Avertir le modérateur

Le RSA n'est pas ce qui était souhaité, et le chômage aidant,

c'était presque évident !

Mais finalement, il pourrait le servir.

Chômage comme le RMI et le RSA, son dernier enfant, n'a pas eu les effets espérés sur l'emploi, ils sont moins significatifs que prévus. Le revenu de solidarité active entrera en vigueur au premier juin et se substituera au revenu minimum d’insertion (RMI), à l’allocation de parent isolé (API) et aux dispositifs associés d’aide financière à la reprise d’emploi. Le RSA complète les revenus d’un foyer lorsque ces derniers sont inférieurs à un certain seuil, fonction des charges de famille et des revenus d’activité. Il garantit que toute heure travaillée se traduise par un supplément de ressources. Ce principe n’était en effet pas toujours assuré par le RMI et l’API à l’issue de la période d’intéressement, notamment lorsque les allocataires reprenaient un emploi inférieur à un mi-temps.

La Direction de la recherche, des Etudes et de l'évaluation des statistiques, DREES publie un document de travail sur une enquête d'expérimentation des premiers résultats sur le RSA, de Virginie Fabre et Olivia Sautori n° 87 avril 2009 à voir ici.

L'intérêt de l'enquête c'est qu'elle porte sur des zones de tests avec des zones témoins dans les mêmes départements ou le RMI, restait en vigueur. Réalisée en mai et juin 2008, il s'agissait de comparer les situations et parcours de personnes aux profils comparables, dans des zones comparables, pour observer l’impact du dispositif. La méthodologie et le questionnaire de l’enquête ont été élaborés dans le cadre d’un groupe de travail du comité d’évaluation des expérimentations.

Son champ d'application concerne la population qui au 31 octobre 2007 bénéficiaient d’une allocation au titre du RMI ou de l’API, d’une prime forfaitaire au titre du RMI ou de l’API, ainsi que celles qui étaient en contrat insertion - revenu minimum d’activité (CI-RMA) ou contrat d’avenir (CA) au titre du RMI ou de l’API. Pour le RMI, la population intègre les allocataires administratifs et les conjoints éventuels. Les personnes enquêtées au titre du RMI résidaient dans les zones tests et témoins des 15 premiers départements ayant mis en place les expérimentations du RSA (à l’exception de l’Eure) : Charente, Loir-et-Cher, Oise, Vienne, Val d’Oise (démarrage en novembre 2007), Côte-d’Or, Côtes-d’Armor, Hérault, Marne (décembre 2007), Bouches-du-Rhône, Charente-Maritime, Ille-et-Vilaine, Haute-Marne, Nord et Pas-de-Calais (janvier 2008).

Le but du RSA est de compléter les revenus, entrant en vigueur le premier juin. Les premiers versements seront donc faits au début du mois suivant, le 6 juillet.

L'enquête se garde bien de conclure, elle ne présente qu'une approche qui montre que les taux d'emploi sont légèrement plus élevée en zone de test qu'en zone témoin, mais la différence n'est pas significative.

Parmi les personnes sans emploi avant l'expérimentation, 19,1 % ont commencé un emploi au cours des expérimentations dans les zones de tests, et 17,6 % dans les zones témoin, l'écart est de 1,5 point. Les personnes en emploi en mai 2008, zones de tests 14,3 %, zones témoins 14 %, l'écart est de 0,3 point. On constate un accroissement de 1,2 point en faveur du RSA. L'accroissement étant 4,8 % dans les zones de tests pour 3,6 % dans les zones témoins entre les personnes sans emploi avant et après expérimentation.

L'influence du RSA n'est donc pas significative. Fallait-il s'attendre à de meilleurs résultats ? On aurait pu l'espérer.

Cela montre une chose c'est qu'il n'y a pas assez de travail pour ces personnes, corvéables à souhait et bon marché puisque le RSA est instauré pour palier au RMI mais aussi au fait que les entreprises ne veulent rémunérer ces personnes au salaire d'une juste rémunération. C'est un cadeau fait aux entreprises pour qu'elles embauchent, c'est donc aussi une forme de chantage, voir mon article sur le RSA ici. On constate, en outre, que sont concernées principalement les personnes seules, sans conjoint et sans enfant, et titulaire du bac ou du niveau supérieur parmi celles qui ont bénéficié le plus du RSA dans cette enquête, c'est à dire les populations ne cumulant pas trop d'obstacles. Quand aux moins diplômés, le RSA serait un véritable boulet pour Marianne2

Cette enquête à eu lieu en mai et juin 2008, elle n'est donc pas influencée par la crise que nous subissons. En fait ce RSA, dans une situation économique hors crise, pourrait avoir pour conséquence la non augmentation des travailleurs pauvres en raison du supplément en salaire accordé par l'État à d'autres salariés embauchés par l'avantage du RSA, il se pourrait même que ces personnes gagnent plus que celles en place. Ce serait une inégalité de traitement associée à une forme de solidarité dans la pauvreté de ces travailleurs. C'est une forme de partage du travail tant combattue par la droite comparable, dans l'esprit, aux 35 heures.

Quel avenir pour le RSA dans la conjoncture de crise actuelle ou le chômage explose ?

En mars 63.400 nouveaux inscrits au pôle emploi en catégorie A c'est à dire sans activité, pour atteindre 2,44 millions. Ainsi, 243 400 chômeurs supplémentaires sont inscrits dans cette catégorie depuis janvier et la barre du demi-million de chômeurs supplémentaire approche depuis le retournement brutal du marché du travail en août 2008 (+ 429.900).

Pour les moins de 25 ans, la hausse s'accélère, à + 35,8 % sur un an. La progression atteint 20,1 % pour les 25-49 ans et 16,7 % parmi les 50 ans et plus. Aucune embellie n'est à attendre avant fin 2010, de l'aveu même du gouvernement, dans le cas d'une reprise de l'économie fin 2009, ce qui sera loin d'être le cas.

Le chiffre total des inscrits a atteint 3,48 millions (+ 77.000), en incluant ceux ayant une activité réduite, a annoncé lundi le ministère de l'Emploi. Un tiers du total des inscrits, soit 1,03 million de personnes fin mars, exercent en effet une activité réduite pour garder un pied dans le monde du travail, il s'agit d'emplois peu ou pas qualifiés et précaires, les premiers supprimés par la crise.

Quel avenir donc pour le RSA ?

Plus florissant que l'on pourrait l'espérer, le chômage aidant la précarité devient plus aiguë et c'est l'occasion pour les entreprises de moins payer leurs salariés. Le RSA pourrait être la bouée de sauvetage dans cette misère, des salariés à moindre coût. Les conséquences sur la consommation auraient peu d'effet, d'une part à cause de la période de chômage avant l'obtention du RMI ou RSA, et d'autre part par tous ces salariés d'emploi sécurisés, et ils sont nombreux, les retraités, et les professions libérales qui continuent à consommer. C'est donc sur une petite partie de la population que ce désastre survient. En d'autres termes, la croissance après une chute se stabilisera mais ne sera pas suffisante pour retrouver les conditions d'emplois d'avant la crise. Il nous faut subir ces conditions malgré le plan emploi jeunes de Sarkozy qui appelle les entreprises à la rescousse.

Nicolas Sarkozy a appelé vendredi 24 avril les entreprises à être «exemplaires» en termes d'embauche des jeunes. L'État consacrera 1,3 milliard pour les soutenir mais attend des engagements chiffrés en contrepartie. Le Medef «approuve sans réserve», dès lors qu'il ne paye pas.

4858200-le-plan-emploi-jeunes.1240930704.jpg

«Je demande aux branches et aux entreprises de faire preuve d'exemplarité. Je pense en particulier aux plus grandes d'entre elles».

Le message adressé vendredi par Nicolas Sarkozy au patronat, lors de la présentation du plan d'urgence sur l'emploi des jeunes, est clair. En investissant 1,3 milliard d'euros quasi exclusivement dans des aides très importantes aux entreprises, l'État répond aux préconisations formulées par le patronat, mais il le place aussi face à ses responsabilités dans l'insertion professionnelles des jeunes, et l'on sait ce que cela donne.

En conclusion, bien qu'il n'a pas été fait pour répondre à une période de crise comme celle que nous avons, je pense que le RSA peut être une bouée pour beaucoup de jeunes bien que je désapprouve la façon dont il est conçu en ne faisant porter l'effort financier que sur la partie de la population qui n'est pas exonérée par le plafond fiscal à 50 %.

C'est encore un cadeau supplémentaire aux entreprises sans aucune garantie.

En attendant à l'ANPE c'est le foutoir. Reste que la fusion des ANPE et des Assedic voulue par Nicolas Sarkozy non terminée avait été pensée dans un contexte de baisse du chômage avec un objectif de plein emploi en 2012. Mais avec la crise, le chômage ne cesse d'augmenter depuis plusieurs mois.

C'est la catastrophe.

A l'exaspération de chômeurs aux prises avec des difficultés administratives répond l'impuissance des agents de Pôle emploi. Ils sont débordés, c'était à prévoir, en voulant faire des économies Sarkozy à mis le bordel, c'est l'incompétence absolue dans l'imprévoyance gouvernementale.

Josette a été menacée de radiation à cause d'erreurs informatiques, Nadia attend un stage de formation depuis tellement longtemps qu'elle risque de perdre le droit de le faire, Gérard n'a reçu aucune offre en sept mois, et le dossier de Corinne s'est perdu, la privant d'indemnités....sans commentaires, source ici .

Les commentaires sont fermés.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu