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La retraite à 60 ans,

dogme ou justice sociale ?

 

Ce qui me fait réagir ainsi ce sont les propos que Nicolas Sarkozy aurait lancés à l'encontre de François Mitterrand à propos de la retraite à 60 ans. Tous ceux qui, comme moi, ont été les bénéficiaires de cette disposition sont certainement heureux d'entendre notre actuel président déclarer mardi à Beauvais, dans l'Oise, à huit-clos devant un parterre d'UMP,

«vous savez, quand on pense à ce qu'a fait François Mitterrand en ramenant l'âge légal de départ à la retraite de 65 à 60 ans ! On aurait beaucoup moins de problèmes s'il s'était abstenu», a-t-il déclaré selon ce journal.

Le président de la République aurait fait montre d'optimisme quant à l'adoption de mesures inverses. «Les Français sont râleurs, parfois bougons. Mais en même temps, ils sont lucides, intelligents et responsables, ils sauront reconnaître qu'il n'y a pas d'alternative à nos réformes», dit-il dans les propos rapportés par Le Figaro.

Martine Aubry, a jugé que ces propos présumés n'étaient «pas dignes d'un président». «Quand un homme est capable, 15 ans après le décès de son prédécesseur, de le mettre en cause, devant l'incapacité à prendre en compte ses propres échecs, on le renvoie à ses propres mensonges», a-t-elle dit sur RTL, rappelant l'engagement de Nicolas Sarkozy de ne pas remettre en cause cette réforme mitterrandienne.

Le député François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, a estimé que cette déclaration était une offense aux Français qui avaient pu partir à 60 ans après la réforme Mitterrand. «Ces Français-là ont bien eu de la chance de ne pas avoir eu Nicolas Sarkozy. Tous ceux qui sont partis en retraite à 60 ans, depuis trente ans, se sont vus là, par la déclaration de Nicolas Sarkozy, comme fouettés, comme si c'étaient de mauvais Français qui étaient partis trop tôt», a-t-il dit sur France Info, propos tirés des échos.fr.

Mitterrand a répondu à un besoin social


Monsieur le Président :

j'ai commencé à travailler à 16 ans après deux années d'apprentissage dans un centre après le certif, j'ai donc cotisé un peu plus de 44,5 années puisque je suis parti en retraite à 60,5 ans, bien heureux que François Mitterrand ait fait cette retraite à 60 ans. De plus, afin que vous le sachiez, seulement 37,5 années ont été prises en compte pour ma retraite par la sécurité sociale, j'ai donc cotisé 7 années de plus pour que les autres aient une retraite.

Alors, Monsieur le président, un peu de respect s'il vous plait.

Si François Mitterrand n'avait pas fait cette retraite à 60 ans j'aurais dû cotiser 49,5 années, ne pensez-vous pas que beaucoup de Français sont comme moi, et qu'ils n'ont pas apprécié vos propos.

Alors dire que la retraite à 60 ans est un dogme comme vous le prétendez ainsi que vos ministres est honteux.

C'est une simple justice sociale pour les personnes qui, comme moi, ont commencé très tôt, et vouloir les faire cotiser au delà de ce qui est prévu est injuste, il importe donc de mettre en œuvre une date de départ en fonction du parcours salarié de la personne, on ne peut considérer la même date de mise en retraite pour une personne commençant son activité salariée à 18 ans et une autre à 24 ans. De même, pour celles dont le métier est pénible, dangereux et fatiguant, et qui ont statiquement une espérance de vie plus courte que la moyenne.

En outre, vous ne semblez pas préoccupé par les mises au chômage des séniors à 55-58 ans pour lesquels vous n'avez toujours pas apporté de remède, alors avant de porter la retraite au delà de 60 ans, ne pensez-vous pas, en dehors de vos propres dogmes, que vous pourriez apporter une solution à ce douloureux problème. Il est curieux, que bien avant la fin des entretiens syndicaux vous ayez déjà pris la position d'allongement de l'âge de la retraite, alors que vous aviez prétendu, aller, et écouter jusqu'au terme des discussions avec les responsables syndicaux, c'est à dire le mi juin avant de prendre une décision. Qui peut croire un seul instant que cette décision n'était pas déjà prise avant l'engagement de ces discussions syndicales ? Ce matraquage autour de l'allongement de la durée de vie pour l'augmentation de l'âge de départ en retraite n'est pas sans raison, il fait partie intégrante de votre politique depuis le début, bien que vous ayez affirmé le contraire, en 2007, en promettant de maintenir la retraite à 60 ans. Tout ce qui se dit et se fait actuellement est pour donner le change. Je conçois que pour beaucoup de Français le passage de 60 à 62, voire 63 ans est concevable mais pas pour tous. Il importe donc que vous le précisiez et que vous preniez en compte les problèmes que j'ai évoqués.

Entre vous et les Français vous créez une rupture dont les livres d'histoire enseigneront aux générations futures un président cultivé par des dogmes, montrant un esprit orienté, et rejetant tout ce qui le contrarie alors que votre rôle est d'écouter et de comprendre qu'il faut une retraite fonctionnelle, pas d'opposer les Français.

Nicolas Sarkozy sur RTL le 27 mai 2008 à écouter à partir de 20 mn 30

L'Abcédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

 

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