Avertir le modérateur

  • L'Europe, les petites listes ne comptent pas,

    un paramètre de l'abstention ?

     

    Les petites listes n'ont pas droit de citer, celles qui auront plus de 5 % seront prises en compte et les autres seront hors jeu. Comment donc voter dans ce cas si l'on veut sanctionner cette Europe qui ne fonctionne pas ! N'a-t-elle pas été construite par les grands partis qui se sont faits une Europe pour eux ?

    En se basant sur le sondage du 19-20 mai appliqué aux 8 régions du découpage électoral et présenté dans mon dernier article ici, le FN, pour commencer par l'extrême droite serait crédité de 7 %, le NPA et MPF-CPNT liste Villiers- Nihous de 7 % chacune, à gauche, le front de gauche Buffet-Mélanchon de 5 %, liste Alliance écologique indépendante de 2 %, autres listes 2 %, Lutte ouvrière 1 % et Debout la République de Dupont-Aignan inclassable de 1 %, et tous les autres abstentionnistes blancs ou nuls les plus de 54 % seront oubliés.

    Le calcul que je vais présenter montre en fait que ces petites listes sont écartées par le calcul des sièges à pourvoir.

    Le nombre de députés Français est de 72 répartis de la façon suivante :
    - Nord-Ouest (Nord-Pas de Calais, Picardie, Basse et Haute-Normandie) : 10,
    - Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Poitou Charentes) : 9,
    - Est (Alsace, Lorraine, Champagne Ardenne, Franche Comté, Bourgogne) : 9,
    - Sud-Ouest (Aquitaine, Languedoc Roussillon, Midi Pyrénées) : 10,
    - Sud-Est (Rhône Alpes, PACA, Corse) : 13,
    - Massif Central-Centre (Auvergne, Centre, Limousin) : 5,
    - Île-de-France : 13,
    - Outre-Mer : 3.

    Ce nombre de députés par région est faible, et les places sont donc chères. On constate, dans une répartition proportionnelle que seuls l'UMP, le PS, le Modem et Europe-écologie, peuvent avoir des députés. Le nombre de députés se répartirait de la façon suivante sachant on ne peut avoir moins de un député :
    - Nord-Ouest, UMP 4, PS 3, Modem 2, Europe-écologie 1.
    - Ouest , UMP 3, PS 3, Modem 2, Europe-écologie 1.
    - Est , UMP 3, PS 3, Modem 2, Europe-écologie 1.
    - Sud-Ouest, UMP 4, PS 3, Modem 2, Europe-écologie 1 .
    - Sud Est, UMP 5 . PS 4, Modem 3, Europe-écologie 1.
    - Massif Central-Centre, UMP 2, PS 2, Modem 1.
    - Île de France, UMP 5, PS 4, Modem 3, Europe-écologie 1.
    - Outre-Mer, UMP 2, PS 1.

    En dessous d'Europe-écologie aucune des petites listes n'aurait de députés. Ce calcul n'a aucune prétention puisque la répartition nationale en voix est appliquée à chaque région, mais il montre, chiffres à l'appui, que ceux qui votent pour les petites listes n'ont aucune chance de voir leur vote pris en considération, et c'est cela qui est scandaleux. Aucun média, aucun commentateur, ne relève ce déni de démocratie seul Dupont-Aignan s'est élevé contre cette honte, voir son intervention lors du débat sur la cinq, ici :

     

    A partir ce de fait, combien sont ceux qui n'iront pas voter ou qui déposeront des bulletins blancs ou nul, 54 % d'après le sondage, et je pense qu'il y en aura encore beaucoup plus. Pourquoi, par ce que la seule alternative serait de voter pour le parti socialiste si l'on veut battre l'UMP, ce que beaucoup refusent. Ce ne peut être le Modem qui fait cause commune, dans son programme, avec l'UMP même s'il s'en défend. Son seul objectif est de prendre des voies aux déçus du PS et du Nouveau Centre allié à l'UMP, sachant qu'il ne peut en prendre qu'à ces deux formations. Il est pour la même Europe que celle qu'il a construite avec le MRP, le parti de Raymond Barre, de Jean Lecanuet en constant accord avec le RPR de l'époque, et ce n'est pas lui qui s'opposera à l'alliance Sarkozy, Berlusconi, Andela Merkel, Barroso pour rendre cette Europe encore plus à droite, sachant qu'en Italie la gauche est en perte de vitesse laminée par le parti au pouvoir. L'objectif de François Bayrou n'est pas l'Europe mais l'élection présidentielle et pour lui ce scrutin est un pas vers cette élection. Pour l'Europe, il est prêt à tout accepter dès lors qu'elle lui donne une potentialité en voix permettant de montrer son importance politique. En fait, il joue de jeu de l'UMP affaiblir le PS seul opposant efficace puisque les petits partis sont d'emblée hors jeu.

    Cela ne réjouis pas, mais si l'on veut être efficace contre l'UMP, il n'y a pas d'autre alternative que le vote socialiste. Il ne faut pas déconsidérer ces élections, elle jouent une partie de nos conditions sociales, or nous savons que l'Europe que nous préparent Sarkozy et consorts n'est pas sociale, mais commerciale, c'est à dire le profit des entreprises sur le dos des salariés par les délocalisations et la recherche de la main d'œuvre la plus bon marché. Qui peut combattre efficacement cette alliance si ce n'est les socialistes qui ont un programme Européen. Oh ! Ils ne sont pas tout blanc les socialistes, les autres non plus d'ailleurs, ils ont fait des erreurs les autres aussi, mais ils sont encore présents pour défendre une Europe plus sociale. Après cette crise qui, est il ne faut pas se le cacher, est celle du capitalisme bancaire dont ses portes drapeaux ont été Sarkozy , Georges Bush, Angela Merkel, Berlusconi, Gordon Brown, Manuel Barroso, mêmes s'ils s'en défendent. Il nous faut donc modifier cette Europe pour aborder l'après crise. Bien sur, cette autre Europe ne pourra modifier ce qui a été fait, la ratification du traité de Lisbonne qui a été faite par voie parlementaire restera ce qu'elle est. L'Europe des 27 aussi, mais au parlement Européen et à la commission de Bruxelles, une autre orientation pourrait être prise, et si, par suite des divisions des voix envers les petits partis de gauche et des abstentionnistes qui font le jeu de l'UMP viendraient à le renforcer, les déçus ne pourront se plaindre.

    Le remaniement ministériel que nous prépare Sarkozy serait aussi une résultante de la victoire de l'UMP et par la même celle de Barroso qui, en catimini, a accepté la nomination de Christine Lagarde pour succéder à la commissaire à la concurrence, Neelie Kröes, qui ne brigue pas de nouveau mandat, en vertu d’un accord conclu fin avril entre Nicolas Sarkozy et le Président de la Commission, José Manuel Barroso, qui sera très probablement reconduit. Il est certain que, si José Manuel Barroso ne serait pas reconduit, puisqu'il doit être confirmé aussi avec l'accord du Parlement Européen, le plan Sarkozy tombe à l'eau. On voit bien qu'un vote positif à gauche pourrait conduire à son départ. Les Commissaires Européens sont nommés par leur gouvernement avec l'accord du Conseil mais ces nominations doivent être normalement approuvées politiquement par le Parlement, on voit de suite sur la Commission de Bruxelles les répercussions qui peuvent naître d'un Parlement à gauche.

    La Commission Européenne est chargée d’élaborer les projets de lois avant de les soumettre au Parlement Européen et au Conseil représenté par les ministres et des chefs d'Etat. Elle est responsable de l’exécution des décisions au Parlement et au Conseil. Enfin, la Commission se charge de la gestion de l’Union Européenne, de l’application des politiques comme des programmes, et de la gestion du budget.

    Il faut savoir aussi que le Parlement Européen n'a pas l'initiative des lois. Il n’a pas le pouvoir de soumettre une loi, c’est la Commission Européenne qui est à l’initiative de tous les projets. Si la majorité des parlementaires le décident, le Parlement peut demander à la Commission Européenne de soumettre un projet de loi.

    Le président de la Commission Européenne est désigné par le Conseil à la majorité qualifiée pour le moment, et cette désignation doit être normalement approuvée par le Parlement Européen, le contraire serait anormal. Elle sera composée de 27 membres, commissaires, un par pays membre, après approbation du traité de Lisbonne par tous les États membres. La Commission Européenne est le gouvernement de l'Europe, nommée par le Conseil, elle est l'organe central des lois de surveillance et de contrôle, son rôle est donc majeur, et elle est en liaison directe avec le Parlement Européen. Elle ne change ni de composition ni de politique quel que soit le vote des électeurs, ce qui la rend anti démocratique et qui nourrit le malaise Européen. C'est politiquement une erreur si le Parlement de couleur politique différente s'oppose à la Commission donc au Conseil cela pourrait conduire à donner au Parlement le poids qui devrait lui revenir. Actuellement le Parlement Européen ne sert à rien . Il faut donc modifier cette disposition en lui en donnant les moyens.

    De plus, si le Parlement Européen venait à gauche l'Irlande devant voter une seconde fois sur le traité de Lisbonne pourrait, eu égard à l'opposition du Parlement, confirmer son opposition au traité, ce qui le mettrait définitivement hors jeu.

    Le schéma suivant montre le rôle central de la Commission dans les Institutions Européennes.

    schema_institutions_eur.1243619380.jpg

    Le Parlement Européen comprendra 732 membres à ces nouvelles élections.

    Alors, il faut choisir soit le vote du cœur, soit le vote socialiste pour changer de politique Européenne on ne peut faire autrement, il faut savoir ce que l'on veut.

  • L'Europe, l'UMP vainqueur le 07 juin ?

    Cela dépend de la façon dont on compte.

     

    Je me hasarde peut être sachant que la droite fait en général 27 à 28 %, c'est son potentiel de référence. On sait que les élections Européennes s'effectuent par régions eu un seul tour, ce change la donne, il ne faut pas comptabiliser le nombre de voix, mais le nombre d'élus. Actuellement je ne vois aucune liste qui soutien celle de l'UMP, et un anti sarkozisme se manifestant partout, aurait-il atteint le nirvana du raz le bol général ? L'UMP vient d'allumer ses dernières cartouches sur la délinquance et l'insécurité, mais le thème est un peu usé d'autant qu'aucun effet ne s'est fait sentir depuis le Karcher de la Courneuve dans la cité des 4.000. Une indication tout de même c'est le vide qui est fait autour de notre président lorsqu'il se déplace en province, est-ce un signe ? Les mains tendues seraient celles des membres de l'UMP, quand à celles des autres, elles sont tenues à l'écart par les cars de police. Alors que doit-on en penser, l'UMP représenterait un peu moins d'un tiers des électeurs avec 26 % au dernier sondage de l'Institut CSA pour le Parisien «Aujourd'hui en France» réalisé les 19 et 20 mai, comme le montre le tableau ci dessous.

    524056_sondage-europe.1243351558.jpg

    Les socialistes ne sont pas en position de force, avec 21 % ils ont leur base électorale habituelle, ce n'est certes pas un bon chiffre eu égard a l'anti-sarkozisme ambiant, mais le PS n'a guère fait mieux aux Européennes même au temps de sa splendeur. En fait, ce n'est pas l'UMP qui est forte mais les socialistes qui n'ont pas réussit à convaincre, étant un parti agissant de par son importance au niveau Européen et présentant un programme commun, il conviendrait de voter pour eux afin de modifier l'orientation à droite de ce parlement, ces 21 % ne seront donc pas suffisants.

    En Île de France le PS est en position délicate attaqué par les deux poids lourds UMP Michel Barnier et Rachida Dati, et le tandem Daniel Cohn-Bendit-Eva Joly pour Europe-Ecologie sans oublier Olivier Besancenot sur la liste du NPA. Dans ce contexte une opération quadras pour sauver le soldat Benoit Hamon qui serait en mauvaise position, placé en troisième position sur la liste socialiste, est lancée avec Manuel Valls, Aurélie Filippetti et peut-être Delphine Batho ainsi qu'Arnaud Montebourg et Sandrine Mazetier qui lors du congrès de Reims, les trois premiers soutenaient Ségolène Royal et les deux autres Martine Aubry. Harlem Désir est proche de Bertrand Delanoë et Benoît Hamon représente la gauche du parti. Dans le sud-ouest la liste UMP est créditée de 23,5 % d'intentions de votes contre 23 % pour le PS dans une région à forte dominance à gauche. Parmi les raisons de cette perte d'influence des socialistes, on peut évoquer la vigueur de la gauche radicale qui rassemblerait pas moins de 16% des votants. La liste du Front de Gauche conduite par Jean-Luc Mélenchon et celle du NPA menée par Myriam Martin, font jeu égal, 7%. Chez les Verts, José Bové engrange sur sa notoriété, Europe Ecologie est créditée, selon le sondage, d'un score de 8,5%. Il est certain que le PS est pris en tenaille à sa gauche par la gauche non socialiste et à sa droite par le MoDem. Survira-t-il à ces attaques, ou devra-t-il composer mais avec qui ? Le MoDem ne veut entendre aucun son de la gauche non socialiste et la gauche non socialiste aucun son du MoDem ! Dans cette conjoncture l'UMP se mare.

