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Frédéric Mitterrand une culture d'homosexuel,

une erreur sans doute, une faute même pas.

 

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N'avez-vous pas remarqué, que ces hommes homosexuels sont brillants. En général très cultivés, le verbe facile, souvent des stars des médias par suite de leur intelligence, et de leur répartie aisée. Frédéric Mitterrand cultive ces valeurs, on a l'impression qu'il est tombé dès sa naissance dans ce que l'on pourrait appeler le creuset de la culture des arts, de la parole avec celle d'écrire, tant on voit en lui cette facilité d'expression. Ces hommes dont la déviation sexuelle anormale, eu égard à la normalité de la masse des humains, ne seraient-ils pas, justement, par ce qu'ils sont homos doués de facultés supérieures ? En d'autres termes, leurs facultés intellectuelles ne se seraient-elles pas plus développées que celles des autres, comme un fait compensatoire à cette déviation sexuelle ?

On constate souvent, tout au moins pour moi, qu'un enfant né avec une malformation de l'encéphale compense par d'autres sens ce handicap, cela se remarque bien pour les aveugles comme pour ceux dont les malformations sont mineures. En d'autres termes, ils développent des facultés compensatrices de leur handicap. Je ne rentrais pas dans la basse politique qui consiste à demander sa démission, c'est à lui de voir ce qui lui convient de faire, et il peut se justifier autant qu'il le veut qu'il n'est pas un pédophile, ce qui est certainement vrai, il n'en reste pas moins vrai que sa vie, qu'il assume, n'est pas un exemple de moralité. La première des choses à mon sens est qu'un homme ministre doit être moralement irréprochable, c'est un exemple pour la Nation. Sans cela ou est la morale, ou sont les valeurs, il n'existe plus rien ! Avec ce gouvernement, toutes ces valeurs ont pris la porte, ce ne serait pas le général de Gaulle et aussi d'autres présidents qui auraient choisi Frédéric Mitterrand comme ministre de la culture même si il en a, plus que d'autres, les facultés.

Quand Sarkozy a reçu Frédéric Mitterrand pour le poste de ministre, Frédéric Mitterrand lui a parlé de son livre «La mauvaise vie» livre paru en 2005 dont le Monde.fr publie de larges extraits de ce qui dérange, ce sont les pages dernières de 293 à 307, celles objet de la polémique, à voir ici. Certes c'est un mea-culpa, une confession devant lui-même qui serait un repentir. Mais, est-ce suffisant pour qu'il soit lavé de cet abominable tourisme sexuel, non. Excusez-moi, mais aller en Thaïlande dans les bordels de Bangkok pour pénétrer un garçon, n'est pas pardonnable même avec un livre si bien écrit qui est une œuvre littéraire, pourrait exaucer cet acte qui est une tâche indélébile.

Voici un passage,

«Le garçon marche dans la nuit à quelques pas devant moi. Pantalon de teinte sombre ajusté sur les hanches, étroit le long des jambes ; tee-shirt blanc qui colle au contour des épaules et à la ligne du dos ; bras nus, une Swatch au poignet, cheveux noirs avec des reflets brillants, dégagés sur la nuque. Démarche souple, allure tranquille, tout est beau, net, irréprochable. Il ne se retourne pas, il sait que je le suis et il devine sans doute que cet instant où je le regarde en profil perdu, de près et sans le toucher, me procure un plaisir violent. Il a l'habitude. C'est le quatrième depuis hier soir, j'ai voulu passer par un club que je ne connaissais pas encore avant de rentrer à l'hôtel et je l'ai aussitôt remarqué. Il n'y a que pour ceux qui ne les désirent pas qu'ils se ressemblent tous. Il se tenait comme les autres sur la petite scène, les mains croisées en arrière pour bien marquer le corps dans la lumière, en boxer short immaculé, le côté saint Jean-Baptiste qu'ils retrouvent instinctivement et que les pédés adorent, mais le visage fermement dessiné, l'expression avec du caractère, regard sans mièvrerie et sourire sans retape, un charme immédiat qui le détachait du groupe des enjôleurs professionnels. J'imaginais Tony Leung à vingt ans. Il a ri comme s'il avait gagné à la loterie quand j'ai fait appeler son numéro et lorsqu'il est venu près de moi, j'ai deviné brièvement l'odeur de sa peau, eau de Cologne légère et savon bon marché ; pas de ces parfums de duty free dont ils raffolent en général. Il avait l'air vraiment content d'aller avec moi ; j'ai senti qu'il serait vif et fraternel. Les rats qui grouillent dans la ruelle détalent à notre passage, les néons disparaissent derrière nous dans la pénombre, les remugles des poubelles s'estompent dans la chaleur poisseuse, et le vacarme assourdissant de la techno qui dégorge par les portes ouvertes de tous les autres clubs accentue cette impression de privation sensorielle où je concentre toute mon attention uniquement sur lui et sur ce que j'en attends. Mauvaise musique grossièrement frelatée au synthé sur des standards que l'on ne reconnaît plus mais dont le rythme infernal bombarde tout le quartier, fait chanceler entre excitation et hébétude et saoule le désir qui tambourine contre les tempes. Ça baisse un peu dans le souterrain qui mène au parking de l'hôtel. Il élève ses quinze étages de médiocre confort international au-dessus du flot populeux et du magma des boîtes et des gargotes, abritant une clientèle pas trop friquée de tour operators qui sort le jour en groupes serrés et tâte furtivement du grand frisson et de la rigolade à souvenirs avant de se coucher tôt derrière les doubles vitrages climatisés. Mais il plonge ses racines dans un sol autrement plus fertile : la sorte de grotte où le gang des chauffeurs de taxi se livre à des parties de cartes vociférantes dans une atmosphère de tripot pour films de kung-fu commande l'accès à une série de chambres sans fenêtre qui se louent ordinairement à l'heure, et pour longtemps, voire à perpétuité si on veut en finir et y mettre le prix. Ce n'est certainement pas le pire endroit pour mourir, anonymat et discrétion assurés. De vilains jeunes gens qui n'auraient eu aucune chance sur la rampe à numéros prennent leur revanche en s'affairant devant les caves à plaisir : ils détiennent les clefs, assurent la circulation qui peut être dense, relèvent les compteurs, font le ménage entre les passes.

Plutôt sympathiques au demeurant : ils prétendent connaître tous les garçons par leurs noms et traitent les habitués à pourboires en jouant la comédie d'un service de palace. Le réduit et la salle de bains sont très propres : serviettes sous cellophane, housse en papier sur le lit sans drap, moquette neuve, ventilateur chromé, des miroirs un peu partout et même au plafond pour qui ça intéresse. Le room valet, comme il se désigne élégamment lui-même, fait une tentative pour me montrer comment marche la télévision et, jaugeant mon air apparemment défait, me propose à tout hasard des cassettes sans doute destinées à me ranimer. On rit un peu sans bien se comprendre, je lui refile les billets pour deux heures avec de quoi s'offrir une autre dent en or et il sort en chantonnant. Nous sommes seuls. Mon garçon n'a pas dit un mot, il se tient devant moi, immobile, le regard toujours aussi droit et son demi-sourire aux lèvres. J'ai tellement envie de lui que j'en tremble».

Alors, l'argument majeur contre ceux qui critiquent Frédéric Mitterrand et qui lui demande de démissionner, est de ne pas avoir lu le livre ! C'est le principal propos qu'a clamé haut et fort du rédacteur en chef de Marianne Laurent Neumann hier soir sur France trois. Il n'a pas relevé le coté immoral de cette conduite pour un ministre de la république, impardonnable pour un journal qui veut dicter la morale, et dire qu'il faut avoir lu le livre pour émettre un avis c'est vrai, mais pour moi, cet extrait parle de lui même.

On assiste, dans les commentaires de cette publication des extraits du Monde.fr, 245, à des louanges sur la valeur de Frédéric Mitterrand qui certes n'est pas en cause, et à des presque insultes pour les partis politiques qui condamnent ce ministre. Sarkozy, bravo, vous avez réussit à détruire tout sentiment d'honneur, pourquoi ne pas l'avoir laissé dans ce palais, la Villa Médicis, lieu de culture sur les hauteurs de Rome.


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Jean-Marie Colombani dans Slate.fr établit un parallèle avec les États-Unis pratiquant «The politics of the spite», la politique de la rancœur. Il cite ce cri d'alarme, «le champagne sablé par l'état-major d'un journal néo conservateur à l'annonce de la défaite de Chicago en faveur de Rio de Janeiro pour l'organisation des Jeux olympiques de 2016». Eh bien en France, c'est copie conforme, nous vivons à l'heure de la rancœur systématique, de l'attaque tous azimuts, pourvu que cela fasse des dégâts.

Il poursuit, il ne s'agit pas ici de défendre ou d'excuser, voire de comprendre en quoi que ce soit, le crime du jeune Polanski aux dépens d'une enfant de 13 ans. Pas plus qu'il ne s'agit de cacher le dégoût que peuvent inspirer les pages du livre de Frédéric Mitterrand consacrées à son attirance pour le commerce sexuel avec les jeunes hommes. Le mot commerce, au sens propre du terme, étant ici en cause. Il s'agit plutôt de regarder comment, lorsque quelqu'un peut apparaître comme une cible politique, tous les moyens sont bons. Ce qui peut conduire à tenir un point de vue, puis son contraire, peu importe pourvu qu'on ait l'ivresse de voir son ennemi à terre.

Certes, c'est bien vrai que tous les moyens sont bons et c'est regrettable, mais ce qui à mon sens l'est encore plus c'est d'avoir fait de Frédéric Mitterrand un ministre bafouant ainsi toute morale politique, et là peu sont présents pour condamner Sarkozy. Si l'opposition ne reprenait pas ce fait, elle ne ferait pas son travail, et je crois savoir que la droite ne se gène pas d'en faire autant. En d'autres termes, Sarkozy fait de la provocation sachant bien que ce livre qu'il aurait lu et distribué à ses amis aurait fait polémique. Donc de provocation suit la riposte par la démission demandée pour Frédéric Mitterrand. On pourrait s'étonner que l'UMP transfuge du RPR ne condamne pas Sarkozy, car je me souviens que du temps ou ce parti existait, les homosexuels étaient vilipendés. Alors Jean-Marie Colombani ne vous étonnez pas que l'opposition se déchaîne.

France Culture dresse un portrait de Frédéric Mitterrand qui le présente comme une sorte de pelote de ficelle dont on ne saurait par quel bout le prendre de crainte d'y faire des nœuds. Faut-il parler de politique, de l'écrivain, du cinéaste, du producteur de télévision, de radio, l'homme orchestre en quelque sorte, celui qui sait répondre à tout. Mais n'a-t-il pas de qui tenir ? C'est donc un homme complexe insaisissable aimant les hommes comme l'autre les femmes, ce qui est tout de même mieux.

Une chose est certaine, il sait se défendre et même s'il survit à cette polémique ce fait sera inscrit dans tous les livres d'histoire pour l'éternité.

Commentaires

  • FREDERIC MITTERRAND N'EST PAS HORS-LA-LOI !

    Comme tous les "bons citoyens" honnêtes, j'ai réagi bêtement à chaud et sans avoir tous les éléments en main au sujet de la prétendue pédophilie de notre ministre de la culture, me fiant uniquement aux assertions de Marine le Pen.

    Après examen plus attentif de l'affaire et après avoir écouté les arguments des défenseurs du présumé coupable, je me suis aperçu que j'étais tombé dans le piège des apparences.

    Le seul reproche que l'on peut faire à monsieur Mitterrand c'est d'avoir pratiqué le tourisme sexuel, non la pédophilie. Et encore, c'est un reproche personnel et non judiciaire.

    Cessons l'hypocrisie ! Certes il est immoral de s'adonner au tourisme sexuel, pour autant ce n'est pas illégal.

    Tant qu'il n'y a pas de mineurs impliqués.

    Je rappelle que la loi française n'interdit nullement de pratiquer le tourisme sexuel pourvu que les prostitués ne soient pas des mineurs.

    Le ministre est un citoyen comme les autres, il a le droit d'exercer sa liberté. Jusqu'à preuve du contraire, il n'a rien commis d'illégal.

    Il a certes commis des choses hautement condamnables mais "seulement" sur le plan moral, non sur le plan légal.

    Puisque la morale de la république et de ses défenseurs se borne aux termes de la loi, pourquoi les citoyens font-ils tant d'histoire pour si peu de choses ?

    En république on peut faire tout ce qu'on veut tant que cela n'enfreint pas la loi : avorter, faire commerce de la pornographie, tuer son semblable sous uniforme, fabriquer et vendre des bombes à des belligérants, etc...

    De deux choses l'une : ou bien on change les lois en les mettant en accord avec la morale, ou bien on joue le jeu de la sainte république et on la ferme !

    J'insiste : du strict point de vue des lois républicaines, on n'a rien à reprocher au ministre de la culture.

    Tant qu'il ne viole pas les lois, sa vie privée le regarde.

    On se scandalise hypocritement des moeurs du ministre mais à côté on trouve normal d'avorter, de vendre des armes, de faire du business avec la pornographique...

    Sous prétexte que c'est légal.

    Avant de faire les écoeurés face aux moeurs de Frédéric Mitterrand, les honnêtes citoyens rangés -avec leur si belle morale républicaine- feraient bien de balayer devant la porte de leur conscience !

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    =======

    Réponse faite à un détracteur me reprochant ma prise de position :

    La république nous demande d'adopter avant toute chose sa "morale". Ensuite le citoyen fait ce qu'il veux tant que cela ne sort pas du cadre des lois républicaines. C'est le principe même de la république. La morale des individus n'a rien à voir avec les lois temporelles de notre société.

    Contrairement aux régimes islamiques, dans notre démocratie nous avons le droit d'être immoral, abject, immonde, criminel tant que nos actes sont en conformité avec les règles républicaines.

    Par exemple vous avez parfaitement le droit de vous enrichir en faisant du commerce avec la pornographie, en fabriquant des armes et en les vendant à des belligérants. Dans ce dernier cas vous serez même choyé par l'Etat. Vous avez également le droit d'avorter. La loi le permet. Il ne vous est pas interdit d'appartenir à des sectes sataniques tant que vous restez dans les rails de la loi. La société ne peut pas non plus vous reprocher de cultiver du tabac. Or toutes ces activités et adhésions parfaitement licites n'en sont pas moins fondamentalement criminelles.

    C'est cette hypocrisie que je dénonce à travers mon article.

    Dans un premier temps, égaré par les fumées du discours général sans nuance j'ai éprouvé un profond dégoût envers monsieur Mitterrand que je pensais -à tort- être un libidineux pédophile. Or après examen de l'affaire il se trouve qu'il ne s'est pas rendu coupable de ce crime.

    Par ailleurs j'admire le courage et la combattivité dont il fait preuve dans sa défense.

    Et je ne trouve pas déplacé qu'il se montre courageux et combattif dans la mesure où il n'est pas pédophile. Un innocent a le devoir de se défendre.

    Maintenant, s'il s'avère que le ministre s'est réellement rendu coupable de pédophilie, alors croyez bien que je serai le premier à le condamner et ne lui trouverai aucune circonstance atténuante. Et cette fois toute argumentation de sa part pour justifier ses actes serait indécente.

    Mais au fait, ne nous éloignons-nous pas de l'essentiel dans cette affaire ?

    Qu'est-ce qu'on demande avant tout à un ministre de la république ? De produire un certificat de virginité ou bien d'être tout simplement compétent dans son ministère ?

    C'est dans une monarchie que l'on exige des hauts placés des preuves de moralité, pas dans un système qui se veut efficace, égalitaire, laïc.

    Tant que le ministère de la culture fonctionne bien, c'est le principal et c'est tout ce qu'on demande à un ministre responsable de son ministère. Le ministre n'est qu'un serviteur de l'Etat, un employé de la république comme un autre. Pourquoi devrait-on exiger de lui un comportement plus exemplaire que les autres ?

    Parce qu'il est ministre ? Un ministre est un citoyen ordinaire, en vertu du principe républicain de l'égalité de tous face à la loi.

    Nous ne sommes pas dans une monarchie : théoriquement l'accession au poste de ministre de Frédéric Mitterrand n'est pas un privilège, pas un cadeau, pas une récompense.

    Juste un fait.

    Nous sommes en impartiale république, je le rappelle.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    +++++++

    PRECISION :

    S’il s’avère que le ministre est réellement coupable, je serai le premier à le condamner.

    Mon avis sur cette affaire n’est pas définitif. Il évolue et se nuance avec les nouveaux arguments qui arrivent au fur et à mesure du débat. Et je me donne d’ailleurs le droit de me tromper. C’est ce qui fait l’intérêt de tout débat. Je ne suis pas entré dans ce débat pour avoir raison mais pour faire triompher la vérité, quelle qu’elle soit.

    Mes positions sont susceptibles de changer selon les nouveaux éléments.

    Je suis ni pro-Mitterrand ni anti-Mitterrand.

    Je suis juste « pro-réflexion », à la seule recherche de la vérité.

    Je n’ai aucun intérêt social ou personnel à défendre des criminels. Au contraire, j’ai tout intérêt à promouvoir la vertu.

    S’il faut condamner Mitterrand pour ses actes, je le ferai sans aucun problème et avec virulence.

    Mais je veux des preuves.

    Raphaël Zacharie de IZARRA
    raphael.de-izarra@wanadoo.fr
    2, Escalier de la Grande Poterne
    72000 Le Mans
    02 43 80 42 98

  • Bonjour et merci de ce long commentaire,

    Vous écrivez des vérités.

    Monsieur Frédéric Mitterrand est un homme comme les autres sauf qu'il est homosexuel, et c'est son droit.

    Je ne lui reproche pas.

    Mais si vous avez bien lu mon article, ce n'est par ce qu'il est homosexuel que je le condamne mais par ce qu'il est ministre et qu'un ministre ne doit pas avoir fait du tourisme sexuel par moralité, il doit montrer l'exemple aux autres.

    Que diriez-vous, si vous allez chez le médecin qui vous recommande de ne pas fumer et qui fume devant vous ?

    Ne diriez-vous pas qu'il n'est pas sérieux ?

    Si l'on fait de la culture, on l'a fait aussi en montrant l'exemple, et la première culture est celle que vous montrez.

    Pour moi, il est inadmissible qu'il puisse être ministre de la culture, mais bien sur je ne suis plus tout jeune, un vieux papy qui ne voit plus les choses comme maintenant.

    Mais, je crois à la valeur de l'exemple car sans exemple, notre société fou le camp.

    Si vous souhaitez plus d'informations sur moi, je vous recommande mon blog sur le Monde.fr ici "http://anidom.blog.lemonde.fr", Réflexion et témoignage par A.Mirolo.

    Dans ce blog, il y a une colonne à gauche qui comporteun widget, "écrivez-moi", en cliquant dessus vos pouvez m'envoyer vos messages

    Bien à vous,

    A.Mirolo

  • Pour changer de sujet...

    LA LUNE VUE PAR DE GRANDS AUTEURS

    Afin de détendre l'atmosphère je vous propose ces neuf textes sur le thème de la Lune écrits par de grands auteurs à un moment donné de leur vie. Tout le plaisir est pour moi de promouvoir une si jolie cause. Merci pour votre attention.

    Raphaël Zacharie de Izarra

    +++++++

    1 - La pleine lune

    Elle se lève sur l'horizon avec un visage pâle, des joues enflées, une tête molle. Elle monte et survole forêts, routes, villages en rapetissant, devient plus vive à mesure qu'elle s'élève. Parvenue au zénith, l'oeil pétillant, le front clair, elle crache comme une vipère sur les oiseaux de nuit qui la contemplent en rêvassant. Éblouissante, muette comme une taupe, féline dans son empyrée, elle plane au-dessus des têtes, ricaneuse.

    Elle miaule dans le ciel, les spectres l'entendent. Les hérissons sont ses confidents, les hiboux ses messagers, les tombes ses miroirs. Marmoréenne, duveteuse et sépulcrale, elle étincelle d'un seul feu. C'est une flamme mourante que ravivent à chaque instant les moribonds de la Terre. Asile des trépassés, refuge des âmes envolées, l'astre est un vaisseau hanté. Des fantômes sont à la barre : elle vogue, naviguant à vue, myope, stupide.

    Belle comme une morte, séduisante avec ses cheveux de sorcière, charmante avec son sourire hypocrite, amoureuse comme une pieuvre, la mélancolie est son royaume. Déesse inquiétante, fauve céleste, oiseau sidéral, caillou plein d'éclat, la Lune depuis la nuit des temps chante sa complainte à l'Éternité.

    Alfred de Musset

    2 - La face cachée de la Lune

    Verte, sournoise, tranchante, voici la Lune qui croasse. Ses ailes d'éther sont de mauvais augure. J'aime les sourires fourbes de cette hanteuse.

    Point crucial de la nuit, oeil errant de la voûte, confidente des clochers, elle accompagne mes veilles, fidèle, moqueuse, attachante. Je trouve sa face subtile, sa caresse ironique, son silence mortel. Elle passe, fécondante, prodiguant mauvais rêves et bonnes fortunes. Ses quiets rayons irradient le malheur. Elle rassure les chouettes, effraie les dormeurs.

    Elle répand son miel dans l'espace, déverse son fiel sur les poètes, rend muettes les villes, fait parler les campagnes... Elle attise les rumeurs, ravive âtres et légendes, délie les mauvaises langues, fait fermer les portes et sceller les coffres.

    Il m'arrive de lui parler. Mes mots pour elle sont tendres. Mais ses éclats sont durs. On la croit pâle, molle, sereine, elle est vive, sèche, tourmentée. C'est une amie sévère qui rit avec férocité, sanglote à faire rendre l'âme.

    J'aime cette séductrice aux joues brillantes, au front lisse, au regard fixe. Ne vous fiez pas à ses allures candides, car la Lune en vérité est une méchante fée, une sorcière qui diffuse un parfum venimeux, suave et mystérieux sur la Terre.

    Victor Hugo

    3 - Au clair de l'une, à l'ombre de l'autre

    Mademoiselle,

    A la vue de la Lune montant dans la nue, vos traits s'imposent à moi. Toujours, je vous ai associée au disque lunaire, vous ma claustrale, vous ma mélancolique amante. Pâle apparition aux charmes muets et au visage vague, vous êtes l'appel du large : celui des profondeurs sidérales et des étoiles lointaines.

    Vous êtes ma consolation poétique, une sorte de lueur au firmament qui entretient en moi le rêve. Demeurez pour toujours cette spectrale, frêle créature croisée entre poussière et azur, entre ciel et gargouilles. Votre orbite est onirique, vous l'astre au teint blême. Chaque fois que je regarde la Lune, c'est votre visage que je vois Mademoiselle, aussi doux qu'une chandelle, mystérieux comme un oiseau de nuit, hâve tel un fantôme.

    Lorsque passe au-dessus mon toit la sphère étrange, qu'elle chuchote à travers ma fenêtre, qu'elle se fait compagne de mes insomnies, c'est vous que j'entends frapper au carreau, vous qui hantez ma chambre, vous qui me tenez en éveil.

    La Veilleuse qui luit au zénith me rappelle la triste chartraine que vous êtes. Vous ne cessez de tourner autour de moi Mademoiselle. Et tout comme la blanche Dame au dos rond, vos grâces sont tombales. Je chante à l'infini votre beauté funèbre.

    Vous avez les attraits cosmiques des sélènes créatures et des filants objets qui peuplent la voûte, hôtes célestes que je poursuis comme un Graal à ma portée.

    Vous ressemblez au mystère d'en haut. Vous êtes un temple, et de ce temple s'élève une prière. Et cette prière, c'est la mienne. Et je m'adresse à vous. Et le sens de ma prière est l'amour.

    Chartres est mon éden et ma douleur, ma gloire et ma misère. Et votre rivale de chair qui partage mon alcôve, ma plus chère faiblesse. Vous, vous êtes mon purgatoire, ma croix, mon linceul. Et puis ma rédemption, ma lumière, mon salut. L'une est ma conquête temporelle, l'autre ma victoire céleste. L'une à ma gauche, l'autre à ma droite. L'une est un peu ange, l'autre un peu diable. Tiraillé entre ces deux feux, je me consume.

    Ma plume est une flamme et vous Mademoiselle, vous êtes un songe. Des deux follets sont nées ces lettres d'artifices.

    Je vous destine ces mots. Je m'en retourne à ma Lune, à ma compagne légitime et à mes chères étoiles, ne cessant de songer à vous.

    Alphonse de Lamartine

    4 - Entre Terre et Lune

    J'erre entre ciel et poussière dans la solitude et le silence, le regard perdu dans les étoiles, le coeur plein de mélancolie. J'allonge le pas sous une nuit éternelle, sur un rivage infini : mon pied est léger, mon coeur est lourd, et mes larmes s'évaporent comme de l'éther dans l'espace. Mon chagrin a le prix des choses inconsistantes : je pleure pour rien du tout.

    Je suis affligé, inconsolable, perdu. Je n'ai plus de joie, et mon infinie tristesse est cependant ma raison de vivre. La blonde veilleuse est mon asile : je suis PIERROT LUNAIRE.

    Charles Péguy

    5 - La Lune

    Pour vous rejoindre, depuis si longtemps que j'en avais conçu l'immortel projet, je me hâterai sans regret, ivre de vous, insoucieux du futur, confiant dans votre pâle éclat, attentif à votre regard paisible, envoûté par votre sourire triste et énigmatique.

    Vous êtes une lyre éternelle accrochée à la nuit, et avant que je ne sois né vous chantiez depuis toujours avec sérénité au-dessus des nues agitées. Je n'étais pas encore en ce monde, et vous le berciez de vos soupirs lents et infinis. Dès que je vous ai vue, à l'éveil de ma jeune âme, j'ai eu l'intuition d'être né par et pour vous.

    Oui, depuis ce temps mythique de mon enfance où, imprégné de votre mystère, j'allais m'évader dans votre chevelure phosphorescente, je rêve de vous. Avec votre insondable mélancolie, vous semblez régner sur mon destin. C'est vers vous que je désire monter. C'est du haut de votre sommet que je veux contempler les êtres et les choses contenus dans l'Univers.

    Au jour de ma mort vous diffuserez vos caressants reflets sur mon visage éteint. Vous êtes onirique, et j'aurai l'éternité devant moi pour fouler votre sol de poussière et d'immuable écume.

    Charles Baudelaire

    6 - Rencontre au sommet

    Ce soir je vais à la Lune.

    Je marcherai à sa rencontre, l'âme flâneuse, le pas paisible. Elle sera ronde, mon coeur sera plein. L'astre étrange est mon asile, mon vertige, mon abîme. Funambule vénéneuse de la voûte, chandelle errante de la nue, j'aime sa molle course au-dessus des toits.

    Tantôt pâle sourire, tantôt face de diable, son mystère s'épaissit au fil de la nuit. C'est une grande Dame qui porte robe longue. C'est aussi une traîtresse qui ricane derrière les égarés. Mieux vaut s'en faire une amie. Ce soir je cheminerai sous son voilage d'éther.

    Je la contemplerai longtemps, somnambulant entre bois et sentiers, la semelle terreuse, la tête effleurant le firmament. Je lui parlerai, et le silence sera d'or.

    Cette nuit sera argentée.

    Vagabonde sidérale, elle disparaîtra dans la brume du matin. Et moi, frissonnant de froid, je me hâterai vers l'âtre. A l'aube je m'endormirai, les cheveux blanchis de la poussière des chemins, la tête pleine des diamants de la nuit.

    Alfred de Vigny

    7 - Une vision des choses

    En rasant la pointe du clocher, la Lune m'apparut comme un Graal à atteindre. Ce soir-là les choses d'apparence les plus anodines dévoilaient un sens caché : je percevais l'essentiel.

    En imagination je remplaçai la pierre par le feu et l'acier : l'église devint fusée. Le vaisseau désignait l'astre, prêt à s'affranchir de la pesanteur. Je vis le mastodonte s'élever dans un bain de lumière, majestueux.

    Je le voyais qui parcourait les profondeurs sidérales : ma pensée vagabonde le suivait dans sa course poétique vers l'infini.

    Les choses ayant pris une soudaine hauteur sous mon regard neuf, je voyais le monde avec vérité. Devant moi la pierre inerte avait déployé ses ailes. La matière sous l'éther s'était allégée.

    Et je demeurai au pied de l'église à fixer la voûte étoilée, idiot.

    René Barjavel

    8 - Un rêve éveillé

    Lors d'une promenade nocturne à cheval, une bien étrange aventure m'est arrivée.

    Je filais à molle allure sous la lune, bercé par le son monotone et doux des sabots de ma monture dont l'écho résonnait avec poésie dans la campagne.

    Mélancolique, je me mis à songer à l'improbable aimée qui tardait à venir. Mais bientôt assoupi par le pas alangui de l'animal, je posai la tête contre sa nuque. Le doux Morphée m'emporta bien vite, tandis que je demeurai à demi couché sur le cheval qui cheminait toujours. Et le songe prit le relais de la rêverie amoureuse... Mais la vision onirique prit corps, tournant à la féerie, et je crus voir ma belle pour de bon :

    Elle marchait à mes côtés, se métamorphosant imperceptiblement en une jument superbe : ses cheveux d'or se changèrent en crinière et sa robe claire épousa ses chairs. Je la montai, aussi fier qu'ému. Aussitôt elle m'emporta dans une chevauchée impétueuse pour prendre son envol vers l'astre de nuit.

    Crinière au vent et bouche écumante, elle se lança dans les airs, frénétique. Mes éperons étincelaient au clair de lune, son crin ondulait fièrement, le vent frais giflait ma face échevelée. Une joie inédite m'inonda.

    Je m'étourdissais dans ce saut vertigineux, les doigts agrippés à sa crinière en bataille. Le zénith atteint, dans un long hennissement qui la fit se cabrer avec grâce sur le fond des étoiles, elle communiqua à la lune son bonheur de sillonner le firmament à mon côté, elle cavale ailée, moi baladin sidéral.

    Enfin, dans un tourbillon furtif nous disparaissions vers les étoiles.

    Reprenant bientôt mes esprits, je m'aperçus que je m'étais égaré durant mon bref sommeil sur le dos du cheval qui, impassible, avait continué sa marche. Et, retournant sur mes pas, je fixais la lune qui éclairait mon chemin, songeur, l'air dubitatif...

    Emu.

    Edgar Allan Poe

    9 - Celui qui est en moi

    Le son des pas du cheval dans la plaine me fait songer à chaque étoile que compte le ciel de ma longue nuit. Lorsque je foule la poussière des chemins, c'est toujours vers le firmament que se tournent mes regards.

    Tous les astres du monde sont logés dans mon coeur comme autant de larmes ou d'émeraudes, selon que je suis triste ou plein de joie. Je porte en moi les chagrins les plus secrets, les plus futiles de l'univers. Mais je sème aussi les lumières les plus pures dans les coeurs. En quête d'un amour que je suis seul à concevoir, je parcours le monde depuis des siècles en infatigable rêveur, trouvant la force de durer à travers les âmes pures. Ma jeunesse est intacte, préservée par des siècles de vertu.

    Mon souci n'est pas l'or, ni le temps, ni la mort qui effraie tant les hommes, mais l'amour, la beauté, la poésie. Aussi, je ne puis mourir : l'infini est mon compagnon de route. Loin de vos lois, je règne en souverain sur vos nuits, vos songes, l'imaginaire.

    Parfois on me tend la main sous la Lune : je prends la forme d'un paysage, d'un feu follet, d'une chandelle. Là, j'apparais dans mon ineffable vérité.

    Je poursuis ma route la tête dans les constellations à la rencontre des âmes pures.

    Je suis un fou d'amour, un spectre, une flamme traversant le temps, accroché à des incarnés. Je voyage d'âme en âme. L'être dont je possède le souffle aujourd'hui est l'auteur de ces lignes que vous êtes en train de lire.

    J'ai pris possession de lui et je prends la parole à travers sa plume.

    Mon nom est Pierrot.

    Paul Verlaine

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