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Ségolène Royal,

et «l'excusitude».

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Qu'est-ce qui a bien pu piquer Ségolène Royale d'excuser au nom de la France les paroles imprudentes de Sarkozy lorsqu'elle était au Sénégal, mais aussi dernièrement par lettre à Zappatero. Elle a présenté des «excuses» à Jose Luis Zapatero, président du gouvernement espagnol, pour ce qu'elle qualifie de «propos injurieux» le concernant, imputés à Nicolas Sarkozy et démentis par l'Elysée.

Dans cette lettre, citée sur Désirs d'avenir, l'ancienne candidate PS à la présidentielle, «a assuré que ces propos n'engageaient ni la France, ni les Français».Ségolène Royal assure également Jose Luis Zapatero «de toute sa considération, en partie pour les réformes courageuses conduites en Espagne et surtout pour son attachement à réaliser ses promesses de campagne électorale, avec un comportement éthique qui devrait servir de modèle».

«Le mandat de président de la République impose un devoir de maîtrise de son langage et de son comportement afin de ne pas porter aux intérêts de la France».

Selon Libération, qui maintient samedi sa version, Nicolas Sarkozy avait dit au cours d'un dîner que le chef du gouvernement espagnol «n'est peut-être pas très intelligent. Moi j'en connais qui étaient très intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle». Un rappel à Lionel Jospin qui n'a pas été au second tour de l'élection présidentielle de 2002. Une figure rhétorique, reconnaît Libé, que Nicolas Sarkozy utilise en permanence, du «genre, je ne suis peut-être pas très malin, mais ça je l'ai compris».

Alors, est-ce bien ou mal, c'est toute la question ? Nicolas Sarkozy est bien notre président, est-il celui de tous les Français, non ! Il est celui d'une caste dominante, les gens riches pour lesquels, il a fait de nombreux cadeaux. En outre, il est le chef de l'UMP, le parti majoritaire, il n'est donc pas le président de cœur des Français bien que notre constitution lui en donne l'obligation. Une partie de la France s'incline devant l'autre, c'est le jeu démocratique des élections, mais pour autant elle n'a-t-elle pas le droit de dire ce qu'elle pense, c'est aussi la démocratie ?

Quelque temps avant Ségolène Royal avait demandé «pardon à l'Afrique pour les propos prononcés par Nicolas Sarkozy lors d'une visite à Dakar en juillet 2007». «Pardon, pardon, pour ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dû être prononcées, et je vous le dis en confidence, qui n'engagent ni la France, ni les Français» a-t-elle déclaré au siège du parti socialiste sénégalais. Propos qui ont eu le soutien du PS à commencer par celui de Martine Aubry.

Bien entendu, c'est le tollé général à droite et Ségolène Royal vilipendée bien que, dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, tout en accusant Mme Royal de «démagogie», ait jugé «maladroite» la phrase controversée sur l'Afrique du président Sarkozy. Et même à gauche, dans ses rangs, ou Jack Lang de plus en plus Sarkoziste ne mâche pas ses mots. Il demandé à nos amis Espagnols d'excuser et de pardonner à Ségolène Royal.

«Comment peut-on à partir de rumeurs non vérifiées et même infirmées par les participants à ce déjeuner s’adresser au chef de gouvernement espagnol au nom de la France?», a demandé M. Lang sur Europe1.

«C’est démesuré, disproportionné et surtout inadéquat», a ajouté Jack Lang, dénonçant un «faux pas» de Mme Royal.

Certains de ceux qui l'on soutenue comme Manuel Valls héritier du rocardisme accentue ses distances à l'égard de Ségolène Royal, de même que Vincent Peillon s'émancipe de Ségolène en se rapprochant du centre de gravité du PS, et Gérard Collomb se détache aussi d'elle. Elle ne représente plus le phare qui faisait d'elle le point de rattachement. Seront-ils des opposants, il est encore trop tôt pour le dire cela dépendra du vent et de sa direction.

Ayant perdu le secrétariat du PS elle se trouve marginalisée par les ténors du parti, et pour ne pas perdre encore plus, elle persiste et signe dans ce registre pour garder une présentation médiatique. D'ailleurs n'a-t-elle pas été invitée au journal de la deux pour s'expliquer.

Pour certains cette politique apparaitrait suicidaire, à voir.

Quand on analyse sa position au sein du PS, elle n'a aucune chance d'être choisie devant Martine Aubry, de plus, il apparait en dessous que François Hollande n'a pas dit son dernier mot. Il lui faut donc marquer son territoire comme potentiellement désignable pour 2012. Elle doit devenir incontournable, et elle a devant elle deux années pour s'imposer en dehors du parti tout en restant dedans. C'est la quadrature Ségolène. Si l'on se rappelle les contraintes que lui a infligées le PS pendant la campagne de 2005 ou elle a dû, pour obtenir son soutien, bien qu'elle était désignée après une confrontation démocratique au sein du PS, se contredire dans son argumentation politique au centre. Elle doit donc s'affranchir d'une politique toute à gauche tout en ayant son soutien et jouer à droite pour attirer les électeurs centristes.

C'est le problème que la gauche n'a jamais su pleinement résoudre.

Ces actions actuelles sont notablement à gauche, ses prises de position de soutien physique aux entreprises en difficulté, aux salariés licenciés et grévistes ses aides dans sa région aux entreprises avec ses «pardonitudes» font d'elle le premier opposant à Sarkozy, mais est-ce suffisant, non !

Elle fait rire une bonne partie de l'opinion.

Il lui faut donc attendre que la réflexion des Français la considère à nouveau comme possible présidentiable, elle doit  donc insister dans sa démarche. A sa gauche en dehors du PS il y a Olivier Besancenot qui avec Jean-Luc Mélenchon dans son nouveau parti vont prendre des voix socialistes, elle doit donc montrer qu'elle aussi est à gauche. Au centre il y a François Bayrou et de même que pour sa gauche elle doit s'imposer comme potentiellement plus présidentiable en voix que Bayrou puisqu'elle peut avoir des soutiens à gauche alors que Bayrou n'en a pas.

Il faut qu'elle arrive ainsi à s'installer dans l'opinion comme l'était François Mitterrand, c'est à dire la seule personne capable de battre la droite.

Selon Jean-Michel Normand journaliste au Monde Ségolène Royal pratiquerait le coup d'état permanent, en fait ce que faisait François Mitterrand à propos du Général de Gaulle, l'expression venant de François Hollande. Cette formule colle plutôt bien à la stratégie de harcèlement engagée par Ségolène Royal.

En regardant les choses avec un peu de recul, un constat s’impose en effet. Ségolène Royal semble être la seule, à gauche, à avoir intégré le mode de fonctionnement de Nicolas Sarkozy. Sarkozy et Ségolène deux tempéraments qui parlent sans détours, l'un parlant aussi fort que l'autre dans le maniement des symboles dans le domaine de la nation Française, et Ségolène à une avance de part ses origines et sa famille. Je ne veux pas signifier qu'elle est plus Française que Sarkozy, ce n'est pas le propos et que Dieu m'en garde, mais en reprenant ses paroles elle le corrige.

La logique des institutions Françaises est de considérer que celui qui a le verbe le plus haut et qui parle le plus fort de la France est toujours celui que préfèrent les Français. C'est certainement pour cela que les réactions à droite ont été les plus virulentes. Et de plus, elle parle Français mieux que lui.

Ils sentent bien qu'au moindre dérapage de Sarkozy, il sera repris. Il devient ainsi verrouillé dans ses propos populistes, alors que les invectives que peut envoyer son camp contre Ségolène ne peuvent que renforcer son leadership auprès des Français. A cela, si vous ajoutez le désastre de sa politique que ce soit sur l'insécurité, sur la dette, sur la justice sociale comme sur la crise bancaire dont il a soutenu le capitalisme, on comprend bien que Ségolène met le doigt ou ça fait mal.

En jouant sur l'impolitesse de Sarkozy, sur son langage populiste, elle ne peut que marquer des points, et ce n'est pas en la qualifiant de folle ou de cruche qu'elle sera discréditée bien au contraire elle sera renforcée car finalement elle n'est pas si cruche ou folle que ça.

La façon dont Nicolas Sarkozy a traité la fonction présidentielle par le gout du luxe notablement affiché, par des paroles vulgaires envers certains de ses concitoyens, pour un pays comme le notre de culture monarchique cette dérive de la fonction présidentielle passe mal. Pour beaucoup d'entre nous, cette fonction est sacrée, inviolable et doit être respectée.

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