    Pour Martine Aubry la défaite annoncée est du coté de l'UMP. Pour elle la liste UMP est la seule qui défende la politique menée par Sarkozy, à cela rien d'étonnant, elle rejoint mon analyse, ci dessous

    Si l'on comptabilise les sondages anti UMP on arrive à 56 % contre 42 % en comptant à droite toutes celles qui ne sont pas de gauche comme le NPH-CPNT, Lalanne Waechter, et Dupont-Aignan. L'écart est net, mais il ne montre pas pour autant une forte anti-adhésion à la politique de Sarkozy, qui, si elle était mesurable, donnerait probablement un écart encore plus important. On ne peut donc tirer des conclusions de rejet absolu de sa politique intérieure sur ces élections Européennes, ou chacun joue sa chance, car en fait ces élections, pour nous Français elles n'ont d'Européennes que le nom. Mais on peut par contre affirmer qu'elles sont fortement influencées par la politique intérieure de Sarkozy qui n'est plus approuvée que par moins d'1/3 de Français.

    Une chose est certaine c'est le nombre d'abstentions blancs ou nuls en augmentation pour atteindre 54 %. Je pense eu égard au peu d'enthousiasme pour ces élections que ces mécontents ne peuvent qu'augmenter.

    Il ne faut pas oublier que le traité de Lisbonne modifié à la sauce Sarkozy que beaucoup nomment «Constitution Giscard modifiée» n'a pas été ratifié par voie référendaire mais par la voie parlementaire pour laquelle Sarkosy n'avait pas le consentement sur l'Europe. Il a été sibyllin, et finalement il a dupé les Français en passant au dessus de leur Non sur le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe élaboré et rédigé par le président Valéry Giscard d'Estaing, «voir ici, le vote des Françaises et des Français doit être respecté ?», «mais aussi ici ,Divorce sans Consentement mutuel par Dominique Dutilloy» concrétisant l'élargissement à 27, et ayant pour conséquence des décisions à une majorité relative, sauf pour des cas engageant le destin des pays membres ou l'unanimité totale des pays membres est requise. Ceux qui ont un peu de mémoire ne peuvent admettre ce hold-up de leur expression démocratique qui fait force de loi.

    On ne casse pas un vote référendaire par un vote parlementaire.

    Il nous faut remarquer que le vote en faveur du non n'existe plus, tous les partis auraient admis l'Union Européenne, ce qui est étonnant quand on connait maintenant ses défauts, délocalisations, aucune cohésion en politique étrangère, des divergences notables face à la crise, et des décisions à Bruxelles en matières alimentaire contraires à notre art culinaire fromages, vins etc...Décisions que l'on approuve quand elles nous sont agréables et que l'on rejette quand elles ne le sont pas alors que nos commissaires à la Commission de Bruxelles sont parties prenantes de ces décisions. Position plus incohérente tu meurs. Avant on pouvait encore faire confiance à nos élus et les suivre dans cette construction Européenne, mais à 27 c'est ingouvernable, et seuls les échanges commerciaux avec un peu de cohésion et de règlementation restent les seuls avantages de cette Europe. C'est d'ailleurs pour cela que d'autres veulent la rejoindre comme la Turquie pour laquelle Sarkozy, sibyllin, avait prévu un référendum qui semble ne plus être d'actualité. Il faut en avoir conscience.

    L'Europe que j'ai soutenue n'existe plus.

    Dans ce contexte, on ne peut s'étonner de cette désaffection pour l'Europe que l'on veut nous faire accepter. C'est donc une autre Europe qu'il nous faut, une Europe sociale ou les pays membres sont proches socialement, culturellement et politiquement. Cela était possible à 4 ou 5 comme lors du traité de Rome, mais l'élargissement continu et sans consentement mutuel comme l'écrit Dominique Dutilloy, ne passe plus. Nos politiques ont abusés de notre confiance et ils ont détruit l'Europe que nous espérions.

  • Du fait divers au fait général,

    d'auscultation des cartables.


    Le 15 mai dernier dans un collège de Fenouillet en Haute-Garonne, une enseignante a été légèrement poignardée (blessée) par un élève de 5ème, fait rarissime mais qui fait suite à de nombreux actes de délinquance dans nos écoles commis par des élèves de plus en plus jeunes. Les chiffres sont inquiétants, 34 % des lycées (enseignement général et technologique), 56 % des lycées professionnels et 60 % des collèges se disent concernés par les violences verbales. 34 % des lycées, 54 % des lycées professionnels et 57 % des collèges se disent concernés par les violences physiques. (Source : Education nationale).

    Cette violence s'exprime sous différentes formes, elle est principalement verbale, injures entre élèves ce qui a toujours existé.

    Une scène se passe à la cantine d’un collège parisien. Un élève se sert de l’eau à la fontaine et, sans le faire exprès, éclabousse son voisin. Le ton monte, les insultes partent, «Tu pourrais t’excuser, espèce de c... ». Très vite, les deux élèves s’empoignent, jusqu'à ce qu’un adulte intervienne et les sépare. Les élèves sont tendus, les nerfs sont à vifs.

    Ce genre de dispute est fréquent. Doit-on en conclure qu’il existe aujourd’hui davantage de violence dans les établissements scolaires ? «Il y a toujours eu des bagarres dans les cours de récréation, mais, depuis quelques années, nous sentons monter une tension très forte», témoigne Jean-Louis Dubremetz, directeur du collège Saint-Joseph de Lille. Son établissement de 460 élèves se situe en périphérie, près de quartiers constitués de barres d’immeubles. «La violence est surtout verbale, insultes, impolitesse, marques d’irrespect. Très rapidement, les élèves peuvent en venir aux mains, voir ici .

    Dans l’ensemble scolaire Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle à Saint-Denis, qui accueille 2 200 élèves, Mona Decreton, directrice du collège, fait une constatation semblable, «Les élèves s’insultent fréquemment, et cette manière de s’exprimer leur paraît normale. «La violence verbale est en quelque sorte le symptôme d’un manque de respect à l’égard des biens et des personnes, qui peut conduire ensuite à des comportements plus graves».

    Entre élèves et enseignants la violence est récente, elle est de rejet, le mal vivre, elle n'existait pas il y a plusieurs années. Le respect du maître n'est plus ce qu'il était et il suffit d'un seul cas dans une classe pour que d'autres se livrent aux insultes afin de se monter dans une dominance de bande. Les enseignants ne maîtrisant plus la situation sont déstabilisés et les mauvaises notes pleuvent rendant ainsi une classe ingouvernable. Des élèves sont renvoyés.

    Il y aurait le harcelement sexuel des garçons sur les filles et sur certains élèves handicapés.

    Le viol très très isolé dans les écoles, inconnu dans certaines localités. Il y a un exemple récent, une élève a été victime d’un viol collectif de la part de ses camarades dans une grande ville.

    Le vandalisme est bien souvent venu de l'extérieur à l'école, les élèves s’en prennent souvent aux édifices publics, aux cabines téléphoniques, aux bâtiments de l’école, aux matériels pédagogiques.

    Les vols et rackets sont en forte augmentation dans l'école primaire, un agissement de bandes.

    Et bien entendu les cas marginaux de délinquance à l'arme blanche pour se venger de mauvaises notes ou pour des luttes d'influence entre bandes. De plus en plus, des jeunes ont le sentiment d’appartenir à une cité, à un groupe d’immeubles. Des bandes se forment et, à l’occasion, s’affrontent. Il arrive que le territoire en cause soit beaucoup plus réduit, Mona Decreton se souvient d’une querelle violente dans un bus, entre deux filles qui se disputaient le même garçon...

    La violence qui sévit à l’intérieur des établissements scolaires est une violence «importée» de l’extérieur. Eveline Geoffroy, directrice de Saint-Germain de Charonne à Paris 3ème, aime rappeler que «la rue entre dans l’école tous les matins». Son établissement se trouve dans le XXe arrondissement, dans un quartier populaire, dont les habitants sont de nationalités, de cultures et de religions différentes. Cette diversité est bien sûr représentée parmi les 700 élèves, écoliers et collégiens, accueillis par l’établissement. Les tensions existant dans le secteur ont forcément des répercussions dans la vie scolaire. «Tout ce qui est «tricoté» ici dans la journée peut être défait en une nuit et à reprendre le lendemain».

    L'école n'est-elle pas le reflet de notre société, c'est une société en miniature et d'aucuns diront que c'est l'abandon des parents dépassées par leur situation familiale, c'est vrai si l'on se place dans le contexte d'il y a plusieurs dizaines d'années, ou la famille représentait encore une valeur, mais ce n'est plus le cas. Nous avons détruit la famille par désir de liberté d'égoïsme et d'indépendance. Le père la mère ne sont plus écoutés, ils ne sont plus un exemple, comment le pourraient-ils, ayant des difficultés pour vivre créant parfois un climat conflictuel, et l'enfant, ne sachant que faire, va chercher dans la rue, avec ses copains un peu de joie.

    N'est-elle pas recomposée pour beaucoup d'entres elles, n'est-elle pas devenue libre par tout ce qu'elle montre aux enfants, ou sont les interdits ? N'a-t-elle pas perdu ses références, tout cela ne conduit-il pas à faire naître chez le mineur, qui raisonne peu, et qui dans une ambiance conflictuelle par des parents sans travail, montre une révolte désordonnée qui s'exprime sur son terrain, la rue et l'école ?

    Ou est l'exemple de nos dirigeants qui pour beaucoup d'entres eux montrent un exemple détestable par le peu d'honneur dans leur comportement politique et civique. Sans chef exemplaire moralement, politiquement, civiquement sur lequel la société puisse prendre exemple, elle perd ses repères.

    Il faut un chef à une nation qui représente une valeur d'exemple !

    Evolution inéluctable qui n'a plus de remède puisqu'elle résulte de l'abandon par la société d'une partie de sa population.

    Alors ne sachant résoudre le problème de fond, Xavier Darcos prône la fouille à l'école. Le ministre de l'Education nationale a proposé de réfléchir à la création «d'une force mobile d'agents» et jugé nécessaire de pouvoir fouiller les élèves en cas de soupçon. Il a proposé jeudi 21 mai de réfléchir sur des missions de prévention et de contrôle de la violence, et jugé nécessaire de pouvoir fouiller les élèves suspectés de transporter des armes. «Puisqu'il faut des moyens, mais des moyens bien utilisés, je veux mettre en débat la possibilité de créer, auprès des recteurs, une force mobile d'agents qui pourront intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle», a-t-il déclaré lors de l'ouverture du 90e Congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), qui se tient à La Rochelle de jeudi à samedi.

    Il n'est pas dit d'ailleurs qu'elle soit accepté pas les parents qui verraient d'un mauvais œil la fouille de leurs enfants.

    Que doit-on en penser, en premier c'est ce que j'ai appelé la politique des cas, voir ici. On risque d'apporter, à partir de quelques cas certes graves, un remède, étendu à tous, qui peut s'avérer plus néfaste que le mal que l'on veut juguler.

    Si, la mise en place de portiques de détection de métal pourrait empêcher l'entrée de couteaux ou autres objets contendants, elle ne résout en rien la violence verbale et la violence tout court. Sans couteaux on peut violer une ou des filles voire tabasser un écolier qui n'accepterait pas le racket de la bande, insulter son maître. Il n'est pas nécessaire d'avoir un couteau pour faire du mal, c'est donc une mauvaise solution.

    La politique menée depuis des années est une politique d'escalade vers la répression associée à la réduction des moyens et effectifs. On voit qu'elle ne produit aucun effet positif sur la délinquance juvénile. La réduction des pions, c'est à dire des surveillants dans les collèges n'a rien arrangé, bien au contraire elle permet à la délinquance de s'épanouir envers les maîtres, et ils sont contraints de sanctionner, ce n'est pas leur rôle. A partir de là, les jeunes au lieu de s'en prendre aux pions s'en prennent à eux. On a cassé le paravent des pions entre les voyous et les maîtres. Alors, on souhaite le rétablir par une force mobile d'agents, mobile qui ne serait donc pas sur place, c'est n'importe quoi ! Il faut qu'elle y soit, qu'elle connaisse les fauteurs de troubles en d'autres termes qu'elle remplace les pions qui ont été supprimés.

    Comment peut-on faire face à la situation ? En rétablissant les pions, mais le mal est fait, il sera difficile de le juguler.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu