une espérance de vie plus courte que la moyenne.

    En outre, vous ne semblez pas préoccupé par les mises au chômage des séniors à 55-58 ans pour lesquels vous n'avez toujours pas apporté de remède, alors avant de porter la retraite au delà de 60 ans, ne pensez-vous pas, en dehors de vos propres dogmes, que vous pourriez apporter une solution à ce douloureux problème. Il est curieux, que bien avant la fin des entretiens syndicaux vous ayez déjà pris la position d'allongement de l'âge de la retraite, alors que vous aviez prétendu, aller, et écouter jusqu'au terme des discussions avec les responsables syndicaux, c'est à dire le mi juin avant de prendre une décision. Qui peut croire un seul instant que cette décision n'était pas déjà prise avant l'engagement de ces discussions syndicales ? Ce matraquage autour de l'allongement de la durée de vie pour l'augmentation de l'âge de départ en retraite n'est pas sans raison, il fait partie intégrante de votre politique depuis le début, bien que vous ayez affirmé le contraire, en 2007, en promettant de maintenir la retraite à 60 ans. Tout ce qui se dit et se fait actuellement est pour donner le change. Je conçois que pour beaucoup de Français le passage de 60 à 62, voire 63 ans est concevable mais pas pour tous. Il importe donc que vous le précisiez et que vous preniez en compte les problèmes que j'ai évoqués.

    Entre vous et les Français vous créez une rupture dont les livres d'histoire enseigneront aux générations futures un président cultivé par des dogmes, montrant un esprit orienté, et rejetant tout ce qui le contrarie alors que votre rôle est d'écouter et de comprendre qu'il faut une retraite fonctionnelle, pas d'opposer les Français.

    Nicolas Sarkozy sur RTL le 27 mai 2008 à écouter à partir de 20 mn 30

    L'Abcédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu